Social Week Report - 03 Juillet

Cette semaine, l’arc-en-ciel est partout sur vos réseaux, de Twitter à Instagram, en passant par YouTube. Analyse complète de ce déferlement gay-friendly dans le Social Week Report. En bonus, on parle de la succession à la tête de Twitter et des défis pour le moins complexes qui attendent le futur PDG.

LES RÉSEAUX FÊTENT LE MARIAGE HOMOSEXUEL

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Socionautes avertis ou Twittos occasionnels, ça n’a pas pu vous échapper : les arcs-en-ciel ont envahi vos fils d’actualité cette semaine. Pour fêter la décision de la Cour Suprême américaine de reconnaître le mariage homosexuel dans les cinquante États du pays, les réseaux sociaux ont clairement affiché la couleur, au travers de plusieurs initiatives très relayées.

TweetObamaTwitter a permis à ses utilisateurs de faire figurer un cœur aux couleurs de l’arc-en-ciel en incluant le hashtag #LoveWins. De nombreuses célébrités, dont Barack Obama, ont ainsi salué la décision historique de la plus haute instance judiciaire des États-Unis. Sur YouTube, c’est le hashtag #ProudToLove qui a fait sensation, avec ses nombreuses vidéos de coming out mises en ligne. Sur Instagram, ce sont des gâteaux chamarrés, appelés rainbow cakes, qui ont fait un malheur. Au total, rapporte Time, près de 35 millions de personnes ont célébré à leur manière la Gay Pride le weekend dernier en postant sur le réseau d’images des photos directement liées à l’événement.

3Facebook s’est également démarqué en proposant à ses utilisateurs un filtre spécial destiné aux photos de profil. Résultat : votre selfie d’ordinaire un peu ennuyeux devient en deux clics gay-friendly, paré du rainbow flag associé à la communauté gay, bisexuelle et transgenre (LGBT). Le filtre, disponible sur la page Celebrate Pride du réseau social, a fait rapidement des émules et les photos arc-en-ciel se sont multipliées depuis le weekend dernier, alors que la Gay Pride se tenait dans de nombreuses villes à travers le monde. Près de 26 millions d’utilisateurs l’ont déjà utilisé et les photos customisées ont cumulé un impressionnant demi-milliard de like ou de commentaires. L’idée, initialement proposée par deux stagiaires de Facebook, a été testée puis largement plébiscitée par le personnel de l’entreprise, avant d’être mise à disposition de tous les utilisateurs dans la foulée.

CelebrateprideCette initiative aura-t-elle le pouvoir de réconcilier la communauté LGBT avec Facebook ? Pas tout à fait. Des activistes défilant à l’occasion de la San Francisco Pride n’ont pas manqué de rappeler, via le slogan explicite Shame on Facebook, qu’ils ne partageaient pas les valeurs de l’entreprise, pourtant sponsor de l’événement. Il faut dire que malgré des déclarations d’intention répétées et un sens aigu de la com’, Facebook, comme certaines de ses consœurs de la Silicon Valley, n’est toujours pas au point question diversité. L’entreprise a dévoilé, en fin de semaine dernière, son rapport interne sur la question et les chiffres sont éloquents : 68% des employés sont des hommes, une proportion qui monte jusqu’à 77% dans les postes à haute responsabilité. Pas mieux chez Twitter, où seuls 49 employés aux États-Unis – sur 3 000 environ – sont Afro-Américains.

ShameonfbIl en faudra vraisemblablement plus pour faire renaître l’amour entre Facebook et la communauté LGBT, toujours en délicatesse sur la question du « nom authentique » requis pour s’inscrire sur le réseau. D’autant que la vraie utilité du filtre événementiel est déjà remise en question par certains médias américains, qui y voient un moyen pour l’entreprise de récolter toujours plus d’informations sur les préférences et comportements – et pas seulement sexuels – de ses utilisateurs. Au-delà des théories un brin conspirationnistes, des sociologues cités par The Independent invitent à ne pas sous-estimer le potentiel d’influence de telles initiatives sur les socionautes.

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Qui veut la place de Dick Costolo ?Dick Costolo

Dick Costolo, qui quittait ses fonctions à la tête de Twitter cette semaine, ne risque pas de faciliter le processus de recrutement de son successeur ! Dans un entretien accordé au Guardian, ce dernier n’y va pas par quatre chemins : depuis l’introduction en Bourse de Twitter, la pression des financiers de Wall Street sur le top management est forte, voire très forte, et le futur PDG devra s’y plier s’il veut rester en poste. En cause, le calendrier implacable de Wall Street et des comptes à rendre tous les trimestres. Un rythme effréné qui laisse donc peu de place aux stratégies de long terme, estime l’ancien dirigeant. Comme si ce n’était pas assez intimidant, il ajoute que le nouveau PDG de Twitter devra également faire face à une équation géopolitique complexe, alors que le site de microblogging est devenu un instrument de propagande privilégié dans certains pays du monde. Autre grand défi pour le futur boss de Twitter, les réglementations visant les réseaux sociaux, qui se multiplient, notamment en Europe. « Je dirais sans détour que la réglementation est une menace à la liberté d’expression », affirme-t-il ainsi dans cet entretien publié le dernier jour de son mandat à la tête de Twitter. Le nom de son successeur n’est toujours pas connu.





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