Media Week Report - 21 juillet

 

Cette semaine, le Media Week Report s’intéresse à Altice qui confirme une fois encore sa stratégie de convergence avec, notamment, le rachat de Media Capital. De son côté, TF1 émeut la concurrence avec la perspective de possibles coupures de pub dans ses JT. Quant à Netflix, il dépasse la barre des 100 millions d’abonnés. En bonus, pour vos lectures d’été, un lien vers Inside Instagram, une plongée de 69 pages dans les spécificités de ce réseau social à l’ADN luxe, mode et beauté.


Altice confirme sa stratégie de convergence avec l’acquisition de Media Capital au Portugal et le lancement d’Altice Studio en France


altice

Altice s’offre Media Capital, le plus gros groupe de médias du Portugal, propriétaire de TVI, première chaîne de télévision privée du pays, et de Radio Commercial, la radio numéro un. « C’est un peu comme si, en France, Patrick Drahi avait racheté TF1 et RTL », résume le quotidien Les Echos

Le groupe, qui vient de boucler auprès de l’espagnol Prisa l’acquisition de 94,7% de Media Capital, pour un montant de 440 millions d’euros, devrait lancer prochainement une offre visant à acquérir le reste du capital (5,3%).

Avec cette nouvelle acquisition, Altice déclare vouloir investir dans le pays en développant de nouvelles chaînes et formats télévisés mais aussi en accélérant les investissements dans les contenus et dans l'expansion numérique, ainsi qu’en exportant les contenus portugais sur les territoires d'Altice, particulièrement en France et aux Etats-Unis.  « Nous voulons saisir les nombreuses opportunités de croissance que Media Capital offre non seulement au Portugal mais aussi à l'international en se fondant sur un ambitieux programme ciblant le numérique, plus de contenus et plus d'innovation », a déclaré le PDG d'Altice, Michel Combes, dans un communiqué repris par La Tribune.

D’après Le Figaro, Altice souhaite réaliser au Portugal ce que le groupe a déjà fait en France en mariant l'opérateur télécoms SFR au groupe de médias NextRadioTV (au Portugal, Altice détient également Portugal Telecom). En France, SFR, qui a racheté BFMTV et RMC, a acheté des droits télé sportifs (Premier League, Ligue des champions...), et finance des séries ; il devrait faire de même prochainement dans le cinéma. En Israël aussi, Altice, qui détient l'opérateur télécoms Hot, produit des séries avec un certain succès.

Les activités de production de séries et de cinéma font parties des activités transversales d’Altice. En France, le groupe devrait lancer, le 22 août, Altice Studio, une chaîne de cinéma et de séries et une plateforme de SVOD, qui sera alimentée par des achats de contenus à des producteurs extérieurs et par un budget de 40 millions d'euros consacré à des coproductions européennes. Le groupe fera ainsi travailler ses studios israéliens, portugais et français.

Ces deux opérations confirment, une fois de plus, la stratégie de convergence médias-télécoms sur laquelle parie Patrick Drahi autour des marques que le groupe possède déjà en Israël, aux Etats-Unis et en France, mais également la stratégie de convergence d’Altice dans le domaine du cinéma et des séries.

TF1, vers des coupures pub dans les JT ?


Le CSA a donné à TF1 l’autorisation d’interrompre ses journaux télévisés de 13 heures et de 20 heures par de la publicité, accédant ainsi à une demande de la première chaîne dévoilée par Les Echos – sans que TF1 ait pour autant clairement l’intention d’introduire de telles coupure de pub déjà autorisées pour, mais pas utilisées par, ses concurrents.

Un décret de 1992 autorisait en effet les autres chaînes privées à couper par de la publicité leurs JT d’une durée supérieure à trente minutes, TF1 n’ayant pas cette possibilité en raison de sa position dominante sur le marché publicitaire télévisuel (estimé à 3,2 milliards d’euros par an) et TF1 avait demandé à l'automne 2016, dans le cadre du renouvellement de sa convention arrivant à échéance en fin d'année, que soit inscrite l'autorisation d'ouvrir ces nouveaux espaces publicitaires. Le CSA ayant entériné cette possibilité dès lors que le plafond de 12 minutes de publicité par heure reste inchangé, c’est chose faite.

Le CSA a jugé que l’étude d’impact sur le secteur, demandée par la concurrence, n’était pas nécessaire. Alors que de nombreuses chaînes de la TNT sont déjà déficitaires, la concurrence estime que ces coupures pub permettront à la TF1 de générer 30 à 80 millions d'euros de chiffre d’affaires supplémentaires par an (50 millions étant une estimation raisonnable) tandis que le CSA estime le haut de la fourchette à 40 millions d’euros par an.

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, déclare ne pas être opposée à cette coupure de pub dans les JT de TF1. La présidente de France Télévisions, expliquent Les Echos et Libération, justifie sa position par le fait qu’elle espère pouvoir compter à l’avenir sur les poids lourds de la télévision privée française comme TF1 et M6 afin de déployer, éventuellement, une offre commune à l’étranger.

Par ailleurs, selon une information des Echos confirmée par une source proche du dossier à l’AFP, Orange a assigné TF1 en justice pour abus de position dominante dans la télévision et la publicité – un nouvel épisode dans le conflit qui oppose les deux parties quant à la diffusion sur Internet des chaînes jusque-là gratuites du groupe de télévision. « TF1 profite de sa position dominante dans la télévision et dans la publicité télévisée pour imposer des choses à Orange qui sont contraire à la loi », a expliqué une source proche du dossier. 

Netflix : 104 millions d’abonnés


Les résultats de Netflix, publiés lundi 17 juin, sont allés bien au-delà des attentes des marchés. Les 5,2 millions d’abonnés supplémentaires gagnés – contre les 3,2 millions annoncés – ont permis un bond de 10% en bourse juste après l’annonce des résultats.

L’entreprise a franchi le cap des 104 millions d’abonnés fin juin, dont 52 millions à l’international, dans près de 190 pays.

Les Echos souligne le paradoxe de cette situation : plus Neflix cartonne, plus il est obligé de lever des fonds pour financer ses nouveaux projets. D’où une perte de 13 millions de dollars à l’international au deuxième trimestre. Le patron de la société, Reed Hastings, se montre pourtant confiant et explique que produire en interne est beaucoup plus rentable sur le long terme que de piocher dans le catalogue d’autrui.

Netflix persiste donc, et signe. Cette année l’entreprise proposera 30 films originaux, financés à hauteur de 500 millions de dollars. Le futur s’annonce également riche en projets : fin 2017, le film Bright, avec Will Smith, sera distribué en exclusivité, alors que The Irishman, de Martin Scorsese, avec Robert De Niro et Al Pacino, est attendu pour 2019. Côté série, les passionnés seront comblés par la sortie de The Defenders, inspiré au monde Marvel, prévue en août.

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