Media Week Report - 2 juin


Le Media Week Report se penche sur la lettre ouverte adressée par une trentaine d’éditeurs de presse au Parlement européen et au Conseil de l’UE. S’ils soutiennent l’objectif de confiance dans l’économie numérique poursuivi par le règlement européen ePrivacy, les médias réclament une révision du texte pour ne pas mettre à mal leur modèle économique. Au menu également : la stratégie de diversification des Echos et les accords signés par Facebook pour booster son offre de contenus vidéo.


Inquiets pour leur modèle économique, les médias réclament une révision du projet de règlement européen ePrivacy

  

protection

Une trentaine d’éditeurs européens de presse réclame, dans une lettre ouverte adressée au Parlement européen et au Conseil de l’UE, la révision d’un projet de règlement sur les données personnelles, appelé à remplacer l’actuelle directive ePrivacy, qui menace, selon eux, leur modèle économique sur internet. Ces éditeurs s’inquiètent de ne plus pouvoir utiliser aussi librement qu’avant les données de navigation de leurs lecteurs à des fins publicitaires.

En cause, le projet de changer l’utilisation faite des cookies publicitaires, qui permettrait aux internautes de décider, dès leur première connexion, du niveau de protection qu’ils souhaitent pour l’ensemble des sites qu’ils visiteront ensuite – et non plus site par site.

Ce projet « prive les éditeurs de presse de la capacité d'informer chacun des lecteurs sur les raisons pour lesquelles leur consentement est sollicité, d'expliquer les avantages de contenus journalistiques et marketing personnalisés, et de rappeler l'importance de l'abonnement et de la publicité dans le modèle économique d'une presse de qualité », regrettent les 33 éditeurs signataires. En privant les éditeurs de presse de la possibilité de proposer des publicités ciblées à leurs lecteurs, la nouvelle version d’ePrivacy « favorise la réorientation des annonceurs publicitaires de la presse vers les plateformes numériques dominantes, et diminue donc l'investissement possible dans le journalisme de qualité, partout en Europe », poursuit le texte. « Le ciblage des publicités en fonction des lecteurs est essentiel pour les annonceurs. C'est également une condition pour permettre à la presse d'être compétitive face à Google et Facebook qui en 2017 drainent 20% des dépenses publicitaires mondiales », est-il précisé.

« La presse n'a jamais eu autant de lecteurs, grâce à ses développements numériques (...). Ces performances ne permettront l'émergence d'un modèle économique de la presse digitale qu'à la condition que les éditeurs puissent connaître leurs lecteurs et développer une relation directe avec eux », fait valoir dans un communiqué le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), selon Les Echos.

Le Monde, Le Figaro, Les Echos, Libération, Le Parisien, La Croix, L’Humanité et L’Equipe font partie des signataires, ainsi que Der Spiegel, le Financial Times, Guardian Media group, Telegraph Media group, le groupe Prisa, ou encore la Gazzetta di Parma.

Les Echos, la diversification est en marche

  

Le groupe Les Echos poursuit son évolution dans la technologie et l’innovation en misant tout sur une diversification accrue. Son nouveau mot d’ordre ? « Accompagner les clients dans leur transformation digitale », selon les mots de Francis Morel, PDG des Echos. Il souligne notamment la nécessité de «développer les services, pour renforcer la marque de presse et augmenter la rentabilité ».

Cette nouvelle stratégie repose notamment sur l’acquisition de 78% de la start-up Netexplo et le lancement de The Innovator, un cahier spécial en anglais consacré à un sujet d’innovation, comme l’intelligence artificielle. Ce dernier sera distribué sur les salons internationaux spécialisés dans les nouvelles technologies, ainsi qu’en kiosque, et sera enrichi d’une newsletter numérique hebdomadaire.

Netexplo, un observatoire des tendances du numérique, bénéficie de la collaboration d’experts venant de 19 universités, dont le MIT de Boston, ou Stanford, et récompense chaque années les 100 innovations les plus prometteuses. A titre d’exemple, Twitter, Siri et Shazam ont déjà été détectées bien avant d’être connues ! Le partenariat entre Les Echos et la start-up s’annonce gagnant-gagnant : « Netexplo peut nous apporter des contenus de grande qualité académique et nous pouvons lui apporter un réseau commercial », déclare Christophe Victor, directeur général délégué des Echos.

Autres piliers de la diversification du groupe, l’événementiel, avec le lancement du salon VivaTech, qui se déroulera du 15 au 17 juin à Paris en partenariat avec Publicis, et la création de brand content, qui cible les PME ainsi que les entreprises du CAC40.

De plus, toutes ces initiatives seront par ailleurs relayées grâce à un partenariat avec LinkedIn, qui vise à rapprocher les membres du réseau social professionnel en France de la communauté de lecteurs et journalistes des Echos.


Facebook met le paquet sur les contenus vidéo

  

Facebook prépare sa riposte suite à l’offensive de Twitter et Snapchat sur le segment des contenus vidéo. Selon Reuters, le géant de Mountain View vient de signer des accords avec Vox Media, BuzzFeed, ATTN et Group Nine Media pour booster son offre dans ce domaine. La date de lancement n’a pas encore été révélée.

D’après des sources officieuses, deux formats seront à l’honneur : des vidéos de 20 à 30 minutes, produites par Facebook même, et des contenus plus courts, de 5 à 10 minutes, concoctés par des partenaires extérieurs.

Les coûts de cette opération sont assez faramineux : Facebook investirait 250 000 dollars par épisode long et entre 10 000 et 35 000 dollars par vidéo courte. Les créateurs empocheraient 55% des revenus générés par les publicités diffusées dans le cadre de ce service. Numerama révèle aussi que Facebook garderait une période d’exclusivité sur la diffusion des contenus, mais les créateurs auront ensuite le droit de diffuser, voir revendre, leurs vidéos.




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