Media Week Report - 10 février

Au menu du Media Week Report cette semaine : Le Monde monte au créneau pour lutter contre les « fake news », alors que The New York Times essaye de séduire de nouveaux abonnés numériques et Radio France réfléchit à son avenir.

Le Monde affûte ses armes contre les « fake news »

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La lutte contre les fausses informations est décidément la mère de toutes les batailles en ce début 2017 et l’arrivée de Décodex, le nouveau système de vérification de l’information de masse lancé par Le Monde le 1er février, continue de le prouver.

Décodex, qui a référencé à présent plus de 600 sites d’information, se compose de trois outils gratuits : un moteur de recherche, une extension pour les navigateurs qui signale si le site consulté par l’internaute est fiable et un robot sur la messagerie Messenger de Facebook, qui fournira aux lecteurs des réponses sur les sites qu’ils souhaitent vérifier.

Bien que tout récent, Décodex a déjà provoqué un tollé : par sa démarche, Le Monde se place en même temps en « juge et partie » selon Libération et est accusé de constituer un « conflit d’intérêt » flagrant et de « catégoriser les sites à la hache » selon ses préférences idéologiques.

Mais la lutte du Monde contre les « fake news » ne s’arrête pas là : le 6 février le journal a annoncé son partenariat avec Facebook pour limiter la présence d’informations trompeuses sur le réseau social. Sept autres médias français participeront à l’initiative : l’AFP, BFM-TV, Franceinfo, France Médias Monde, L’Express, Libération et 20 Minutes.

Cet outil, déjà déployé aux Etats-Unis et en Allemagne, repose sur un principe simple, explique La Tribune : si un utilisateur signale une information erronée et confirmée comme telle par deux médias partenaires, l’article affichera une icône mentionnant que l’information est fausse. Les publications labellisées « fake news » ne pourront pas faire l’objet de post sponsorisés ou être converties en publicité.

Le projet a déjà suscité la controverse, car les médias participants sont accusés de faire le travail de « chasse aux fausses informations » à la place de Facebook. Les intéressés défendent leur démarche « pragmatique » et soulignent qu’il s’agit juste d’une expérimentation, censée durer deux mois pour l’instant.

Le « New York Times » lance son opération séduction numérique

Le recrutement de nouveaux abonnés payants est un enjeu clé pour le New York Times, comme en témoigne le rapport « Journalism that Stands Apart » (« Un journalisme qui se démarque »), publié le 17 janvier par le « Groupe 2020 », une équipe dédiée de journalistes du NYT.

En effet, malgré les excellents résultats obtenus fin 2016 – 276 000 nouveaux abonnés numériques au dernier trimestre – le compte est loin d’y être pour le plus grand journal de la planète, explique Les Echos. Les abonnés Web pèsent seulement un quart des revenus totaux de diffusions, tandis que la publicité Internet ne correspond qu’à un tiers des recettes publicitaires totales. Le tout alors que Facebook et Google se taillent la part du lion dans la publicité en ligne.

La solution ? Selon le rapport du « Groupe 2020 », il faudrait élargir la base de lecteurs en adaptant les pratiques journalistiques et l’organisation de la rédaction.

Tout d’abord, le document préconise un journalisme plus visuel, capable d’exploiter le potentiel de photographies, vidéos et infographies, nourri de formats narratifs différents, comme les newsletters et les podcasts. Ensuite, davantage de diversité est nécessaire au sein des rédactions : « plus de personnes de couleur, plus de femmes, plus de jeunes journalistes et plus de non-Américains ». Enfin, les lecteurs raffolent d’articles plus « serviciels » servant de guide aux lecteurs dans différent domaines : cuisine, culture, développement personnel…

Autant de pistes à creuser, dans l’espoir d’endiguer la crise du journal, dont les profits ont diminué de 54% l’année dernière.

Radio France au tournant du numérique

Radio France, aussi, affiche des ambitions numériques pour 2017, a déclaré au Monde cette semaine le président du groupe, Mathieu Gallet. Désormais à mi-mandat, M. Gallet dresse un bilan plutôt positif, et dénombre ses priorités pour l’année.

Pour faire face au vieillissement de l’audience, il compte améliorer l’offre de Radio France avec deux projets-clés dans le numérique, qui seront lancés en 2017 :  le premier est de « proposer au public de constituer sa radio sur mesure, dans un flux qu'il pourra programmer en piochant dans nos programmes », et le deuxième consiste à « diffuser en live streaming les quelque 200 concerts par an que nous organisons dans nos deux grandes salles, l'Auditorium et le Studio 104 ». M. Gallet note aussi que la part du budget consacrée au numérique, qui s’élevait à 1% en 2014, a doublé et a atteint aujourd’hui 12 millions d’euros.

Sur la question des « fake news », M. Gallet reconnaît que le service public doit proposer des solutions, et explique que France Inter mène depuis deux ans l’opération « Interclass’ » pour sensibiliser les collégiens au décryptage de l'information. « Je suis convaincu du rôle des médias publics dans la bonne santé démocratique de nos sociétés ». 




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