Media Week Report - 9 juin


Tandis que les investissements publicitaires de Facebook, LinkedIn, Twitter, Snapchat et Pinterest ont continué à augmenter outre-Atlantique en 2016, en France, les pure players spécialisés se détournent d’un modèle économique peu stable uniquement basé sur les revenus publicitaires pour privilégier le modèle d’abonnement premium. Autre développement dans le viseur du Media Week Report : les lunettes de soleil connectées de Snapchat, gadget de l’été 2017 en Europe ?


La pub, enjeu majeur pour les réseaux sociaux


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118 millions de dollars. C’est le montant dépensé outre-Atlantique, en publicité, en 2016, par Facebook, LinkedIn, Twitter, Snapchat et Pinterest, selon une évaluation réalisée par Kantar Media. Un chiffre qui a plus que doublé depuis 2015, avec un investissement publicitaire multiplié par 5 pour LinkedIn (à 22 millions de dollars), alors que Facebook a lui triplé ses dépenses en pub, pour atteindre 80 millions de dollars, dont 47,5 millions à la télévision. « Facebook y a massivement investi pour promouvoir son application Live, signe de la volonté de la plateforme de faire évoluer son modèle, au-delà du simple réseau social pour devenir un média », explique Marie Dollé, responsable des contenus chez Kantar Media France au figaro.fr.

Une tendance qui ne vaut pas pour tous les réseaux sociaux : Twitter a ainsi réduit ses achats d’espace à 9,2 millions l’an passé, contre 27,8 millions en 2015. Si 2016 marque un tournant avec un recours de plus en plus important de la télévision dans les plans média de nos plateformes sociales préférées, Instagram s’est pour sa part démarquée en lançant en 2016 sa première campagne d’affichage. La filiale de Facebook a choisi pour cette première mondiale d’étaler son image sur les panneaux publicitaires parisiens. « Instagram rencontre chez nous un beau succès, notamment en termes d'engagement. La communauté française et notamment parisienne bénéficie d'une image très créative et inspirante », selon Marie Dollé.

Qu’elle représente une dépense ou une recette, la pub est un enjeu majeur pour les plateformes sociales. Le dernier achat du groupe Snap en est une nouvelle preuve : selon Les Echos du 7 juin, l’éditeur de Snapchat a racheté la start-up Placed pour 125 millions de dollars, une des plus importantes acquisitions de son histoire. Placed, qui est spécialisé dans l’analyse de l’impact des campagnes marketing mobiles sur la fréquentation des magasins physiques, devrait ainsi permettre à la plateforme au petit fantôme de perfectionner ses outils publicitaires ; dont Snap to Store, qui permet depuis quelques mois aux marques de savoir combien de personnes se sont rendues dans un magasin ou un restaurant, dans les sept jours suivant la consultation d’un « snap».

 

Les pure players spécialisés français passent au modèle payant


Tandis que le duopole Facebook-Google a capté l’intégralité des 237 millions d’euros d’investissements supplémentaires réalisés dans la publicité en ligne en 2016, les revenus publicitaires captés par les médias en ligne français ont régressé de 3% en 2016, selon l’Observatoire de l-e-pub.

Pour les pure players spécialisés français, reposer uniquement sur les revenus publicitaires est  une stratégie des plus risquées, et la gratuité ne paye plus, nous dit Le Figaro. Les sites spécialisés français se tournent donc vers un modèle d’abonnement premium, un tournant déjà entamé par les sites d’information généralistes. La grande majorité des nouveaux pure players, comme Les Jours ou BoxSons, ont en effet opté pour un modèle économique basé sur l’abonnement.

« Notre secteur vit à l' avance ce qui risque d'arriver au reste des médias en ligne », affirme David Legrand, directeur des rédactions chez Inpact. « L'abonnement, c'est la stabilité. Nous préférons dépendre de nos lecteurs plutôt que des soubresauts du marché publicitaire », ajoute-t-il alors que le site high-tech Next-Inpact vient de renforcer sa zone payante.

Toujours d’après Le Figaro, la tendance est globale. Selon le Reuters Institute, 66% des sites de quotidiens européens ont intégré une zone premium, avec un prix moyen de 13 euros. Dernier exemple en date cité par 409495, L’Opinion propose à ses abonnés, depuis le 6 juin, d’accéder aux contenus du WSJ – l’agence financière américaine Dow Jones étant entrée dans le capital de L’Opinion fin 2015.

 

Snapchat lance ses lunettes connectées en Europe


Ce sera peut-être le gadget à la mode de l’été 2017 : les lunettes de soleil Spectacles de Snapchat, qui en plus de filtrer les rayons solaires présentent la particularité d’être équipées d’une caméra à 115 degrés, connectées au smartphone de leurs porteurs. D’une pression du doigt sur la branche, la lunette filme des vidéos de 10 à 30 secondes, qui sont ensuite téléchargées dans l’application Snapchat et prêtes à être partagées.

Lancées cette semaine en Europe, ces lunettes connectées avaient créé le buzz lors de leur lancement en novembre dernier aux Etats-Unis, notamment en Californie où des queues s’étaient formées devant les distributeurs. Pour savoir si ce produit suscite le même engouement en France, rendez-vous à proximité de la Tour Eiffel où le distributeur est installé depuis quelques jours. Les Spectacles sont également disponibles dans d’autres grandes villes d’Europe (Berlin, Barcelone, Venise ou Londres) ou sur la boutique en ligne au prix de 149,99€.

Aux US, le succès est pour le moment mitigé, avec 96,000 unités écoulées depuis novembre qui ne génèrent que 0,1% des snaps partagés chaque jour. Mais l’’intérêt du déploiement de cet objet pour Snap, la maison mère de Snapchat, va au-delà des objectifs de vente : les Spectacles représentent un excellent produit marketing et placent un peu plus l’entreprise sur le créneau de la vente de produits Tech. Il se murmure en effet qu’après les lunettes, Snapchat pourrait prochainement commercialiser des drones




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