Media Week Report - 7 juillet

Cette semaine, le Media Week Report se penche sur les initiatives prises par les médias français pour contrer le puissant binôme Facebook-Google dans la publicité ; alors que Canal + envisage de diffuser les films six mois après leur sortie dans les salles et que la BBC met le paquet pour conquérir la jeunesse face à la concurrence de Netflix.


Surpuissance Facebook-Google dans la publicité : les médias français contre-attaquent 

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Une quinzaine de médias et d’éditeurs français ont lancé une alliance, « Gravity », dans le but de partager les données qu’ils collectent sur les internautes visitant leur site Internet et concurrencer ainsi le puissant binôme Facebook-Google. Les participants incluent le Groupe Les Echos, Lagardère, SoLocal et SFR, ainsi que plusieurs titres de presse régionale - comme La Dépêche et Sud Ouest - la plateforme d’e-commerce de FNAC Darty, ou Prisma Media et Condé Nast.

Les groupes qui participent à cette opération touchent aujourd’hui quotidiennement 44% des Français, un chiffre qui montera à 50% à partir de l’automne, après l’élargissement de l’alliance. Une puissance de frappe remarquable, qui est pourtant à rivaliser au regard des reach de 60% et 70% pour Google et Facebook respectivement.

Gravity se présente comme une société par actions simplifiées détenue par les six groupes fondateurs, mais le capital est ouvert aux futurs entrants.

Si Le Figaro a décidé ne pas rejoindre Gravity, Le Monde ne s’est pas encore prononcé. En revanche, les deux groupes ont lancé le 6 juillet « Skyline », une alliance dans la publicité –mais pas dans les données–, qui permettra le partage de leurs espaces publicitaires numériques, à travers quatre formats vidéo ou entourant les pages : le « pre-roll », l’ « in-read », le « cover » et l’ « habillage ».

La toute-puissance des Gafa est un véritable casse-tête pour les éditeurs de presse, qui ont besoin d’augmenter leurs revenus en ligne, sur fond d’une plus faible distribution papier. Marc Feuilléé, directeur général du groupe Figaro, tire la sonnette d’alarme dans Le Monde : « La prise de parts de marché par les Gafa est systémique et présente une asymétrie avec les groupes médias […]. Cela prend une tournure inquiétante, même pour les groupes qui ont réussi de belles transformations digitales ».

C’est pourquoi les alternatives aux services des Gafa se multiplient, comme dans le cas d’EBX, la régie publicitaire paneuropéenne créé par TF1, ProSiebenSat et Mediaset.


Canal + souhaite diffuser des films six mois après leur sortie en salle 

Dans un entretien pour le Journal du Dimanche, Maxime Saada, directeur général de Canal +, a déclaré vouloir que sa chaîne puisse diffuser les films plus tôt après leur sortie en salle, en réclamant par ailleurs un dispositif anti-piratage efficace.

Confrontée à une hémorragie d'abonnés en France et à la concurrence croissante de Netflix et Amazon, Canal+ veut pouvoir diffuser les films six mois après leur sortie en salles, contre 10 aujourd'hui, a affirmé Maxime Saada. « Au moment où les Netflix et Amazon prennent des positions dominantes, cette mesure nous paraîtrait un geste fort », a-t-il déclaré attaquant au passage, non seulement la chronologie des médias déjà pointée du doigt par Netflix, mais également Netflix lui-même, un acteur que Maxime Saada qualifie de « moins vertueux ».

Nous voudrions que les acteurs vertueux du PAF, qui payent leurs impôts en France, qui respectent les quotas, bénéficient d'avancées notables ; et que les moins vertueux (c'est-à-dire les Netflix, iTunes, SFR...) en soient écartés, a déclaré Maxime Saada – des propos qui soulignent l’importance que prennent les acteurs américains, en France, face à Canal.


La BBC investit sur le secteur jeunesse pour contrer Netflix

La BBC, le groupe de renommée mondiale britannique, annonce dans son plan annuel 2017-2018 le renforcement de son offre média pour les enfants. Pour faire face à la concurrence de nouveaux services comme Netflix, Youtube ou Amazon Vidéo, qui proposent tous des contenus pour enfants, souvent par le biais de plateformes adaptées, la BBC a annoncé le déblocage de 39 millions d’euros pour des programmes mis à disposition des plus jeunes téléspectateurs.

La stratégie du géant britannique ? Renforcer son offre dans les canaux audiovisuels traditionnels, mais aussi et surtout en ligne. Ces contenus en ligne, innovants, prendront diverses formes, tels que des vidéos, des émissions en direct, des vlogs, des podcasts, des quiz ou même des jeux. Cette nouvelle déclinaison de la BBC destinée aux enfants s’ajoute aux chaînes existantes dédiées au jeune public.

La BBC doit rattraper son retard : Netflix propose déjà un très large catalogue de programmes pour enfants, et contient une fonctionnalité permettant de n’afficher que des contenus correspondant à l’âge de l’utilisateur, tandis que Youtube a récemment lancé Youtube Kids en France. Ces récentes évolutions ont fait perdre du terrain aux acteurs traditionnels du secteur, forcés de s’adapter aux nouvelles réalités du secteur.

 




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