Media Week Report - 27 janvier

Axios, le nouveau média d’information américain, est le protagoniste absolu de cette édition du Media Week Report, alors que Snapchat part en guerre contre les fausses informations et Bouygues envisage de proposer un kiosque presse à ses abonnés.

Media Week Report

Axios, l’enfant prodige du journalisme américain ?

Très attendu, Axios, nouveau site d’information américain récemment lancé, ne cache pas ses ambitions: révolutionner le journalisme, en termes de contenus comme de modèle économique. Rien que ça! Pourtant, les fondateurs, Jim VandeHei et Mike Allen, n’en sont pas à leur coup d’essai, car ils sont des anciens de Politico, le site culte qui a bouleversé le journalisme politique américain. Ce n’est pas par hasard que le nouveau média a déjà levé début septembre 10 millions de dollars pour ses financer auprès d’investisseurs tels que NBC news et Lerer Hippeau Ventures…

Qualifié de « rencontre entre The Economist et Twitter » par son fondateur M. VandeHei dans un entretien avec Vanity Fair, Axios – du grec ancient « digne, méritant »– est « un média haut de gamme, pensé pour les smartphones et les réseaux sociaux », explique Le Figaro. Les lecteurs pourront accéder à un flux de posts très courts, avec l’essentiel de l’information : une citation, des graphiques, une photo commentée, une liste de mots-clés. Pour approfondir, il suffit juste de « dérouler » l’article.

En misant tout sur la « concision intelligente », Axios s’adresse principalement à un lectorat très cultivé, qui n’a pas besoin de contexte. Il s’occupera en effet de sujets assez pointus : politique, santé, business et technologie.

La relation avec les réseaux sociaux est également au cœur du développement d’Axios, car il distribuera ses articles sur Facebook Instant Articles, Twitter et Snapchat.

Les Echos souligne le caractère novateur de son modèle économique. La moitié des revenus d’Axios viendra des abonnements, dont le prix devrait dépasser les 10 000 dollars par an, alors que l’autre moitié sera générée par le sponsoring et la publicité, notamment le native advertising. Le média s’est lancé dans la production de contenu de marque pour monétiser sa version gratuite : parmi ses premiers annonceurs, il revendique déjà BP, Walmart et Boeing.

D’ailleurs, Axios a frappé fort dès son lancement le 18 janvier, en publiant un entretien exclusif avec le nouveau président américain Donald Trump. Un exploit totalement inédit, car c’est la première fois qu’un chef d’État donne une entrevue à un media qui n’a pas encore publié d’articles.

Snapchat part en croisade contre les fausses informations

Snapchat aussi se lance dans la chasse aux informations trompeuses, sur fond de polémiques de plus en plus houleuses sur le manque de « fact-checking » sur les réseaux sociaux.

Le 23 janvier, l’application au petit fantôme a mis à jour ses conditions d’utilisation afin d’empêcher les éditeurs de publier sur sa plateforme Discover des images « sans valeur informative ou déplacées », explique The New York Times. Les éditeurs seront tenus de vérifier leurs contenus d’actualité ainsi que les liens vers des sites extérieurs pouvant être qualifiés de fausses informations.

De plus, en février Snapchat lancera un outil supplémentaire destiné aux éditeurs, pour empêcher les jeunes internautes de visualiser des contenus inadaptés à leur âge, rapporte CNET France. Ces mesures ont pour but de « donner les moyens à nos partenaires éditoriaux de faire leur part du travail pour que Snapchat reste une plateforme informative, factuelle, et un environnement sécurisé », a déclaré Rachel Racusen, porte-parole de Snap Inc.

Pour sa part, Europe1 souligne le jeu d’anticipation de Snapchat. Bien que le réseau n’ait jamais eu de problème avec les fausses informations, l’entreprise a préféré prendre ses précautions pour éviter les polémiques qui ont entouré Facebook dernièrement. Mieux vaut prévenir que guérir…

Bouygues prêt à lancer son offre presse

La convergence entre les medias et les télécoms se poursuit, alors que Bouygues Telecom s’apprêterait, selon Les Echos, à ajouter un kiosque presse à ses forfaits. Les Echos ne divulgue pas quels titres seront inclus dans l’offre de Bouygues mais anticipe que L’Equipe pourrait en faire partie.

L’offre est comparable à celle de SFR, l’opérateur le plus actif dans le rapprochement avec les fournisseurs de contenus. En avril dernier, la filiale d’Altice a lancé SFR Presse, qui propose aux abonnées mobile et fixe une cinquantaine de titres, dont L’Express et Libération, propriétés du groupe.

Alain Weill, patron de SFR Media confirme la forte conviction du groupe en matière de convergence. « Il n’y a pas débat », dit-t-il dans un entretien au Monde. En effet, SFR Press se porte bien et M. Weill prédit que pour certains grands titres, les kiosques digitaux seront plus vendeurs que les kiosques physiques en 2017 ; en vertu du plus grand nombre de copies distribuées. « Je crois beaucoup à la presse écrite, mais c’est compliqué parce qu’il faut inventer de nouveaux modèles », conclut-il.

 




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