Social Week Report - 15 juillet

Cette semaine, des utilisateurs de Snapchat demandent des comptes à l’application, critiquée pour des contenus jugés choquants. On parle aussi de l’Euro 2016 et des gagnants sur les réseaux sociaux, de YouTube qui ne se fait pas que des amis dans la musique et de Twitter, qui sera au centre des Conventions nationales aux États-Unis.

SNAPCHAT ATTAQUÉ EN JUSTICE SUR SES CONTENUS

snapchat

Les réseaux sociaux sont-ils pleinement responsables des contenus postés par les utilisateurs et les éditeurs ? Cette semaine, cette question cruciale se pose directement à Snapchat. Pour le réseau au petit fantôme, la problématique naît d’une plainte déposée en recours collectif aux États-Unis.

Les plaignants estiment que le contenu de nombreux articles présents sur la plateforme « Discover » n’est pas adapté au public de Snapchat, bien souvent très jeune. Sont incriminés de multiples contenus aux titres explicites publiés par les médias partenaires comme Vice, BuzzFeed ou encore Cosmopolitan. Parmi les posts les plus emblématiques, la plainte cite un article de BuzzFeed détournant certains des personnages les plus célèbres de la galaxie Disney dans un article à caractère franchement sexuel.

La défense de Snapchat ? « Nos partenaires de Discover jouissent d’une indépendance éditoriale, ce que nous soutenons ». Mais voilà, les plaignants demandent que Snapchat mettent en place davantage de garde-fous, parmi lesquels une option de contrôle parental ainsi qu’une mise en garde contre les contenus potentiellement choquants pour les plus jeunes de ses 150 millions d’utilisateurs.

Il en faudra certainement plus pour détourner les annonceurs de l’application à succès. En effet, selon le magazine spécialisé Adweek, les marques dépensent sans compter pour voir leurs filtres sponsorisés apparaître sur la plateforme. Depuis le début de l’année, les studios Sony Pictures, Universal Studios et Pixar ont eu recours à ce type de campagne événementielle pour promouvoir la sortie de leurs derniers opus. Les filtres sont également populaires auprès des marques cosmétiques, dont L’Oréal, Urban Decay et Benefit.

Un engouement qui fait flamber les prix : ainsi, un filtre disponible 24 heures sur Snapchat se monnaierait 600 000 dollars, pour grimper jusqu’à 750 000 dollars pendant les périodes à fort potentiel (jour ferié, événement sportif etc.). Les marques comptent ensuite sur l’effet de la viralité pour faire le reste et toucher des millions d’utilisateurs connectés sur le réseau social.

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L’Euro 2016 enflamme les réseaux sociaux

Sans surprise, l’Euro 2016 a été au cœur de tous les débats sur les réseaux sociaux. Si les équipes et les joueurs vedette du tournoi se sont taillé la part du lion dans le volume total des mentions, les entreprises et les institutions ont aussi pu profiter de cet engouement médiatique. Mais pas seulement ! Pierre de la Ville-Baugé, directeur associé chez Sport Market, agence conseil en communication spécialisée dans le sport, a expliqué au Figaro que la compétition a été aussi l’occasion pour les villes hôtes et pour les marques partenaires de promouvoir leur image en s’adressant aux fans, « premiers relais sur le digital ». Les villes hôtes les plus mentionnées ont été Marseille (437 050 mentions), Paris (395 000) et Lille (257 514), mais il n’existe pas de lien direct entre popularité et volume. En effet Nice, 5e ville la plus mentionnée, est première en termes de popularité, grâce à 88% de mentions positives. Les sponsors aussi ont pu profiter de la vague d’intérêt générée par la compétition : Orange a été le partenaire le plus mentionné pendant le tournoi, notamment sur Twitter, suivi par Carlsberg et Hisense.

Entre Trump et Clinton, Twitter fait le Normand

À la question embarrassante de savoir de quel côté pourraient pencher ses allégeances politiques, Twitter se garde bien de répondre. La preuve en images et en direct : le réseau social diffusera les Conventions nationales des deux plus grandes formations politiques américaines à la fin du mois, sans parti pris. Les deux événements majeurs, qui se dérouleront tour à tour à Cleveland et à Philadelphie, seront disponibles aussi bien sur ordinateur que sur mobile pour toucher un maximum d’audience. Mieux, Twitter accueillera même ceux qui ne sont pas inscrits sur la plateforme, en espérant les convaincre de rejoindre sa communauté d’utilisateurs. Les commentaires en direct des Twittos démocrates et républicains seront également disponibles dans un fil d’actualité alimenté en temps réel. L’annonce de cette diffusion, rendue possible grâce à un partenariat avec la chaîne américaine CBS, remet Twitter dans la course au live streaming. Il est vrai que ces derniers temps, les médias semblaient n’avoir d’yeux que pour Facebook Live. Une omniprésence médiatique qui s’est d’ailleurs un peu retournée contre la firme de Menlo Park, sommée de mieux encadrer la diffusion au plus grand nombre de contenus jugés choquants, alors que le climat social outre-Atlantique est particulièrement tendu. Loin de toute polémique ou débordement (pour le moment), Twitter peut savourer ce coup d’éclat et s’attendre à voir converger vers sa plateforme des millions de curieux, entre le 18 et le 21 juillet côté republicain, et entre le 25 et le 28 juillet côté démocrate.

Les revenus versés par YouTube aux artistes en baisse

Voilà une étude qui ne risque pas d’arranger les relations entre YouTube et les artistes. Selon Midia Research, cité notamment par le Financial Times, YouTube verse de moins en moins d’argent aux ayants droits et aux labels, proportionnellement au nombre de vidéos musicales publiées sur la plateforme. Alors que le stream de vidéos diffusées sur YouTube et Vevo a augmenté de 132% l’année dernière pour atteindre les 750 milliards, les revenus payés aux artistes et à leurs producteurs n’ont augmenté que de 15% par rapport à l’année précédente. En 2015, YouTube a donc reversé 0,001 dollar par vidéo musicale streamée, contre le double l’année précédente. Le manque à gagner pour l’industrie de la musique s’élèverait donc à 755 millions en 2015, calcule Midia Research. Il faut rappeler que le partage de revenus sur YouTube est indexé aux résultats de la plateforme, eux-mêmes fortement volatils dans un marché de la publicité en petite forme. Les artistes américains estiment aussi que YouTube profite d’une législation avantageuse sur les droits d’auteur, à l’heure de la digitalisation et du tout-gratuit. C’est le sens d’une pétition signée par près de 200 acteurs de la musique, dont Taylor Swift, Paul McCartney ou encore David Guetta et Britney Spears, et addressée il y a quelques jours au Congrès américain. Ces têtes d’affiche, appuyées par les maisons de disque, demandent une réforme de la loi DCMA (Digital Millenium Copyright Act) qui protège à outrance, selon eux, la responsabilité du site contre les nombreux contenus téléchargés illégalement et donc diffusables sans le moindre droit d’auteur.


Emilie-Lhoste-V1-2
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