Media Week Report - 17 mars

Cette semaine, le Media Week Report vous dévoile les coulisses de Brut, le nouveau média digital qui cartonne parmi les millennials, alors que les radios s’emparent du débat de la présidentielle et que Médiacités essaie de relancer le journalisme d’investigation dans les métropoles françaises.

Succès Brut

brut

Le succès surprenant de Brut  a fait le buzz cette semaine. Lancé en novembre 2016, ce media d’information « 100% vidéo, 100% digital » compte déjà 100 millions de vues et son audience ne cesse de croître grâce à une présence tous azimuts sur les réseaux sociaux. Pour preuve, 29 millions de vidéos ont été regardées en février : une hausse de 2 millions depuis janvier !

L’idée de Guillaume Lacroix, fondateur de StudioBagel, et de Renaud Le Van Kim, ancien producteur du Grand Journal,  était de « créer un média qui soit un point d’entrée sur l’actualité pour toute une génération qui s’éloigne des [acteurs] traditionnels », déclare M. Lacroix au Monde. Avec une équipe d’une douzaine de personnes, Brut publie chaque jour entre 5 et 10 vidéos courtes sur les réseaux sociaux « offrant des clés de compréhension sur l'actualité », comme M. Lacroix l’explique à RTL.

Depuis quatre mois, Brut multiplie les formats – diffusions en direct, analyses, entretiens – et aborde l’actualité et la politique, en se concentrant notamment sur la campagne présidentielle. Le tout avec un ton et un angle décalés. C’est une ligne éditoriale qui séduit les millennials : 80% des 188 000 fans du media sur Facebook ont moins de 35 ans !

Malgré son audience grandissante, la monétisation de Brut n’est pas évidente. « Jusqu’ici, nous n’avons pas gagné d’argent. L’idée était avant tout d’obtenir de l’audience, afin de la monétiser dans un second temps », selon M. Lacroix. Mais la situation est en train d’évoluer : la régie publicitaire de France Télévisions s’occupe désormais de la monétisation des contenus produits, et France Info diffuse certaines vidéos sur son site et sur sa chaîne.

Selon Europe1, ce média très ambitieux travaillerait déjà sur une version anglaise et ciblerait les États-Unis. Niveau contenus, Brut souhaiterait aussi raconter l’actualité sportive, toujours avec des vidéos percutantes et potentiellement virales.

Repéré sur le net, Brut l’est aussi par Kantar Media qui l’a intégré à son corpus. Vous souhaitez en savoir plus ? Rendez-vous ici.

La radio, grande protagoniste de la présidentielle

Les « grands oraux » télévisés des candidats à la présidentielle française approchent, mais les radios ne baissent pas les bras et misent tout sur leurs atouts pour couvrir les élections : des figures emblématiques, telles que Jean-Jacques Bourdin sur RMC ou Patrick Cohen sur France Inter, l’attention au terrain et l’interaction avec le public.

« La télévision est un média de puissance et la radio, un média d’intelligence », explique à L’Opinion Fabien Namias, directeur de l’information d’Europe 1. Une donnée confirmée d’ailleurs par le baromètre Kantar sur la confiance des Français dans les médias.

Les initiatives des radios se multiplient, même si la nouvelle règle d’équité du temps d’antenne, imposée par le CSA, va constituer un véritable casse-tête pour les journalistes, souligne Les Echos.  Lundi 13 mars, Europe 1 a lancé sa première « matinée spéciale présidentielle » : quatre-vingt-dix minutes avec un candidat qui s’exprime sur tous les sujets de l’actu. Un format utilisé aussi par le « Petit déjeuner de la présidentielle » sur RTL et la « Matinale grand format » sur France Inter.

Radio France a même prévu des émissions en public, entièrement consacrées à l’élection imminente, à la Maison de la Radio à Paris entre le 23 et le 25 mars. De plus, France Télévisions, France Médias Monde, l’INA, Randstad, la SNCF, l’AFP et Radio France ont lancé le « Train de la Présidentielle », qui s’arrêtera dans 31 villes françaises et présentera l’exposition « Politique et médias » ainsi que plusieurs évènements culturels consacrés au scrutin.

Alors que les radios mettent les grands moyens pour informer leur public sur les enjeux de la présidentielle, quatre entités du groupe de communication WPP (Hilll+Knowlton Stratégies, Landor, Kantar Public, Kantar Media, et Kantar TNS) viennent de publier leur étude #MonPrésidentIdéalRéalisé entre le 31 janvier et le 1er février, ce sondage, mené auprès de 1010 personnes, vise à établir le portrait du président idéal ainsi que ses priorités. Le résultat ? L’exemplarité semble être le maître mot pour les participants, ce qui n’étonne pas vu le contexte politique actuel…que le meilleur gagne !

Médiacités, l’investigation à l’honneur

Le journalisme d’investigation semble avoir le vent en poupe en France, comme le démontre l’essor de Médiacités, un nouveau journal d’investigation en ligne. Après son lancement à Lille, Lyon et Nantes, le journal devrait faire ses débuts à Toulouse le 23 mai 2017.

Sa formule, qui s’inspire de celle de Mediapart, mise sur des enquêtes approfondies réalisées dans chaque ville où le site est implanté. Un des fondateurs et directeurs de la publication, Jacques Trentesaux, a expliqué à France Info que « le pays change, se métropolise…et pourtant le paysage médiatique est figé ». « Il y a la place pour des enquêtes approfondies sur les métropoles ». Et son collègue Sylvain Morvan d’envoyer une petite pique sur ActuCotéToulouse.f: « les journaux nationaux traitent l’actualité des régions avec un regard trop parisien ».

Comme souvent avec les « pure players », la recherche d’un modèle économique viable représente un véritable défi : Médiacité dépend uniquement des abonnements, fixés à 6,90 euros par mois ou 59 euros par an, et se donne trois ans pour devenir rentable.

Pour soutenir ses activités, le journal a aussi lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule, qui se tiendra jusqu’au 15 avril et dont l’objectif est de récolter 25 000 euros. Une levée de fonds est également envisagée.

 




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