Media Week Report - 21 avril

Cette semaine, le Media Week Report vous explique comment la presse fait pression sur Facebook et Google pour défendre le journalisme professionnel, alors que Vivendi essuie une défaite en Italie et qu’Instagram Stories dépasse Snapchat. 


La presse accentue les pressions sur Google et Facebook pour sauver le journalisme professionnel


algorithme

Plusieurs groupes de presse mettent la pression, ces derniers temps, par une série d’interviews et d’éditos, sur Google et Facebook, un duopole que certains estiment dangereux pour le journalisme professionnel.

Dans une interview pour Les Echos le 18 avril, Will Lewis, DG de Dow Jones et patron du Wall Street Journal, reproche à Google et Facebook d’avoir un biais délibéré contre le journalisme professionnel – cet entretien faisant suite à un édito publié le 10 avril par The Times, dans lequel Robert Thomson de News Corp (maison mère de Dow Jones et propriétaire du Times) indiquait que Google et Facebook, « les deux éditeurs les plus puissants de l’histoire de l’humanité », auraient pu faire bien davantage pour mettre en lumière l’existence d’une hiérarchie des contenus, et qu’ils se sont abstenus dans le but de faire de l’argent, ce qui est, selon lui, socialement destructeur.  

Pour Will Lewis, cette situation doit cesser, et Google et Facebook doivent permettre aux gens de trouver les contenus qualitatifs que son groupe – ou que tout autre – propose. Google et Facebook, ajoute-t-il, doivent cesser de prétendre que leurs algorithmes sont neutres et qu’ils ne sont pas des entreprises de média ; « il faut qu’ils cessent de nous forcer à proposer des contenus gratuitement » en nous disant que c’est le seul moyen de les faire remonter dans les algorithmes, précise-t-il. « Nous voulons travailler avec Google et Facebook […]. Tout ce que nous demandons est du fair-play », déclare Will Lewis alors que des discussions sont en cours au plus haut niveau des sociétés.  

Mark Thompson, PDF du New York Times, partage, dans un entretien pour Le Monde en date du 11 avril, le besoin d’un journalisme fort, et indique également être en intense conversation avec les deux géants du web. « Nous avons besoin de clarté sur les algorithmes qui ne sont neutres ni pour les éditeurs, ni pour les utilisateurs », déclare-t-il, précisant toutefois que sauver le modèle économique du journalisme n’a pas été, jusqu’ici, une priorité pour Google et Facebook. Leur rôle, assure-t-il, n’est pas « d’arriver avec un modèle économique clé en main pour la presse ». Pour Mark Thompson, les discours catastrophiques de certains autres médias sont toutefois parfois également des excuses pour marquer l’absence d’une bonne stratégie. 

  

Vivendi est rappelé à l’ordre par l’Agcom en Italie


Vivendi, qui – selon lefigaro.fr – veut bâtir un empire des médias dans le Sud de l’Europe, va devoir, selon l’Agcom (autorité des communications italienne), ajuster sa stratégie en Italie.

L’Agcom, inquiète des risques de répercussions négatives sur le degré de concurrence dans les marchés concernés et sur le degré de pluralisme des médias, a demandé au groupe de réduire, d’ici un an, sa participation soit dans Mediaset, soit dans Telecom Italia – Vivendi étant, avec 24% du capital, l’actionnaire le plus important de Telecom Italia, premier opérateur télécom italien, et propriétaire de 28.8% du capital de Mediaset, premier télédiffuseur privé italien.

Vivendi a 60 jours pour proposer un plan d’action spécifique, sans quoi il pourrait se voir infliger une amende comprise entre 2% et 5% de son chiffre d’affaires. Le groupe qui déclare, selon Les Echos, avoir toujours agi dans les limites imposées par le droit italien, notamment par la loi Gasparri en matière de protection du pluralisme des medias, envisage faire appel.

Mediaset, dont le principal actionnaire reste Silvio Berlusconi, s’est pour sa part félicité de la décision de l’Agcom. Selon Les Echos, une possible prise de contrôle par Vivendi dans Mediaset semble désormais exclue. Pour Le Monde, si Vivendi a, en théorie, le choix du groupe dans lequel il doit se désengager, il n’a en réalité qu’une seule option, celle d’un retrait partiel ou total de Mediaset.

  

Instagram Stories prend le dessus sur Snapchat


Un cap a été franchi dans la tumultueuse relation entre Instagram et Snapchat. Le 13 avril, le premier a déclaré que 200 millions de personnes utilisent chaque jour la fonctionnalité « Stories », lancée tout juste il y a huit mois.

Pour la première fois, le rival Snapchat est surpassé : l’application au petit fantôme, dont la croissance ralentit depuis plusieurs mois, revendiquait en effet « seulement » 158 millions d’utilisateurs quotidiens en décembre 2016. Un véritable camouflet pour la créature d’Evan Spiegel, d’autant plus que, comme souligne dans Stratégies.fr Marie Dollé, head of content chez Kantar Media, Instagram lui a souvent piqué ses meilleures idées – et le concept !

Les marques n’ont d’ailleurs pas hésité à s’emparer des « Stories » Instagram pour agrémenter leur stratégie publicitaire. L’ADN explique par exemple qu’Hugo Boss a utilisé cette plateforme pour présenter ses collections de prêt-à-porter en temps réel à ses followers, alors que Mercedes Benz a documenté le shooting photo du modèle Mercedes AMG.

« Instagram est devenu la caisse de résonnance privilégiée des marques, qui se sont appropriées rapidement les codes de ce réseau », souligne Christophe Manceau, directeur des insights chez Kantar Media, dans un entretien avec L’Usine Digitale. Et d’ajouter : « Nous sommes dans une culture où tout va très vite… on quitte le monde de l’écrit ». C’est la raison pour laquelle les petites marques peuvent aussi tirer leur épingle du jeu : Instagram reste un excellent support de communication pour les jeunes créateurs, qui peuvent atteindre une cible internationale très diversifiée.

L’émotion est le principal levier comportemental sur ce réseau, comme le confirme l’étude sur la relation entre les marques de luxe et Instagram, réalisé par Kantar Media à partir de données extraites sur la période août-décembre 2016. D’où l’importance des influenceurs, notamment pour les plus petites marques. 

 


Emilie-Lhoste-V1-2
Emilie-Lhoste-V1-2

Emilie-Lhoste-V1-2


Emilie-Lhoste-V1-2
Emilie-Lhoste-V1-2


Search article


Découvrez...


Revue médias et synthèse : votre actualité média facile à consulter
En savoir plus