Social Week Report - 06 Mars

Le réseau social de Google va-t-il renaître de ses cendres ? On vous explique tout cette semaine dans le Social Week Report ! On parle aussi des résultats de YouTube, de l’offensive de Twitter contre les pirates du web, et d’une course poursuite très suivie sur les réseaux.

GOOGLE+ EST MORT, VIVE GOOGLE+ !

La guerre des réseaux sociaux a fait une victime cette semaine. C’est en tout cas ce que certains médias claironnent, suite aux divers revirements stratégiques annoncés par Google+, le réseau social de Google, lancé en 2011. Ce qui est certain, c’est que Google+ sera bien démantelé en plusieurs branches : le fil d’actualité (Streams) et le service d’édition et d’hébergement photos (Photos) ne feront plus partie intégrante de Google+ et seront proposés comme des produits à part entière. Hangouts, l’outil de conversation en direct, qui permet de discuter par écrit, de vive voix et en vidéo, devrait aussi prendre son indépendance.

Le Monde raconte par le menu l’histoire compliquée de Google+, que la maison mère a tenté, sans succès, d’imposer via des synergies avec Gmail, le système d’exploitation mobile Android et YouTube. Du coup, les données concernant le réseau s’inscrivaient en trompe-l’œil : quand le nombre d’utilisateurs inscrits faisait un bond (500 millions à fin 2013 tout de même), les doutes subsistaient quant aux nombre d’utilisateurs actifs, tandis que les pages de Google+ apparaissaient désespérément vides. La faute à la forte concurrence dans le secteur, bien sûr, mais aussi à un positionnement jugé peu clair. Google+ s'est en effet toujours présenté comme un produit alternatif, différent de Facebook ou de Twitter et refusant l’appellation de « réseau social ». D’après la terminologie de l’entreprise américaine, Google+ devait être considéré comme un « Google 2.0 », une sorte de hub qui rassemblerait tous les services de Google. Résultat sans appel pour Le Monde : « personne n’y comprend rien » !

Mais il est peut-être un peu tôt pour jeter le bébé avec l’eau du bain. D’après certains médias spécialisés américains, on peut s’attendre une belle surprise de la part de Google, dont la capacité de rebond et d’optimisation n’est plus à démontrer.

ZÉRO POINTÉ POUR YOUTUBE EN 2014

Dans vos rêves les plus fous, vous vous voyez bien hériter par magie de l’empire YouTube ? Et bien, sachez-le, la plateforme de vidéos en ligne qui attire plus d’un milliard d’internautes chaque mois ne rapporte pas un centime à son propriétaire, Google.

D’après le Wall Street Journal, la division de vidéo en ligne a bien déclaré un chiffre d’affaires en hausse en 2014 (4 milliards de dollars contre 3 milliards l’année précédente), mais alors que YouTube représentait environ 6% des ventes annuelles de Google en 2013, il n’a pas contribué aux bénéfices cette fois ci. En cause, des coûts de fonctionnement élevés et une audience trop axée sur les adolescents et les jeunes, qui peinerait à séduire les annonceurs. YouTube serait en réalité tout juste à l’équilibre, selon des sources bien informées.

Le journal américain explique que la faiblesse de YouTube réside dans l’utilisation qu’en font ses utilisateurs : les contenus hébergés sont surtout vus par les internautes grâce à des liens Internet externes au lieu d’être visités en accédant directement depuis la page d’accueil du site, de manière régulière. Du coup, YouTube peine à vendre des publicités aux tarifs premium. Sans parler de la nouvelle concurrence en provenance de Facebook et autres réseaux sociaux, qui ont fait de la vidéo un axe de développement prioritaire.

Alors, YouTube est-il viable ? Oui, à en croire le professeur Frédéric Fréry (ESCP Europe), qui nous explique que YouTube s’intègre parfaitement dans la stratégie de « profilage » de Google. Grâce à nos clics, l’entreprise en apprend toujours plus sur nos goûts et nos comportements, et est en mesure de proposer aux annonceurs un ciblage précis pour leurs publicités. C’est peut-être gratuit, mais du coup, c’est vous le produit !

ON EN PARLE AUSSI

Twitter fait la guerre aux pirates et aux faux comptes

Le grand ménage dans les comptes Twitter va continuer cette année. L’entreprise a annoncé sur son blog vouloir intensifier ses efforts pour lutter contre les faux comptes et les piratages. Dernièrement, le piratage du compte Twitter du Monde par l’Armée électronique syrienne avait fait les gros titres, de même que celui du commandement central de l’armée américaine par un groupe se réclamant de l’État islamique. Face à ces scandales à répétition, Twitter va donc sortir l’artillerie lourde, en triplant les effectifs dédiés, mais aussi en mettant en place de nouveaux outils, qui devraient permettre au site de microblogging de mieux identifier les pratiques abusives de certains utilisateurs. L’annonce de Twitter n’est pas vraiment une surprise et fait directement écho aux propos très explicites de Dick Costolo sur le sujet. « We suck at dealing with abuse », avait écrit le PDG dans une note interne diffusée par les médias américains. Une guerre virtuelle qui semble prendre un tour bien concret, puisqu’un porte-parole du groupe révèle cette semaine l’existence des menaces de mort contre le réseau et son co-fondateur, Jack Dorsey, proférées par des utilisateurs de Twitter proches de l’État islamiste.

Les réseaux s’enflamment… pour des lamas en fuite

On le dit souvent, Twitter est LE réseau social à privilégier pour le suivi en temps réel de l’actualité. La semaine dernière aux États-Unis, cette réputation ne s’est pas démentie, alors que la police de Phoenix (Arizona) se lançait dans une course poursuite un peu spéciale… avec des lamas. Ces deux lamas, l’un noir, l’autre blanc, ont réussi à s’échapper de la remorque d’un camion qui les transportait, et ont fait le bonheur des téléspectateurs et des socionautes, en déjouant à plusieurs reprises les efforts des nombreux hommes lancés à leurs trousses. Il n’en fallait pas plus à la twittosphère pour s’emballer, aux détournements pour y fleurir et aux hashtags #whitellama, #llama, #teamllama ou #llamadrama pour se hisser parmi les tops du jour. Presque aussi réactifs que les camélidés fugueurs, les community managers de certains grands groupes en ont profité pour s’illustrer. Google Play a lancé dans la foulée un jeu intitulé « Llama Run » (La course du Lama), et Disney a immédiatement tweeté une photo du lama Kuzco, accompagné du titre « Llama drama ».




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