Media Week Report - 24 mars

Cette semaine, batailles pour le contenu et efforts publicitaires font rage. Le Media Week Report s’intéresse au deal entre Orange et HBO, et à l’appétit de Netflix pour contenus pour mobiles. Mais aussi à Altice et à sa quête de savoir-faire dans le ciblage publicitaire et les formats vidéo, ou encore aux efforts de Google pour (re)conquérir les publicitaires.  


Orange gagne l’exclusivité des séries HBO


game of thrones

Fort d’un contrat de renouvellement allant plus loin que le précédent, Orange va devenir le distributeur exclusif de séries HBO en France.

Selon Le Monde, le deal, annoncé mardi entre Orange et HBO (producteur, entre autres, du célèbre Games of Thrones, misant sur l’excellence de ses séries pour survivre), reflète la mondialisation de la bataille pour les contenus, et les bouleversements d’un secteur marqué par la convergence entre médias et télécommunications.

Outre le renouvellement de son contrat avec HBO, Orange a également annoncé, mardi, la création d’une nouvelle structure, Orange Content, dédiée aux contenus qui rassemblera, selon Les Echos, toutes les activités médias de l’opérateur (ses chaînes cinéma OCS, mais aussi, Orange Studios, le studio de production de films, et bientôt de séries télé).

« Nous l’avons toujours dit, notre stratégie est d’être distributeurs de contenus et nous en distribuons dans plus de 10 millions de foyers au niveau européen. Le cinéma et les séries font partie des axes principaux », a déclaré le PDG d’Orange Stéphane Richard.

La montée en puissance dans les médias, et l’agressivité, de SFR – qui a fait des investissements, fin 2016, pour s’arroger les contrats NBCUniversal et Discovery – pousse évidemment Orange à réagir, quitte à malmener Canal+ au passage.

Mais, le deal entre Orange et HBO est-il réellement un coup dur pour Canal+ ? Pas si évident que cela.

Si les chaînes payantes du groupe Vivendi ne pourront plus diffuser, à partir de 2018, de séries HBO quelques mois après leur diffusion par OCS, le groupe semble miser sur le fait que, depuis la fusion de Canal+ et CanalSat à l’automne, les chaînes OCS sont plus facilement accessibles à ses abonnés, notamment par le bouquet Canal+ Ciné Séries, nous dit Le Monde. Stéphane Richard, PDG d’Orange, a même déclaré travailler au renforcement de son partenariat avec Canal+, un renforcement qui pourrait concerner la France et l’international, ou encore les droits du football. Orange, ajoute Les Echos, n’a aucun intérêt à ce que Canal+ soit affaibli.

Orange et Canal+ coopèrent toujours, évoquant même parfois, comme en décembre, l’intérêt, plus tard démenti, d’Orange pour Canal+. Loin d’être en guerre, Orange et Canal+ réfléchissent donc toujours à un renforcement concret de leur coopération… une manière d’impressionner SFR et Patrick Drahi.

 

Netflix se convertit au mobile

La plateforme de vidéos en streaming Netflix pourrait adapter certains contenus aux écrans des appareils mobiles, révèle le magazine spécialisé The Verge. Lors d’un briefing avec des journalistes à San Francisco le 15 mars, le Chief Product Officer de l’entreprise, Neil Hunt, a déclaré qu’ « il n’est pas inconcevable que vous puissiez prendre des productions et faire un montage différent pour le mobile. C’est quelque chose que nous allons explorer ».

L’expansion internationale de Netflix justifierait cette attention portée aux mobiles car, dans plusieurs pays asiatiques, notamment en Inde, les « écrans mobiles sont les supports les plus utilisés pour regarder du contenu », a précisé M. Hunt.

Comment pourrait-on rendre les vidéos plus agréables à regarder sur mobile ? Par des plans plus serrés, l’adaptation en 16 :9 ou même des formats verticaux, même si aucun détail n’a pas encore été dévoilé à ce sujet.

Netflix a déjà pris d’autres mesures pour booster la consommation sur mobile récemment, comme la possibilité d’enregistrer les contenus dans l’application Android dédiée, ou sur la carte SD, ou encore l’adoption d’un nouveau codec pour limiter l’usage de la bande passante.

 

Altice s’offre Teads, et son format star de vidéos publicitaires

Le groupe de médias et télécoms Altice a annoncé mardi l’acquisition – qui devrait être bouclée d’ici fin juin – de la plateforme française de vidéos publicitaires Teads, volant ainsi la vedette à News Corp, également dans la ronde des négociations.

Teads, qualifié par Les Echos de « pépite de la French Tech », s’est imposé sur le marché mondial grâce à sa technologie In Read permettant d’intercaler des publicités vidéos dans les articles en ligne des médias numériques, avec de prestigieux clients comme The Washington Post, Time Inc., The Telegraph, Der Spiegel et Le Monde. Des formats publicitaires qui essayent, selon Les Echos, de se faire le plus acceptable possible pour l’internaute.

La question qui se pose est, selon un connaisseur cité par Les Echos, « de savoir  si certains éditeurs – des médias d’infos mais aussi des télévisions comme TF1 et Canal – ne vont pas désormais être réticents à utiliser Teads sachant qu’ils vont enrichir en données un groupe qui les concurrence frontalement par ailleurs avec ses chaînes de télé et ses journaux » – Altice ayant dans son giron BFMTV, Libération, L’Express, L’Expansion, Studio Ciné Live, SFR Sport, etc.

« La convergence des télécoms, des contenus et de la publicité est le cœur de notre business », a réaffirmé Michel Combes, PDG d’Altice. Il faut dire que l’exploitation des données pourrait s’avérer être une mine d’or pour les opérateurs télécoms qui, s’ils ont une bonne connaissance des usages de leurs clients et des habitudes de consommation, sont pour l’instant en retard dans l’utilisation de ces connaissances.   

 

Google redouble d’efforts pour reconquérir les publicitaires

Lundi 20 mars, Google a annoncé, suite aux récentes polémiques sur YouTube au Royaume-Uni, de nouvelles mesures, promettant une modération plus efficace et donnant  aux annonceurs  davantage de contrôle sur le type de vidéos et de sites sur lesquels leurs publicités apparaissent.

Après une enquête du Times publiée vendredi, révélant que des publicités s’affichaient sur des vidéos haineuses, finançant indirectement les auteurs de ces contenus, plusieurs marques de renom, telles que HSBC, Royal Bank of Scotland, Havas, la BBC et The Guardian, avait retiré leur publicités de la plateforme de vidéo en ligne. De leur côté, les opérateurs de télécommunications américains AT&T et Verizon ont annoncé le 22 mars leur décision de retirer leurs publicités de Google.

Pour Le Monde, cette prise de conscience permettra à l’entreprise américaine de limiter les dégâts, même si le risque zéro est impossible, car le fonctionnement des publicités sur YouTube et Google est automatisé.

Toujours dans le but de séduire les annonceurs, Google a choisi l’Advertising Week Europe, qui a démarré à Londres ce lundi, pour présenter de nouvelles fonctionnalités de YouTube ciblant les publicitaires : Unique Reach dans Adwords et Watch Time Reporting. Selon le géant de Mountain View, la première « permettra aux marques de connaître exactement le nombre de visiteurs uniques et le nombre moyen d’impressions par utilisateurs sur les différents supports », alors que la deuxième indiquera « le temps précis passé devant la publicité »




Search article


Découvrez...


Revue médias et synthèse : votre actualité média facile à consulter
En savoir plus