Media Week Report 26 mai


Cette semaine, coup de projecteur, dans le Media Week Report, sur l’intelligence artificielle, une révolution à laquelle Google entend bien participer. Autre mini-révolution à venir : la possibilité de consulter des plateformes comme Netflix partout en Europe. Entretemps, la politique de modération de Facebook est révélée par The Guardian…


Intelligence artificielle et réalité virtuelle, les stars de la conférence I/O de Google

  

Intelligence artificielle et réalité virtuelle ont été les deux grands thèmes de la conférence annuelle I/O de Google, une conférence pour développeurs.

Selon ZDNet, l'intelligence artificielle a en effet été présente, bien que pas toujours visible, dans chacune des annonces majeures faites par Google. Comme le souligne Charles-Édouard Bouée, président du cabinet de conseil Roland Berger, dans un entretien pour La Tribune, l’intelligence artificielle est, plus généralement, déjà présente, mais peu visible, dans nos vies – l’IA étant, comme le note Libération, déjà une réalité dans nombre de fonctionnalités offertes par Google ou Facebook.

Pour Charles-Édouard Bouée, l'intelligence artificielle est un tsunami, et la période 2016-2026 devrait être marquée par un basculement dans l'intelligence artificielle portative, intégrée dans les téléphones mobiles et dans tous les autres équipements que nous utilisons.

Même si les Gafa ne seront pas forcément, selon Charles-Édouard Bouée, les leaders de la révolution en cours, les annonces faites par Google vont dans ce sens. Comme l’a indiqué son patron Sundar Pichai : "Nous assistons à un nouveau basculement dans l'informatique : le passage de l'ère du mobile à l'ère de l'intelligence artificielle. Cela nous contraint à réinventer nos produits pour un monde qui permet une interaction plus naturelle et fluide avec la technologie" (La Tribune).

Google intégrera notamment son intelligence artificielle au mobile à travers une application iOS et Android. Google, qui n’entend pas se laisser distancer par Amazon dans le domaine des assistants personnels vocaux, déploiera ainsi Google Assistant sur iPhone et iPad. Parmi les autres annonces faites par la firme américaine, Alphabet mettra en place, pour accélérer son développement, un nouveau département transverse Google.ai qui permettra en interne, comme en externe, d'aider des projets grâce à une plateforme ouverte de services reposant sur l'intelligence artificielle (ZDNet).

Lors de cette conférence, Google a également multiplié, comme tous les géants du secteur, les annonces dans le domaine de la réalité virtuelle. Selon ZDNet, le groupe veut notamment intégrer la réalité virtuelle à ses propres applications, comme Microsoft le fait avec Windows 10 Creators Update. La réalité virtuelle sera ainsi supportée par une prochaine version de Chrome, ce navigateur devant être prochainement capable d'afficher des sites exploitant la technologie WebVR via son casque Daydream.

En France, c’est M6 qui innove, cette semaine, en matière de réalité virtuelle en lançant la première plateforme publicitaire en réalité virtuelle 360° nativement intégrée dans un service de télévision en ligne. Grâce à cette plateforme lancée par M6 Publicité et 6Play, programmer des spots en réalité virtuelle 360° devient possible sans télécharger d’application.

Les plateformes culturelles payantes bientôt accessibles, pour leurs abonnés, dans toute l’Europe

Une proposition de loi sur la portabilité numérique, vivement réclamée par les citoyens européens, vient d’être adoptée par le Parlement européen. Ainsi, les plateformes culturelles payantes telles que Netflix, Canal+, HBO Go, Amazon Prime ou encore Spotify et Deezer seront bientôt accessibles, pour leurs abonnés, partout en Europe, dès lors que ces derniers voyagent, ou résident temporairement dans un autre pays que le leur. Les plateformes proposant des contenus gratuits, comme France Télévisions ou Arte, seront pour leur part libres ou non d’autoriser l’accès à leurs contenus.

Les restrictions imposées par géoblocage seront levées à partir de 2018. « 20% des citoyens européens passent au moins dix jours par an dans un autre État membre de l’UE », a rappelé Andris Ansip, vice-président de la Commission européenne, et les règles n’étaient plus en accord avec les usages des Européens. Les droits d’auteurs variant d’un pays à l’autre, les fournisseurs seront autorisés à vérifier que leurs abonnés sont bien en déplacement temporaire.

Par ailleurs, comme le rapportent Les Echos et Le Monde, le Conseil des ministres européens de la Culture s’est mis d’accord sur une révision de la directive sur les services de médias audiovisuels, qui s’appliquera également aux grandes plateformes numériques américaines (Netflix, Facebook, Twitter, etc) et leur imposera de diffuser au moins 30 % d’œuvres européennes. Les plates-formes qui préfèrent investir dans des séries américaines plus rentables dénoncent la réforme, la qualifiant de contre-productive. Selon eux, cette réforme ne constituerait pas une manière efficace de protéger les producteurs de contenus locaux, limiterait le choix des consommateurs et fragiliserait les nouveaux modèles économiques.

La politique de modération de Facebook, entre protection et contradictions

Facebook a récemment fait l’objet de vives critiques suite à la prolifération de contenus violents diffusés sur sa plateforme. Le 21 mai, The Guardian a publié des documents internes exclusifs qui clarifient la politique de modération du géant de Mountain View, dont des manuels de formation pour les modérateurs très pointus.

Tous les sujets controversés y sont passés en revue : menaces, suicides, violence infantile. La frontière entre les contenus autorisés et interdits est pourtant floue, souligne Le Monde. Si, pour être supprimée, une menace doit être crédible –et inclure par exemple des détails tels quel une heure ou une date–, les vidéos représentant des morts violentes ne sont pas systématiquement bannies –car elles pourraient « sensibiliser » le public au suicide ou aux crimes de guerre– et la violence contre les animaux est autorisée.

D’ailleurs, comme l’admet Monika Bickert, directrice de la politique de gestion des contenus de Facebook, ces règles peuvent parfois paraître « contre-intuitives ». « Où que vous traciez la ligne, il y aura toujours des zones grises […] c’est très difficile de décider ce qui a sa place sur le site ou non », explique-t-elle dans une tribune publiée le 22 mai.

L’équipe de modérateurs de Facebook compte aujourd’hui 4 500 personnes, bientôt 7 500 – le fondateur Mark Zuckerberg a annoncé début mai 3 000 nouvelles embauches. Leur statut demeure pourtant incertain, ainsi que leurs conditions de travail et leur bien-être psychologique, compte tenu des contenus dérangeants auxquels ils sont constamment exposés.



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