Media Week Report - 19 mai

Le Media Week Report s’intéresse à SFR qui défie Canal dans les droits du football et le cinéma, et à la politique de diffusion de Netflix qui se heurte à la réglementation française, faisant polémique au Festival de Cannes, avant même son ouverture. Entre-temps, Vivendi annonce son mariage avec Havas, ouvrant la voie à une convergence entre pub et contenus inédite en France.

SFR, nouveau diffuseur exclusif en France de la Ligue des Champions et de la Ligue Europa, s’attaque aussi au cinéma

Visuel canal media week report

SFR, qui parie sur des contenus prémiums / exclusifs pour valoriser ses offres fixes et mobiles, devrait débourser 370 millions d’euros par an, de 2018 à 2021, pour les droits de diffusion de la Ligue des Champions et de la Ligue Europa – privant ainsi BeIN Sports et Canal + de ces prestigieuses compétitions européennes dont ils avaient les droits de diffusion.

Jusqu’ici, l’UEFA percevait 160 millions d’euros annuellement pour la diffusion de ces deux épreuves sur le marché français. Devant cette spectaculaire inflation, on parle, chez Orange ou Canal, de « montants dingues » qui ne font aucun sens (Libération).

A l'image du britannique BT qui a reconquis des abonnés en misant sur des exclusivités dans le football, SFR espère que ces nouveaux droits de diffusion lui permettront de reconquérir le marché français. Un pari séduisant qui doit, selon Les Echos, faire ses preuves sur le terrain économique, de tels investissements étant difficiles à rentabiliser.  SFR pourrait ainsi chercher à faire distribuer son bouquet de chaînes sportives par d'autres opérateurs ou directement via Internet en OTT. Invité au colloque NPA-Le Figaro, Pierre Louette, directeur délégué d'Orange, a, selon Les Echos, émis des doutes sur la viabilité économique des droits sportifs acquis par SFR.

SFR n’entend pas défier Canal uniquement sur les droits du foot. En annonçant, dans un entretien au Figaro, que SFR passerait, dès la fin de l’été, « à la vitesse supérieure dans le cinéma et les séries » en lançant une chaîne spécialisée SFR Studio, Michel Combes, directeur général d'Altice, signale aussi la volonté de l’opérateur de s’attaquer au cinéma, autre pilier de Canal.

La politique de diffusion de Netflix se heurte en France à la chronologie des medias

Pour la première fois dans l’histoire du Festival de Cannes – dont la 70ème édition a ouvert mercredi 17 mai – deux des dix-huit films concourant pour la Palme d’or – Okja et The Meyerowitz Stories, tous deux présentés par Netflix – n’ont pas vocation à sortir en salles.

Le Festival de Cannes aurait demandé en vain à Netflix d’accepter de négocier avec un distributeur français une sortie en salles de ces deux films, tandis que Netflix aurait, selon Le Monde, tenté une solution de compromis en sortant ces films uniquement dans certaines villes et pour un nombre de séances limité. Malgré l’absence d’accord, ces deux films ont été maintenus en compétition. L’échec des négociations donnera cependant lieu à une nouvelle règle qui, toujours selon  Le Monde, entrera en vigueur dès 2018 au Festival de Cannes. Tout film qui souhaitera concourir en compétition à Cannes devra alors préalablement s’engager à être distribué dans les salles françaises.

En déplacement à Séoul, le directeur des contenus de Netflix Ted Sarandos a appelé le Festival de Cannes à se conformer à sa mission première qui est, selon lui, de « célébrer les arts » sans tenir compte de leurs plateformes de diffusion. Pour lui,  de plus en plus de films étant disponibles ailleurs qu’en salles, les festivals de cinéma seront bientôt contraints à s’adapter.

Selon Numérama, la polémique reste localisée, des accords ayant déjà été conclus aux Etats-Unis, en Corée et en Angleterre, pour une diffusion de l’œuvre de Bong Joon-Ho, Okja, en simultané, en salles et sur la plateforme.

Havas-Vivendi : un mariage inédit entre pub et contenus

Un rapprochement de taille vient de secouer le panorama français des médias : le 11 mai, Vivendi a annoncé le rachat du groupe de communication Havas.

Si les analystes ont salué les avantages financiers de cette opération pour Vivendi, ils sont plus sceptiques quant à l’intégration des deux entreprises, faute de chiffrage des synergies.

Yannick Bolloré, PDG d’Havas, a expliqué aux Echos que ce chiffrage existe, mais qu’il n’a pas encore été rendu public. Il a par ailleurs mis en exergue les domaines de convergence possibles, notamment dans les jeux vidéo et l’industrie musicale, grâce aux filiales Dailymotion et Universal Music.

Ce mariage pourrait entraîner des conflits d’intérêts, comme le souligne Invest Securities dans une note publiée vendredi 12 mai.  De son côté, Le Figaro se demande si les différentes branches de Vivendi, comme Canal + et Gameloft, pourront choisir un autre groupe de communication qu’Havas, et si ce dernier n’aura pas tendance à conseiller les médias de Vivendi à ses clients. Yannick Bolloré a essayé de dissiper ces craintes. « Havas maintiendra une certaine distance avec Canal+ », a-t-il déclaré. La Commission européenne semble lui donner raison. Bruxelles estime en effet que « rien n’indique qu’Havas favorise particulièrement les chaînes du groupe Canal+ dans ses recommandations à ses clients ». 

En tout cas, conclut Le Figaro, cette convergence des métiers, inédite dans sur le marché, devrait pousser les différents acteurs du secteur à faire preuve de plus de vigilance à l’avenir.

 


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