Social Week Report - 15 avril

Cannabis et réseaux sociaux font-ils bon ménage ? Sûrement pas en France mais peut-être aux États-Unis ! Le Social Week Report met à la une le « Facebook du cannabis », 100% made in USA. On décrypte aussi la stratégie de communication du nouveau président argentin, les promesses des robots intelligents de Facebook et la dernière controverse impliquant les YouTubeurs français.

LE FACEBOOK DU CANNABIS VOIT GRAND A WALL STREET

massroots

Alors qu’en France, le débat sur la dépénalisation du cannabis a été relancé cette semaine, un réseau social made in America est loin de se poser les mêmes questions existentielles. MassRoots, surnommé par Les Échos le « Facebook sur cannabis », envisage une entrée prochaine à Wall Street et a déposé un dossier officiel auprès de l’autorité des marchés financiers américaine pour être coté sur le Nasdaq et lever jusqu’à 6,5 millions de dollars. 

MassRoots, start-up née en 2013, est parfaitement inimaginable en France. Mais aux États-Unis, où plusieurs États autorisent déjà le recours thérapeutique et/ou récréatif au THC, MassRoots avance à visage découvert. Le site ne produit pas de marijuana, et assure ne pas en vendre non plus. Mais ses utilisateurs sont invités à partager sur le web « leurs expériences sur le cannabis, suivre leurs distributeurs favoris et se tenir informés du processus de légalisation ». 

Côté finances, MassRoots avance de solides arguments. Le business de la marijuana est en plein essor : en 2015, les ventes légales de cannabis ont atteint 5,4 milliards de dollars, soit une hausse annuelle de 17%. S’appuyant sur cette dynamique, MassRoots estime que les ventes de cannabis autorisées pourraient bondir à 10,2 milliards en 2018. 

De quoi encourager les investisseurs à miser sur MassRoots et sa communauté de 775 000 utilisateurs. En effet, comme tout réseau social qui se respecte, MassRoots est en mesure de déterminer les habitudes de consommation de ses utilisateurs, ce qui pourrait intéresser les nombreux revendeurs ayant pignon sur rue chez l’oncle Sam. 

Toutefois, le cannabis demeurant illégal au niveau fédéral, le Nasdaq pourrait bien décider de passer son tour pour éviter toute controverse. Et tant pis pour ce marché publicitaire de niche si prometteur… 

MAURICIO MACRI : LE NOUVEL OBAMA ?


Un copycat 2.0 de Barack Obama sévit sur le continent sud-américain, et ça n’a pas échappé aux plus fins observateurs. Mauricio Macri, président argentin depuis décembre 2015, a fait de sa présence sur les réseaux sociaux un véritable atout, qui aurait même été décisif dans sa campagne électorale. 

Déjà présent sur Twitter (2,83 millions d’abonnés), Facebook (4 millions de fans) et Instagram (630 000 abonnés), il vient d'ouvrir un compte sur Snapchat, la dernière frontière des politiques en matière de communication. Une équipe d’une quarantaine de personnes serait en charge d’animer la vie digitale du président. 

Sa femme, Juliana Awada, est partie intégrante de ce dispositif, et compte plus de 480 000 abonnés sur son compte Instagram. Difficile de ne pas imaginer que cette communication en phase avec l’air du temps ne s’inspire pas directement de la stratégie exécutée avec brio par les Obama. Le compte de la Première dame argentine regorge d’ailleurs de clichés très glamour pris à l’occasion de la récente visite en Argentine du couple présidentiel américain. 

Mais voilà, comme le souligne RFI, cette surexposition du couple présidentiel argentin sur les réseaux sociaux n'est pas du goût de tout le monde. Certains dénoncent une façade dorée qui permet de se détourner des vrais problèmes. Alors que Mauricio Macri était cité dans le scandale des Panama Papers la semaine dernière, un certain agacement a commencé à poindre sur la toile, les internautes ironisant sur sa capacité à prendre la pose plutôt qu’à redresser le pays.

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Les  bots de Facebook seront-ils assez rapides ?

On vous l’annonçait il y a quinze jours, Mark Zuckerberg l’a bien officialisé cette semaine lors de la conférence F8 organisée par Facebook : les « Bots » débarquent sur Messenger, l’application de messagerie du réseau social. Mais certains observateurs font déjà la fine bouche : et si les « Bots » s’avéraient en fait inopérants par trop de lenteur ? Le dirigeant de Messenger, David Marcus, a bien fait une démonstration sur scène pour démontrer l’intérêt d’un « bot » météo. Mais selon The Verge, ce « bot » peut mettre jusqu’à une heure pour répondre à une simple demande de votre part… Pas très utile donc, quand on sait le temps que prend la consultation d’une appli ou d’un site dédié. Même déception du côté du « bot » du Wall Street Journal, qui aurait pris pas moins de 4 minutes pour répondre à une requête du journaliste sur l’actualité du jour. Si ces délais ne sont pas raccourcis, il est clair que le « chatbot » ne pourra pas remplacer le moteur de recherche classique, bien plus réactif. Mais le vrai point fort est en fait à chercher du côté de l’automatisation et de la personnalisation, avec la promesse d’un « bot » qui s’adapte à vos habitudes et qui vous envoit, par exemple, un bulletin météo tous les jours à 7h30, sans que vous ayez besoin de le lui demander.

Le pactole des YouTubeurs français choque

Actualité oblige, les médias sont à l’affût en matière d’optimisation fiscale. Cette semaine, ce sont les stars de YouTube Squeezie (le roi des tests de jeux vidéo), Norman (humoriste) et Cyprien (un mélange des deux) qui en font les frais. La polémique monte suite aux révélations de BFM TV sur la toute nouvelle fortune des trois jeunes hommes, devenus d’authentiques millionnaires à la faveur du rachat, pour 25 millions d’euros, d’une entreprise dont ils étaient actionnaires et d’un montage fiscal bien ficelé. En tout et pour tout, Cyprien aurait empoché 6,6 millions d’euros, contre 4 millions pour Squeezie et 2,2 millions pour Norman. Une affaire en or quand on sait que les trois vlogeurs n'y avaient respectivement investi que 3 900 euros, 3 000 et 1 000 euros. Rien d’illégal pour autant, mais BFM TV précise que les trois compères, sans doute bien conseillés, avaient pris soin de transférer leurs actions dans des sociétés leur appartenant. Résultat : l’impôt sur la plus-value qui aurait pu se chiffrer en millions, disparaît, à condition, tout de même, que l’argent soit pour partie réinvesti rapidement. Des opérations complexes qui n’ont pourtant rien d’exceptionnel dans le milieu de la finance, mais qui font grincer des dents en plein scandale des Panama Papers.





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