Media Week Report - 28 Avril

  

Cette semaine, le Media Week Report aborde les derniers projets de Netflix et décrypte pour vous, la bataille entre groupes audiovisuels et opérateurs télécoms, pour les droits de diffusion des chaînes de télé. Il évoque également le souhait, à priori insensé, de Google de lancer son propre bloqueur de publicités.

  

Netflix veut lever un milliard d’euros


netflix

 

Afin de fidéliser et d’élargir ses abonnés, Netflix a annoncé dans un communiqué, vouloir lever un milliard d’euros pour réaliser des investissements ou des acquisitions, et pour financer l’achat de contenus.

Selon Les Echos, Netflix pourrait  être appelé, tout comme les autres plateformes de VoD, à contribuer au financement de la création audiovisuelle en Europe, et pourrait devoir proposer non plus 20% mais 30% d’œuvres européennes. Les Etats membres pourraient demander aux plateformes soit d’investir directement dans les contenus, soit de contribuer aux fonds nationaux de création, l’idée étant de rééquilibrer les choses par rapport aux télévisions, qui sont déjà tenues de réserver une majorité de leur temps d’antenne – hors information, sports, jeux et publicités – aux contenus européens.

En Chine, l’encadrement très strict par le gouvernement, des contenus culturels venus de l’étranger rend les choses difficiles. Netflix vient cependant d’y faire ses premiers pas grâce à la signature d’un accord de distribution avec la plateforme vidéo à succès IQiyi – qui revendique plus de 50 millions de vue quotidiennes.

 

Bataille autour des droits de diffusion des chaînes de télé


Depuis 2016, TF1 fait pression sur les opérateurs télécoms qui diffusent les contenus via leur box internet, pour qu’ils acceptent une hausse de leur contribution – TF1 aimerait récupérer 100 millions d’euros pour ces droits de diffusions jusqu’alors gratuits.

Le bras de fer s’est accentué lorsque TF1 a posé un ultimatum aux opérateurs (Orange, CanalSat, SFR et Free), les menaçant de les priver, à compter du 30 avril, des flux Over The Top (OTT) pour ses chaînes gratuites (TF1, TMC, NT1, HD1, LCI) – une coupure, dans un premier temps, partielle, qui ne concernerait que les interfaces web, comme les services de VOD accessibles sur PC, mobiles et tablettes, avant de concerner, dès cet été, les box et les décodeurs des opérateurs. Dans un entretien avec Les Echos, Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6, a déclaré que M6 a l’intention d’appliquer la même riposte graduée que TF1. De son côté, le groupe Canal, estimant ne pas être distribué correctement par SFR, pourrait, selon Les Echos,  ne plus être disponible dans les offres de l’opérateur – SFR se positionnant toujours davantage, en achetant des contenus, comme un concurrent frontal de Canal. 

Pour Stéphane Richard, PDG d'Orange, faire payer les opérateurs pour la diffusion des chaînes reviendrait à créer un impôt privé, ce qui, selon lui, n’est pas admissible. Couper le signal sur les box, ajoute-t-il, serait, pour TF1, comme se tirer une balle dans le pied tant l'audience est aujourd'hui massive via les offres triple-play, soulignent ZDNet et Les Echos. « Il faut être lucide sur les rapports de force. Orange, c'est 25 % de l'audience cumulée de TF1 en France », a déclaré Stéphane Richard. « Le secteur des télécoms et du câble est un des tout premiers annonceurs publicitaires chez TF1 », a-t-il ajouté.

Selon ZDNet, SFR serait sur la même ligne. Si la reprise du signal de TF1 devenait payante, les chaînes devraient s’acquitter entre autres de leur transport, aujourd’hui pris en charge par les télécoms, a indiqué Michel Paulin, patron de SFR.

D’après Le Journal du Dimanche, Free rappelle pour sa part que le groupe TF1 occupe gratuitement les fréquences TNT alors que les opérateurs ont payé 3 milliards d'euros pour ces mêmes fréquences. « La contrepartie c'est que les chaînes doivent être accessibles à tous les Français », insiste-t-on chez Free.

  

Google pourrait lancer son propre bloqueur de publicités


Google, dont la majeure partie des revenus est pourtant assurée par la publicité, pourrait bientôt lancer, selon le Wall Street Journal, son propre bloqueur de publicités, un projet pas forcément si incongru que cela.

L’adblock intégré à Chrome ne viserait que les formats publicitaires jugés intrusifs, ou envahissants, par la Coalition for Better Ads – des publicités vidéos se lançant automatiquement avec le son, des annonces couvrant tout l’écran et ne pouvant pas être fermées pendant plusieurs secondes, ou encore l’ouverture de fenêtres pop-up. Les publicités gérées par les différentes plates-formes de Google, elles, ne seraient pas visées ; les spots se déclenchant avant les vidéos de YouTube ne le seraient pas non plus.

D’après Le Monde Informatique, cette mesure permettrait à Google de savoir quelles sont les annonces publicitaires que les utilisateurs de Chrome souhaitent voir ou ne pas voir, d’avoir une meilleure connaissance de sa cible et, in fine, d’améliorer la pertinence de ses publicités.

Une nouvelle étude de Kantar Media qui porte sur les évolutions du marché de la communication sur cinq des plus grands marchés publicitaires au monde (USA, Royaume-Uni, France, Brésil, Chine), présentée à Paris le 27 avril, révèle que 20% des adultes connectés de plus de 18 ans déclarent utiliser en permanence un logiciel ad-blocker (34% déclarent l'utiliser parfois).  Parmi ces 20%, 47% se déclarent tout de même bienveillants ou neutres envers la publicité, et le sentiment général envers la publicité reste positif.

Avec cet adblock intégré à Chrome, Google viserait notamment Adblock Plus, qui revendiquait, il y un an, plus de 100 millions d’utilisateurs actifs dans le monde. L’autre objectif du géant du web serait d’imposer de nouveaux standards à l’industrie. 



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