Social Week Report - 16 septembre

Cette semaine, la relation agitée entre les éditeurs de contenus et les réseaux sociaux est à la une du Social Week Report. Alors que la lune de miel entre les médias français et Snapchat démarre en trombe, Facebook, pour sa part, tente d’arrondir les angles. On parle aussi du particularisme français sur Pinterest et de l’algorithme prétendument sexiste de LinkedIn.


FACEBOOK ET LES ÉDITEURS : LA SAGA DE L’ÉTÉ CONTINUE

facebook éditeurs

Cela avait pourtant commencé comme une belle romance avant de tourner à l’orage… Souvenez-vous : en 2015, Facebook déployait « Instant Articles », un format spécifique qui devait permettre aux éditeurs de contenus de profiter à plein de l’audience mondiale du réseau social. Très vite, une quinzaine d’éditeurs anglo-saxons d’envergure (The New York Times, The Washington Post, The Daily Mail, National Geographic, BuzzFeed, Slate…) se convertissaient à cette nouvelle fonctionnalité, censée générer du trafic sur leurs sites.

Mais des voix dissonantes s’étaient également élevées, pour mettre en garde contre une trop grande dépendance au bon-vouloir de l’entreprise de Menlo Park. Des Cassandre dont les prédictions ont semblé se matérialiser juste avant l’été, quand Facebook annonçait que les contenus publiés par les utilisateurs seraient davantage mis en avant, au détriment des contenus professionnels.

L’été terminé, Facebook semble avoir décidé de mettre de l’eau dans son vin : l’entreprise a annoncé cette semaine qu’ « Instant Articles » permettrait l’intégration de davantage de formats publicitaires, en particulier des publicités plus larges. De plus, les éditeurs auront désormais la possibilité d’inclure de la publicité dans « Facebook Live », la fonctionnalité de vidéo en direct du réseau social. Comme à la télévision, explique Les Échos, il sera désormais possible d'interrompre le flux vidéo par de courtes publicités.

Ces annonces seront-elles suffisantes pour relancer la tumultueuse relation entre Facebook et les éditeurs ? Si rien n’est moins sûr, Facebook a en tout cas visé juste : la publicité et les revenus qui en découlent, c’est évidemment le nerf de la guerre. Après le dernier changement en date opéré sur l’algorithme du fil d’actualités, certains titres de presse affirmaient avoir vu leur audience accuser une chute vertigineuse de 20 à 25%. La semaine dernière, l'ancien rédac’ chef du Guardian, Alan Rusbridger, estimait, pour sa part, que Facebook avait « siphonné » d'environ 20 millions de livres les revenus du quotidien britannique en 2015.

 

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Snapchat : et les lauréats français sont…

Le Social Week Report vous en parlait la semaine dernière. Les noms des médias sélectionnés par Snapchat pour intégrer le module « Discover » en version française ont enfin été dévoilés. L’Équipe, Le Monde, Paris Match, Melty, Konbini, Cosmopolitan, Vice et Tastemade sont les huit heureux gagnants de ce casting hautement stratégique qui vise les 9,6 millions d’utilisateurs mensuels de la plateforme en France, plus particulièrement les 15-24 ans, réputés réfractaires à la communication traditionnelle. Mais pour intégrer la dream team, il a fallu montrer patte blanche, raconte Le Figaro. Seules les candidatures des médias prêts à mettre en place une équipe dédiée de 4 à 6 personnes ont été examinées. Les plus frileux, comme le groupe Les Échos-Le Parisien, ont passé leur tour et attendent de voir… Côté Snapchat, l’arrivée d’un « Discover » à la sauce gauloise donne le coup d’envoi de la stratégie de conquête du réseau dans l’Hexagone. L’entreprise s’apprête à ouvrir un bureau parisien, dont les équipes auront pour tâche d’approcher les annonceurs français. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs déjà indiqué leur intention de venir sur « Discover », comme Dior Parfums, Guerlain, Louis Vuitton, Schweppes et Sephora. C’est que Snapchat est entré de plain-pied dans une période cruciale de son développement : selon un rapport publié par eMarketer, ses revenus publicitaires pourraient frôler le milliard de dollars fin 2017. Et le service « Discover » compte pour rien moins que 43% de ces revenus ! Autre jalon très attendu : il se murmure que l’entrée en Bourse du réseau de messages éphémères se rapproche à grands pas et pourrait intervenir fin 2016 ou tout début 2017.

Pinterest, une passion française

Les internautes français raffolent de Pinterest et ils semblent avoir une façon bien à eux de profiter de ce réseau social atypique, explique Emilie Nguyen, directrice des partenariats chez Pinterest, dans un entretien avec le Blog du Modérateur. En effet, après s’être installée en France il y a trois ans, l’entreprise a plus que doublé ses utilisateurs dans l’Hexagone au cours de cette année, avec environ 1,2 million d’idées enregistrées chaque jour !  Les catégories les plus populaires sont la mode, la cuisine et les boissons, la décoration, la culture et le DIY. La France est par ailleurs le seul pays à disposer de la « culture » comme catégorie : elle a été ajoutée en juin 2015 en vertu de sa popularité auprès des épingleurs français. Mme Nguyen souligne l’important « travail de localisation » réalisé pour assurer que le contenu proposé corresponde aux attentes des utilisateurs locaux. « Nous ne nous considérons pas comme un réseau social, mais comme un catalogue d’idées », précise-t-elle. Bien évidemment, l’engouement des marques pour Pinterest ne s’est pas fait attendre… Pour répondre à cette attente, des épingles sponsorisées ont été lancées au Royaume-Uni en avril dernier. Aucun format publicitaire n’est encore proposé en France, mais cela pourrait bien n’être qu’une question de temps.

L’algorithme de LinkedIn était-il sexiste ?

Le Seattle Times, vénérable quotidien américain de l’État de Washington peu habitué à faire parler de lui, a levé un joli lièvre. Selon une enquête publiée à la toute fin du mois d’août, l’algorithme qui régit la fonction « recherche » de LinkedIn intégrerait un biais sexiste. Démonstration à l’appui : si vous venez à entrer le nom typiquement féminin « Stephanie Wiliams » dans la barre de recherche de la plateforme, LinkedIn vous rétorque, « voulez-vous dire Stephen Williams ? », soit la version masculinisée de votre requête. D’après l’enquête, le hiatus ne s’arrête pas là et concerne environ une douzaine de prénoms féminins tout ce qu’il y a de plus commun aux États-Unis, suggérant aux utilisateurs de chercher Andrew plutôt qu’Andrea, Daniel à la place de Danielle ou encore Alex au lieu d’Alexa. Mais l’inverse est-il vrai ? L’enquête démontre que la politesse n’est pas retournée à ces messieurs : les requêtes concernant les 100 prénoms masculins les plus répandus aux États-Unis n’ont pas donné ce même résultat. Les accusations portant sur le genre n’étant jamais prises à la légère outre-Atlantique, le « serious network » a très vite riposté, affirmant par la voix d’une porte-parole que les suggestions de l’algorithme, loin de tout biais, reflétaient en réalité des demandes plus fréquentes. En clair, on cherche davantage à s’informer sur des « Stephen » que sur des « Stephanie » quand on navigue sur le réseau professionnel. Un argument recevable qui n’a pourtant pas empêché l’entreprise, future propriété de Microsoft, de remettre à jour l’algorithme incriminé pour s’éviter toute future bévue. Une réactivité qui prouve que la question est particulièrement sensible, comme l’a récemment démontrée la polémique impliquant les « Trending Topics » de Facebook. 





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