Media Week Report - 9 décembre

Cette semaine, le Media Week Report se penche sur les fiançailles très prometteuses entre TF1 et MinuteBuzz, tandis que la presse continue de faire l’actu avec le lancement de la version allemande de Charlie Hebdo et le virage numérique gagnant du Financial Times.

TF1-MinuteBuzz, couple gagnant

Minute Buzz

Le rapprochement du groupe TF1 avec MinuteBuzz, scellé le 1er décembre, semble démontrer encore une fois que les opposés s’attirent.

En effet, le puissant groupe audiovisuel est désormais actionnaire majoritaire de la start-up française spécialisée dans le « brand content » et le « native advertising » sur les réseaux sociaux. Un mariage aux perspectives juteuses, dont ni la part de capital ni le montant de la transaction n’ont été révélés.

Avec cette opération, TF1 cible clairement un public très jeune, qui privilégie une consommation média depuis le mobile, au grand dam de la télé. Emarketing.fr souligne d’ailleurs qu’une nouvelle offre plus complète pour les annonceurs serait également à la clé.

« TF1 a l’ambition de consolider sa position de première content market place de France. MinuteBuzz va nous aider à renforcer notre position sur les millennials, en apportant leur expertise », a déclaré aux Echos Sylvia Tassan Toffola, directrice générale déléguée aux opérations commerciales chez TF1 Publicité.

Mais pour MinuteBuzz, qui revendique une communauté de 9 millions de jeunes et 2 milliards de vidéos vues depuis sa création en 2010 et a récemment choisi de tout miser sur la plateformisation sociale, il n’est pas question de diluer son identité.  « Nous allons rester indépendants. Ce n’est pas un rachat par TF1, mais une prise de participation…Nous allons continuer à grossir, lancer de nouvelles marques », précise dans un entretien avec le Blog du Modérateur, Maxime Barbier, fondateur du site. Il explique ensuite que ce rapprochement permettra à MinuteBuzz de créer de vraies synergies commerciales et éditoriales avec TF1. Le « pure player » va en effet lancer une marque « News », « avec l’image et les contenus de TF1, mais avec la façon de faire et l’identité MinuteBuzz ».

Le Siècle Digital rappelle que CNN avait déjà poursuivi une stratégie similaire en rachetant l’application mobile Berne.

Ich bin Charlie, le célèbre journal satirique français lancé en Allemagne

Cette Une de Charlie hebdo deviendra vraisemblablement collector, comme d’autres avant elle, mais l’originalité de celle-ci tient à ce qu’elle se lit pour la première fois en…allemand !

La caricature d’Angela Merkel qui orne ce premier numéro, bien que relativement sage selon les standards français, reste quant à elle dans le style qui a fait le succès du journal. De même pour le contenu, puisqu’à l’exception de la couverture et de la page 2, cette édition, vendue 4€, est une traduction en allemand de la version française.

Cette première édition internationale prolonge la relation particulière qui unit Charlie et l’Allemagne, c’est dans ce pays que le journal se vend le plus à l’étranger - avec 1000 exemplaires par semaine - là aussi que Gérard Briard, le rédacteur en chef, a constaté le plus grand intérêt hors de France pour « le message de fond et la libre expression » de Charlie Hedbo.

Si ce premier numéro a été tiré à 200 000 exemplaires, le succès des numéros suivants n’est pas garanti. La presse satyrique est en Allemagne un marché de niche qui compte déjà deux titres, Titanic et Eulenspiegel, s’écoulant chacun à environ 100 000 exemplaires, dont aucun des deux ne sera vraisemblablement traduit en français prochainement.

Carton du numérique sur le papier pour le Financial Times

L’annonce du Financial Times le 1er décembre est sans précédent : le célèbre journal économique aux feuilles saumon a déclaré dégager davantage de revenu avec le numérique - grâce princi­palement aux abonnements et à la publicité - qu’avec l’édition papier.

Le vénérable quotidien britannique a adopté les abonnements numériques dès 2002 et il compte aujourd'hui quelque 640 000 abonnés digitaux, soit 75% de la circulation totale du lectorat payant (843 000), une hausse d’environ 13% sur un an.

« Le "FT" est l'un des rares journaux qui a trouvé son modèle numérique », a déclaré aux Echos François Godard, du cabinet de recherche Enders Analysis. « Il arrive à conquérir du nouveau public notamment via les newsletters […] et sait très bien utiliser les réseaux sociaux, pour faire connaître la marque. Parallèlement, le "paywall" est bien utilisé ». Depuis 2014 la publicité a été supplantée par le contenu, qui représente désormais 60% des revenus du groupe. Un joli succès digital et éditorial à l’heure ou la toile fait trop souvent parler d’elle pour ses « fausses informations ». Personne ne le dit mieux que le John Ridding, le patron du FT, qui rappelle que son journal « prend la vérité au sérieux…c’est notre responsabilité, notre business ». 




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