Media Week Report - 23 Juin

  

Cette semaine, le Media Week Report vous présente les Snap Shows, des formats de poche pour lesquels Snapchat, désireux de faire passer leur diffusion de un à trois par jour d’ici la fin de l’année, va travailler avec Time Warner. Egalement au menu, le relooking intégral de Dailymotion, désormais positionné sur des contenus premiums destinés à un public CSP+ dont le cœur de cible oscillera entre 25 et 45 ans, et le recentrage, chez SFR, des médias écrits sur l’information générale et politique avec, pour titres phares, Libération et L’Express.

 

Des Snap Shows de 3 minutes produits par Time Warner

 

Warner

Snapchat a conclu un accord avec Time Warner pour les deux prochaines années. Le studio  (propriétaire de Warner Bros, HBO ou encore TBS) s’engage à produire une dizaine de Snap Shows, contenus originaux Snapchat, par an – d’un format de 3 à 5 minutes.

« Lancer un partenariat avec Snapchat va permettre de pousser ce nouveau format intéressant, d’exposer la base d’utilisateurs à des vidéos innovantes et engageantes qui mettent en scène des marques et des personnages qu’ils connaissent et qu’ils apprécient », a déclaré dans un communiqué Gary Ginsberg, vice-président du marketing et de la communication chez Time Warner. Nous pensons que ce partenariat nous aidera à ramener des audiences plus larges vers nos programmes et nos plateformes, a-t-il ajouté dans une remarque prouvant à quel point ces courtes vidéos originales Snapchat sont le nouveau graal des éditeurs et des réseaux – Apple, Facebook, Google, Twitter, Amazon ou encore Netflix cherchant également à développer des contenus originaux, nous dit Mashable.

Aujourd’hui, Snapchat diffuse environ un Show par jour. Son partenariat avec Time Warner devrait l’aider à passer à trois Shows – séries, divertissement, documentaires, etc – par jour d’ici la fin de l’année.

Time Warner s’engage par ailleurs à investir, pour HBO, Turner ou Warner Bros, dans la publicité sur Snapchat – une bonne nouvelle pour cette appli qui tire la majorité de ses revenus de la publicité, un secteur dominé par Facebook et Google.

En tout, le studio Time Warner devrait investir 100 millions de dollars – un record d’investissement pour un media dans Snapchat, selon Numerama. Tout cela devrait redonner confiance à, et dans, cette appli qui, après avoir suscité l’engouement début mars lors de son entrée à Wall Street, a montré quelques signes de faiblesse en termes de croissance et de base d’utilisateurs, indique Les Echos. Devant les offensives de ses concurrents (notamment Facebook), Snapchat a même vu son action tomber brièvement jeudi 15 juin à son niveau d’introduction sur le Nasdaq, soit 17 dollars. Si l’arrivée de partenaires tels que Time Warner a de quoi rassurer, il en faudra probablement davantage pour convaincre définitivement les marchés boursiers.

 

Le Dailymotion nouveau, priorité aux contenus premiums professionnels

Vivendi a annoncé une nouvelle version de sa plateforme de vidéos Dailymotion pour le 5 juillet en France et  pour la fin du mois dans le reste du monde, version qui mettra en avant des contenus professionnels « frais » et éditorialisés, tout en continuant à diffuser des vidéos amateurs. « L'ambition est de proposer chaque jour toutes les vidéos qu'il ne faut pas avoir manquées » sur quatre grandes thématiques : l'actualité, le sport, la musique et le divertissement, a expliqué à l’AFP Maxime Saada, directeur général de Dailymotion. Initialement attendue en avril, cette nouvelle mouture aura pris près de deux ans, le temps pour Vivendi de peaufiner son repositionnement, indique Le Figaro.

L'enjeu pour Dailymotion est de se démarquer de son concurrent YouTube, et d’être identifié comme la plateforme vidéo premium, tout en restant gratuite. Pas question pour Dailymotion de rentrer en concurrence frontale avec YouTube, la plateforme vidéo de Google, qui revendique plus d'un milliard d'utilisateurs par jour quand le site français ne revendique que 300 millions d'utilisateurs uniques mensuels, dont 130 millions en Europe, 100 millions en Asie et 45 millions en Amérique du Nord.

Pour rassurer les annonceurs, Dailymotion a par ailleurs fait le ménage dans ses contenus. « On a veillé à ce que la plateforme soit nettoyée de tous les contenus explicites, notamment à caractère sexuel ou violent, et à ce que l'audience artificielle générée par des robots soit sous contrôle », a souligné M. Saada avec, en ligne de mire, selon Le Figaro, les problèmes récemment rencontrés par YouTube, qui a vu en mars dernier de nombreuses campagnes publicitaires annulées en raison de la diffusion de vidéos douteuses. Dailymotion entend par ailleurs séduire les annonceurs avec des formats publicitaires innovants, moins intrusifs, pour décourager les utilisateurs d'avoir recours aux bloqueurs de publicité.

 

Recentrage, chez SFR, sur la presse d’information générale et politique

Fini les rachats tous azimuts dans la presse pour SFR. L’opérateur, qui a annoncé la cession d’une douzaine de magazines spécialisés, ne conservera que L’Express et Libération, ainsi que Le Point, 01 Net, A Nous Paris et My Cuisine. En s’appuyant sur ces titres, SFR confirme une volonté de développer son activité presse écrite et numérique. SFR déclare par ailleurs investir dans le développement de ses titres phares, Libération et L’Express.

« Nous poursuivons pour nos médias écrits notre recentrage sur l'information générale qui, avec Libération et L'Express, est le cœur de métier des médias d'Altice. Avec Guillaume Dubois, Directeur général délégué du Groupe l'Express, Laurent Joffrin et Johan Hufnagel, directeur et directeur délégué de Libération, nous travaillons au nouveau plan de développement de nos titres que nous détaillerons à la rentrée 2017 », a indiqué Alain Weill, Directeur général des activités médias de SFR.

A la rentrée, Alain Weill, qui n'a jamais caché ne pas croire en l'avenir du papier, va lancer L'Express et Libération dans une stratégie Digital First. L'idée est, selon Le Figaro, de gérer le déclin du papier – qui représente encore la quasi-totalité des revenus – tout en dynamisant l'offre digitale payante. « Je parie sur l'avenir d'une presse digitale de qualité payante, car nous ne pouvons pas compter sur les recettes publicitaires qui sont monopolisées par les Gafa », a expliqué Alain Weill qui prend pour modèle le New York Times – dont les abonnements numériques, qui ont dépassé la barre des 2 millions, génèrent des revenus supérieurs à ceux du papier.

 




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