Social Week Report - 16 octobre

Le nouveau dirigeant de Twitter, qui commence fort en annonçant des centaines de licenciements, est omniprésent dans les médias cette semaine. Au Royaume-Uni, le niveau d’imposition de Facebook fait aussi beaucoup parler. L’actualité de LinkedIn, Snapchat et YouTube est également dans le Social Week Report. 

TWITTER TAILLE DANS LE VIF

twitter 

JACK IS BACK. Cette fois-ci, il ne s’agit pas de DSK mais bien de Jack Dorsey, dont le retour permanent à la tête de Twitter a été officiellement confirmé au début du mois. Aussitôt arrivé, le cofondateur du réseau social annonce la couleur, avec un vaste plan de suppressions d’emplois : 336 employés, représentant 8% de la masse salariale, ont été remerciés ce mardi. Les ingénieurs et les responsables produits sont les principales cibles de cette vague de licenciements, censée donner à Twitter plus d’agilité. Il faut dire que le réseau social avait vu grand, avec un bond de 24% de ses effectifs entre juin 2014 et juin 2015. Dans le même temps, la progression des utilisateurs actifs étant toujours trop faible (2% au deuxième trimestre 2015) et la croissance atone, le nouveau CEO a (re)pris les choses en main. À en croire Le Figaro, Twitter est « victime de son immobilisme » et « vit sur ses acquis ». Les marchés financiers, qui scrutent sans relâche la stratégie du réseau social depuis son introduction en Bourse il y a deux ans, ont réagi de manière désordonnée à cette annonce. Mais les analystes semblent plus unanimes sur la confiance qu’ils accordent à Jack Dorsey pour remettre la pépite du web sur les rails. La confirmation à son poste a été accompagnée d’un bond de 17% sur une semaine. La partie est pourtant loin d’être gagnée, le cours de Twitter ayant perdu 19% de sa valeur depuis le début de l’année. Jack Dorsey pourra compter sur le soutien d’un poids lourd venu tout droit de Google, en la personne d’Omid Kordestan, qui vient de se voir lui-aussi promu, au poste de président du conseil d’administration de Twitter. 

 FACEBOOK, ROI DE L’OPTIMISATION FISCALE ? 

 facebook 

L’affaire fait grand bruit outre-Manche. Facebook UK se serait acquitté en 2014 de la maigrelette somme de 4 327 livres (soit moins de 5 800 euros) au titre de l’impôt britannique sur les sociétés. Évidemment, comparée à un profit de près de 3 milliards de dollars engrangé la même année par le réseau social, la somme paraît dérisoire. The Independent calcule même que le contribuable britannique lambda payera vraisemblablement plus d’impôts, à titre individuel, que la firme américaine. Alors comment en est-on arrivé là ? On appelle ça de l’optimisation fiscale, et on peut dire que le Royaume-Uni s’y entend pour convaincre les entreprises d’implanter des bureaux sur son territoire. En effet, il est tout à fait possible, comme Facebook UK l’a fait, de reverser à ses employés des bonus d’un montant total de 35 millions de livres sterling, de faire état d’une perte comptable de 28 millions, pour ne payer au final que quelques milliers de livres aux autorités fiscales. Le stratagème a beau être parfaitement légal, la publication de ces chiffres fait hausser plus d’un sourcil. Facebook rappelle pour sa part qu’il respecte les lois en vigueur au Royaume-Uni et souligne que ses employés, eux, paieront des impôts sur leurs revenus. Et l’addition pourrait bien être salée, puisque ces derniers ont touché, en cumulant paie et bonus, une moyenne de 210 000 livres (281 000 euros) l’année dernière. 


ON EN PARLE AUSSI 

  

Congés à discrétion chez LinkedIn

linkedin 

Des congés illimités, ça vous tente ? LinkedIn est la dernière compagnie en date à changer le régime de ses congés aux États-Unis, et annonce qu’il ne sera plus imposé à ses employés un temps maximal de jours de repos. En d’autres termes, les chanceux employés du réseau social pourront, en théorie, en prendre autant qu’ils le souhaitent. En théorie seulement, car poser des jours reste toujours soumis à l’accord des managers. Trop beau pour être vrai ? Même si cette initiative paraît difficile à imaginer en France, LinkedIn n’est pas la seule grande entreprise à se convertir au « discretionary time off » (congés à discrétion) et rejoint ainsi Virgin et General Electric. Mais ce sont les petites entreprises, notamment dans le secteur du web et de la high-tech, qui ont lancé la tendance.  Dans ces entreprises, on évoque l’importance de responsabiliser ses employés, invités à gérer eux-mêmes l’équilibre entre repos et travail. Dans la réalité, la mise en place de la mesure ne change pas vraiment les choses, et les employés ne prennent pas plus de congés. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ils auraient même tendance à en prendre moins… 

 La chaîne Snapchat, c’est fini

snapchat

Si le service « Discover » de Snapchat fonctionne à plein régime pour les poids lourds de l’info comme CNN, les temps sont plus difficiles pour d’autres contributeurs dont… Snapchat. En effet, le réseau social annonce la fermeture de sa propre chaîne sur le service (Snap Channel), qui n’a pas réussi à trouver son public depuis son lancement. Snap Channel avait pourtant la belle ambition de proposer un contenu original, dont notamment des mini-séries, produit par le réseau lui-même. Mais l’entreprise a connu quelques revers (dont un véritable four avec une série lancée au mois de février), et considère désormais que le jeu n’en vaut plus la chandelle. Les 15 personnes qui travaillaient exclusivement à la production de ces contenus ont donc été remerciées ou mutées dans d’autres fonctions. C’est aussi un échec personnel pour Marcus Wiley, un ancien de la chaîne de télévision câblée FOX (Malcolm, Prison Break, Dr House), qui avait été promu chef des programmes en mai dernier. 

Les rich kids de YouTube

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Quand on est une femme et qu’on a moins de 30 ans, la meilleure façon de devenir millionnaire pourrait bien être YouTube. Le magazine Forbes dévoile cette semaine le classement des YouTubers les mieux payés en 2015, et les (jeunes) femmes y font bonne figure. Certes, le top 3 de ces vidéastes vernis est trusté par les hommes, mais Lindsey Stirling pointe en 4e position avec 6 millions de dollars gagnés en 2015. Stirling, une californienne âgée de 29 ans, est une violoniste émérite et performeuse, dont les vidéos et les albums rencontrent un énorme succès, surtout aux États-Unis, où elle s’est illustrée dans l’émission America’s Got Talent. Michelle Phan, une maquilleuse professionnelle, est également présente dans ce classement, avec 3 millions de dollars de revenus générés grâce à ses tutoriels beauté. Suivent, à égalité, Lilly Singh, plus connue sous le nom de scène de  Superwoman, avec 2,5 millions de dollars gagnés grâce à ses vidéos humoristiques, et Rosanna Pansino, une vlogueuse culinaire. Malgré la présence remarquable de ces personnalités féminines de YouTube, le grand gagnant reste le gamer PewDiePie, qui revendique 40 millions d’abonnés. Crédité de 12 millions de dollars de revenus, le suédois de 25 ans devance largement tous ses concurrents.   Emilie-Lhoste-V1-2  



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