Social Week Report - 12 août

Cette semaine, on évoque les promesses du nouvel algorithme de Facebook, qui devrait nettoyer vos fils d’actualité. Le Social Week Report dresse aussi un premier bilan de l’offre payante de YouTube et vous explique pourquoi Tinder pourrait (ou pas) devenir un vrai réseau social.

Social Week Report 12 aout

FACEBOOK GARDE LE SENS DE L’(ALGO)RITHME…

Décidément, Facebook ne laisse jamais le temps de s’ennuyer ! Au cœur de l’été, le géant de Menlo Park a annoncé un nouveau changement de son algorithme, dans le but de lutter plus efficacement contre « les contenus attrape-clic » (clickbait), dont regorgent les fils d’actualité.

Mission impossible ? Pas pour l’entreprise californienne. Une équipe de Facebook a analysé des milliers de titres pour détecter les tournures de phrases les plus utilisées et ainsi créer des modèles capables de reconnaître la pratique du clickbait. Les pages ou les sites fréquemment « coupables » seront pénalisés et ne seront plus visibles pour les utilisateurs.

Reste à savoir si cet énième changement produira les résultats escomptés. En effet, les sites spécialisés pourraient s’adapter pour tromper l’algorithme, compromettant en partie les efforts de la firme de Mark Zuckerberg. De son côté, Le Monde souligne que ce changement d’algorithme est une « démonstration supplémentaire » de l’influence de Facebook sur les contenus proposés par les sites.

Le nouvel algorithme se concentrant désormais sur la syntaxe des textes publiés, cela pourrait également poser un problème plus crucial : et si la plateforme décidait d’écarter les titres avec des questions jugés trop elliptiques ou anxiogènes ?

Adam Mosseri, le vice-président de Facebook en charge des produits, tente d’écarter ces inquiétudes légitimes. Dans un entretien à TechCrunch, il explique que « si vous postez cinquante fois par jour et qu’il y a un piège à clic parmi tous les articles, cela ne devrait pas avoir d’effet sur vous », alors que « si vous êtes un spammeur et que vous faites du clickbait toute la journée, cela affectera sérieusement votre trafic ». 

Généreux, Facebook serait même prêt à partager ses bonnes pratiques en la matière avec d’autres entreprises qui souhaitent lutter contre le fâcheux clickbait.

…ET LANCE UNE OFFENSIVE CONTRE LES BLOQUEURS DE PUB

Dans le même temps, Facebook continue à défendre sa poule aux œufs d’or, à savoir les revenus publicitaires. L’entreprise vient de faire savoir que ses publicités s’afficheront même si les bloqueurs de publicité sont activés. À cet effet, l’entreprise a changé l’HTML de ses contenus publicitaires, pour que les logiciels ne les distinguent pas des autres types de contenus.

Les internautes désireux d’éviter les annonces publicitaires en ligne seront donc obligés de continuer de les voir sur Facebook, du moins sur leur ordinateur. Adblock Plus, un des principaux acteurs du secteur, a vivement critiqué cette initiative, la jugeant « anti-utilisateur ». 

La publicité sur desktop représente encore une source de revenus importante pour Facebook, avec 1 milliard de dollars engrangé rien que pendant le dernier trimestre ! De plus, comme le souligne TechCrunch, l’entreprise est en mesure de proposer un service 100% gratuit grâce à ces mêmes revenus publicitaires, tout comme des éditeurs tels que le New York Times, Forbes et Wired, qui sont, eux aussi, vent debout contre les bloqueurs de publicité.

Toutefois, le réseau social a promis que les internautes auraient désormais plus de contrôle sur ce qui apparaît sur leur fil d’actualité, notamment à travers le menu « préférences publicitaires ». Recode anticipe toutefois que la plupart des utilisateurs n’auront ni le temps, ni l’envie de les personnaliser.

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YouTube va investir pour créer plus de contenus originaux

Cela fait maintenant 10 mois que YouTube a lancé son offre payante, « YouTube Red ». Et les premiers retours sont très positifs, à en croire Susanne Daniels, à la tête des contenus de la plateforme vidéo. Tant et si bien que le groupe va renforcer son offre à grands coups de dollars. Le but ? Proposer toujours plus de contenus originaux de nature à attirer ces précieux abonnés, qui, contrairement aux autres utilisateurs, s’acquittent de près de 10 dollars chaque mois pour accéder à des chaînes exclusives et à un contenu premium. Les premiers bénéficiaires de ce nouvel investissement seront sans conteste les vlogueurs stars de la plateforme, qui demeurent les têtes de gondole de l’offre. Mais YouTube voit encore plus grand et veut attirer dans ses filets la crème d’Hollywood. Pas moins de 10 séries originales ont déjà été produites pour les abonnés de « Red », dont certaines avec la participation de grands noms de l’industrie américaine du film. Et YouTube ne compte pas s’arrêter là. Côté chiffres, l’entreprise se fait moins diserte. Selon Mme Daniels, le pilote d’une série diffusée sur une chaîne payante de l’offre « Red » aurait attiré jusqu’à 4 millions de curieux. Mais la méthode « maison » utilisée pour mesurer l’audience sur YouTube fait débat, car la plateforme ne s’applique pas les standards des chaînes de télévision traditionnelles et considère une vidéo comme visionnée après (seulement) 2 secondes de lecture.

Tinder peut-il devenir un réseau social ?

Tinder, l’application de dating à la réputation sulfureuse, fait parler d’elle cette semaine, à la faveur du lancement d’une nouvelle fonctionnalité accompagnée d’une campagne de communication bien orchestrée. Tinder nous présente ainsi « Tinder Social », qui permet d’organiser des rencontres à plusieurs autour d’un événement. Pour Challenges, pas de doute, Tinder se rêve déjà un destin à la Facebook. Il faut dire que le succès de l’application ne se dément pas depuis son lancement en 2012, Tinder revendiquant la place de leader sur le marché avec plus de 100 millions de téléchargements dans le monde. Mais cette initiative peut-elle transformer l’application en authentique réseau social ? « C’est une démarche hyper business pour positionner Tinder comme un vrai réseau social », confirme Eric Briones, directeur du planning stratégique de Publicis et Nous. Mais l’analyste reste très mesuré quant au potentiel de cette offensive sur le terrain du social. D’une part, le marché est déjà ultra-concurrentiel ; d’autre part, Tinder est clairement positionné sur la rencontre amoureuse plutôt qu’amicale. Dans ce contexte, un tel changement de braquet paraît très délicat. D’autant que, mauvaise réputation oblige, certains estiment déjà que « Tinder Social » encourage surtout l’échangisme et le libertinage.



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