Media Week Report - 17 février

Cette semaine, le Media Week Report se penche sur le rapprochement entre Orange et Canal+, alors que le Washington Post fait ses débuts sur Snapchat et que Twitter peine à rebondir, malgré l’effet Trump.

Canal + et Orange : mariage en vue ?

Confrontés à une concurrence accrue de la part de SFR ; Orange et Canal+ pourraient être tentés par un rapprochement, explique Les Echos.

Un mariage d’intérêt qui a plusieurs raisons. Canal+ est aujourd’hui en difficulté, alors qu’Orange aurait tout à gagner d’un Canal+ performant, dans le but de proposer une offre audiovisuelle plus riche à ses clients. De surcroît, l’un des grands rivaux d’Orange, SFR, a mis les bouchées doubles pour étoffer ses contenus, comme en témoignent les rachats de la Premier League, Discovery et NBC Universal. Pour contrer son concurrent, Orange pourrait donc décider de voler au secours de Canal+, notamment en l’aidant à investir dans les appels d’offres d’événements sportifs.

Selon BFMTV, un tel rapprochement entraînerait la création d’une « société de commercialisation » commune, constituée du réseau des boutiques Orange qui pourraient promouvoir davantage les abonnements à Canal +.

Toutefois, le chemin menant à cette alliance reste semé d’embûches.

Tout d’abord, le découpage des activités du Groupe Canal +, dont seuls la chaîne Canal + et le bouquet payant CanalSat intéresseraient un opérateur télécom comme Orange, semble assez compliqué. Ensuite, en cas de rachat par Orange, ses concurrents, tels que Free et SFR Numéricable, ne seraient plus encouragés à vendre des abonnements Canal+, qui pourrait donc essuyer de lourdes pertes. Enfin, l’Arcep, régulateur du secteur, pourrait opposer son veto. Affaire à suivre…

Snapchat, le nouveau visage du Washington Post

Le Media Week Report ne cesse de la dire : les frontières entre la presse traditionnelle et les nouveaux médias deviennent de plus en plus floues ! Dernier exemple en date, le 13 février, The Washington Post a lancé une nouvelle édition quotidienne publiée sur Snapchat Discover.

Il sera ainsi le premier partenaire éditorial à publier quotidiennement sur la plateforme des mises à jour multiples, sept jours par semaine. Disponible aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, l'édition Discover « se focalisera sur la production de récits rapides, visuellement captivants et expérimentaux », selon le Post.

L’initiative témoigne de la mue numérique du quotidien américain. Depuis son acquisition par le PDG d'Amazon Jeff Bezos en 2013, le journal a rattrapé le temps perdu, en exploitant à fond tout le potentiel de la révolution digitale, proposant par exemple la distribution de 100% de son contenu avec Instant Articles de Facebook. L’approche du Post semble porter ses fruits : non seulement son trafic en ligne a augmenté jusqu’à être au coude à coude avec The New York Times, mais le Post a récemment déclaré être rentable, un véritable exploit pour un journal traditionnel.

Ce partenariat prestigieux montre aussi un usage inédit de Snapchat qui, contrairement à son concurrent Twitter, était jusqu’à maintenant plutôt associé à des contenus plus « personnels » et « viraux ».

Twitter encore à la traîne, malgré l’effet Trump

L’omniprésence du nouveau président des États-Unis sur Twitter n’a pas suffi à booster les profits de la plateforme de microblogging, qui est aujourd’hui confrontée à un double défi : générer une croissance rentable sur le long terme, tout en s’affranchissant d’un marché publicitaire de plus en plus concurrentiel et fluctuant.

Jeudi 9 février, Twitter a annoncé des résultats assez décevants pour le dernier trimestre de 2016 : le chiffre d’affaires a enregistré une hausse de seulement 1%, avec un recul des recettes publicitaires et une perte nette de 167 millions de dollars, contre les 90 de l’année précédente.

Les Echos souligne que, bien que « l’effet Trump » ait amplifié la notoriété mondiale du groupe, les annonceurs délaissent Twitter, car « ils n’ont pas forcément envie d’être associés à cette plateforme », révèle Richard Kramer d’Arete Research.

Mais plusieurs autres facteurs expliquent les performances médiocres du groupe : en effet, le nombre d’utilisateurs est considéré comme insuffisant par les publicitaires, tandis que les données contenues dans les tweets seraient moins personnelles – et donc moins intéressantes – pour les professionnels du marketing à la recherche de la cible parfaite.

Twitter compte pourtant bien exploiter tout le potentiel du big data. D’ailleurs, le « data licensing » est bel et bien la seule activité qui a enregistré une croissance fin 2016 : Twitter offre à certains partenaires, notamment des médias comme Bloomberg, un accès en temps réel aux données présentes sur la plateforme, dans le but de mieux décortiquer des tendances et des événements.

Un autre levier de croissance pourrait être le côté « média » de l’entreprise, qui mise de plus en plus sur la diffusion en direct de contenus, surtout des événements sportifs, comme les matchs de la ligue professionnelle de football américain (NFL) et ceux de l’équipe de France de rugby lors du Six-Nations.

 




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