Media Week Report - 11 août

Cette semaine, le Media Week Report vous dit tout sur les ambitions de Disney dans le monde des vidéos à la demande, tandis que Netflix s’aventure, avec la première acquisition de son histoire, sur les terres des comics. Au menu également, les démêlés de Vivendi en Italie et des rumeurs Outre-Atlantique évoquant la tentative, par Google, début 2016, de racheter Snapchat pour 30 milliards de dollars

Disney-Netflix: la guerre des contenus aura-t-elle lieu ?

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans l’univers médiatique : mardi 8 août, Disney a annoncé qu’il mettrait un terme au partenariat qui le lie à Netflix jusqu’au 2018 et qu’il lancerait à la place un service concurrent. Cette offre, qui reposerait sur le riche catalogue de films et de séries de Disney, sera déployée en 2019, d’abord aux États-Unis et après peut-être à l’international. Le prix du futur abonnement n’a pas encore été dévoilé.

Ce nouveau portail permettra aux utilisateurs d’accéder aux innombrables contenus Disney : les nouveaux long-métrages, juste après leur sortie en DVD, les anciens films, les créations du studio Pixar et les séries et dessins animés produits par les chaînes de télévision du groupe. L’entreprise envisage même d’investir dans la réalisation de contenus exclusifs destinés à cette plateforme. Disney a déclaré ne pas avoir pris de décisions sur les films de Marvel et de Lucasfilm (la saga de Star Wars).

Le Figaro explique que cette opération représente pour le géant américain un « revirement stratégique », car Disney serait ainsi amené à changer de modèle économique en supprimant tout intermédiaire. Une hypothèse que Bob Iger, directeur général du groupe, semble confirmer : « le paysage audiovisuel repose de plus en plus sur des relations directes entre les créateurs de contenus et les consommateurs ».

De son côté, Le Monde s’interroge sur l’impact de ce choix sur Netflix, dont le cours a plongé de 2,6% mardi soir, après la fermeture du Nasdaq. La société semble avoir encore plusieurs cordes à son arc grâce à la production de contenus exclusifs et semblerait avoir « anticipé » la décision de son désormais ex-partenaire avec l’acquisition de l’éditeur de comics Millarworld (voir ci-dessous). Reste à savoir si d’autres studios vont imiter Disney et quitter le navire Netflix…

D’ailleurs, la future offre streaming de Disney ne se limitera pas aux programmes de divertissement : M. Iger a également annoncé le lancement d’un service streaming consacré aux sports dès début 2018, sur fond de crise de ses chaînes sportives ESPN.  Cette nouvelle offre permettra aux internautes de s’abonner à des flux spécifiques en fonction du sport préféré : baseball, football, etc.

Pour la première acquisition de son histoire, Netflix met la main sur l’éditeur de comics Millarworld

Netflix a annoncé avoir acheté, pour un montant non précisé, Millarworld, la société d’édition du scénariste britannique Mark Millar – dont plusieurs BD (« Kick-Ass », « Kingsman »...) ont déjà été adaptées sur grand écran. Pour la première acquisition de son histoire, Netflix s’aventure ainsi sur les terres des comics.

« Netflix et Millar vont, ensemble, adapter en films, séries et séries pour enfants les personnages des séries de Millarworld, populaires auprès de la critique et des fans », a déclaré Netflix dans un communiqué.

Après l'acquisition de DC Comics (Batman) par Warner Bros en 1969 et celle de Marvel (les Avengers) par Disney en 2009, c’est la troisième acquisition, par un géant de l'entertainment, d’un acteur du marché des comics, précise Le Figaro. « Ce n’est que la troisième fois dans l’histoire qu’une vente de maison d’édition de comics de cette échelle a lieu», ajoute Mark Millar.

Vivendi dément contrôler Telecom Italia

Sommé par la Consob, l’autorité italienne des marchés financiers, de dire lundi 7 août s’il contrôlait ou non Telecom Italia, Vivendi a déclaré dans un communiqué ne considérer exercer aucun contrôle de fait sur l’opérateur italien. Pour Vivendi, sa participation de 23,8% au capital de l'opérateur italien n'est « pas suffisante pour lui permettre d'exercer de manière stable une influence dominante » lors des assemblées générales des actionnaires.

Le groupe de Vincent Bolloré a ainsi démenti avoir pris le contrôle de Telecom Italia, ce que le gouvernement Italien aurait pourtant voulu lui faire admettre.

Selon Les Echos, pèse également sur Vivendi la menace d’une amende de 540 millions d’euros que pourrait lui infliger l’Agcom – autorité de tutelle du secteur des communications – qui exige toujours que Vivendi ramène sa participation dans Telecom Italia ou Mediaset sous le seuil des 10%, afin de ne pas enfreindre la loi sur les concentrations dans l’audiovisuel.

Google aurait proposé, début 2016, 30 milliards de dollars pour racheter Snapchat

Selon Business Insider, Google aurait proposé, début 2016, 30 milliards de dollars pour acquérir Snap Inc. C’est en tout cas ce qu’ont indiqué trois personnes, issues de l’entreprise ou proches de l’entreprise, l’une d’entre elle évoquant un « secret de Polichinelle ». Les négociations auraient eu lieu juste avant l’introduction en bourse de Snap, mais le caractère officiel des discussions que les sources disent avoir entendues reste incertain.

Google a décliné tout commentaire au sujet de ce qui reste pour l’instant au stade de rumeurs, que Snap qualifie pour sa part, pour TechCrunch, de « fausses ».

Selon les informations de Bloomberg, Google pourrait par ailleurs s’inspirer de la fonction Discover de Snapchat pour lancer un nouveau format d’actualités sur mobiles de style magazine mêlant textes, images et vidéos. Discover, une fonctionnalité de Snapchat dans laquelle Facebook a déjà pioché, permet aux éditeurs de poster du contenu sous un format natif, mobile, mélangeant images, textes et vidéos. Avec une telle fonctionnalité à la Snapchat, Google pourrait recevoir davantage d’engagement de la part des adolescents et des jeunes adultes. 



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