Social Week Report - 17 juin

Cette semaine, la planète réseaux sociaux a tremblé, avec l’annonce surprise du rachat de LinkedIn par Microsoft. À quoi pourrait ressembler cette fusion ? Le Social Week Report vous donne des pistes. On en parle aussi : la star des Bleus de l’Euro sur Twitter, la force tranquille de Pinterest et le bouleversement démographique qui attend Snapchat.

26 MILLIARDS POUR RACHETER LINKEDIN : EST-CE BIEN RAISONNABLE ?

Personne ne l’avait vu venir. Lundi, Microsoft et LinkedIn ont annoncé être entrés en négociations exclusives pour le rachat du réseau social professionnel par le géant de l’informatique. La surprise du chef ? La somme proposée par Microsoft valorise LinkedIn à 26,2 milliards de dollars, soit une prime de près de 50% par rapport au cours de l’action le vendredi précédant l’annonce.

Microsoft aurait-il perdu le sens de la mesure ? Face à ce prix de rachat qui « dépasse l’entendement », à lire le Huffington Post, la question est posée par tous les médias. Mais une analyse en profondeur de la création de valeur potentielle amène une conclusion : même si elle fait un pari osé, la firme de Redmond n’a pas perdu la boule.

Certes, l’acquisition, qui devrait être bouclée avant la fin de l’année, sera l’un des plus gros rachats jamais vu dans le milieu des nouvelles technologies et le plus gros jamais réalisé par Microsoft. Mais LinkedIn pourrait s’avérer un partenaire stratégique clé pour le géant de l’informatique, qui, de l’aveu de tous les observateurs, a raté le tournant digital, au profit des GAFA.

Le potentiel de LinkedIn n’est plus à prouver. Le « serious network », fort de ses 433 millions de membres, peut se targuer d’une base de données inestimable sur les travailleurs du monde entier, qui enrichissent leur profil d’une montagne de détails sur leur parcours professionnel, le tout sous leur vrai nom. Microsoft, qui a fait du « business-to-business » son nouvel axe stratégique sous la houlette de Satya Nadella, est déjà bien implanté dans le milieu des entreprises, au travers de ses logiciels bureautiques et autres solutions de cloud (Azure, notamment).

La convergence entre les data des deux groupes s’annonce donc prometteuse. Imaginez plutôt : tout client d'Office 365 pourrait se voir offrir un compte premium sur LinkedIn ; LinkedIn pourra vous envoyer des articles en lien avec l'objet de votre travail sur Word ; Office vous suggèrera un profil d’expert repéré via LinkedIn pour finir une tâche en cours. Les services déjà proposés par le réseau social via le site de e-learning Lynda.com pourraient aussi être intégrés à l’offre de Microsoft à destination des entreprises. Enfin, l’assistant virtuel de Microsoft, Cortana, pourrait vous en dire plus sur ce commercial que vous rencontrez pour la première fois ce matin…

Bâtir une offre cohérente en optimisant cette complémentarité données-services est donc à la fois le plus gros défi et la plus belle promesse de cette méga fusion : si Microsoft et LinkedIn parviennent à mener à bien cette intégration, l’assise d'Office 365 auprès des entreprises pourrait en ressortir considérablement renforcée. Sans parler de l’image de Microsoft, qui pourrait se donner un sacré coup de jeune grâce à la pépite de la Silicon Valley. En bout de chaîne, Microsoft compte également sur ce répertoire géant pour booster son moteur de recherche, Bing, et faire enfin concurrence au tout-puissant « G » des GAFA, Google.

ON EN PARLE AUSSI

Griezmann, roi des Bleus de l’Euro 2016 sur Twitter

Il n’a peut-être pas encore marqué durablement les esprits sur le terrain lors de cet Euro à domicile, mais il est déjà la star incontestée de Twitter. Antoine Griezmann, 25 ans, est le Français sélectionné le plus suivi sur Twitter, avec 2,13 millions d’abonnés. Même l’équipe de France dans son ensemble ne peut pas en dire autant, le compte officiel ne revendiquant que 1,92 millions de followers. Sur Facebook, c’est aussi un succès, la page officielle de l’attaquant de l’Atlético de Madrid ayant été likée par plus de 4,2 millions de personnes. Ça fonctionne de la même manière sur Instagram, avec 2,3 millions d’abonnés. Le style Griezmann sur Twitter est typique des digital natives devenus célèbres : on y trouve des moments de vie (semi) privée, des emojis et des hashtags à la pelle, des playlists, des vidéos et des selfies avec les copains et un peu de promo pour les sponsors. Exemple : quand Antoine Griezmann propose sa playlist « pour préparer les matchs », il n’oublie pas de prendre la pose avec son casque Beats By Dre. Un mélange d’authenticité et de stratégie marketing bien dosé qui rend le tout assez sympathique. Autres stars de l’équipe de France sur Twitter : Paul Pogba, avec 1,9 million de followers, Olivier Giroud, avec 1,71 million et Blaise Matuidi, avec 1,5 million. Nos petits Français font toutefois office de débutants par rapport à Cristiano Ronaldo et ses 43,1 millions de followers. L’attaquant vedette de l’équipe du Portugal vient d’ailleurs d’être mis à l’honneur par Snapchat, qui propose un filtre « Face Swap » sponsorisé par Nike. Il devient donc possible pour les utilisateurs de s’imaginer en « CR7 », le temps d’un snap.

Pinterest à contre-courant

Bien moins médiatique que Mark Zuckerberg ou Jack Dorsey, Ben Silbermann, patron de Pinterest, se voit avant tout comme un utilisateur « normal » de la plateforme qu’il a co-fondée il y a 7 ans. C’est en tout cas en ces termes que le dirigeant de 33 ans s’est décrit lors d’un entretien avec une journaliste du Guardian. Mais comment définir Pinterest, que certains voyaient, en 2012, devenir le prochain Facebook ? Pour Ben Silbermann, Pinterest est avant tout un « catalogue d’idées », qu’il s’agisse de mode, de cuisine, de décoration ou encore de jardinage. Sur les « tableaux » des utilisateurs, pas de selfies ou de clichés tape-à-l’œil, on priviliégie l’harmonie, le bon goût et le conseil judicieux. Avec son contenu propre et sa communauté d’épingleurs bienveillants (en majorité des femmes), Pinterest est un peu la version Feng Shui et politiquement correcte d’Instagram. Et à en croire Ben Silbermann, cette ligne de conduite est tout à fait assumée : Pinterest n’est pas le lieu pour « chercher des noises aux autres ou faire de grandes déclarations », explique-t-il. D’ailleurs, le dirigeant refuse carrément l’appellation de réseau social, estimant que Pinterest est avant tout un endroit où venir piocher des idées pour sa propre vie, sans pour autant encourager les échanges directs et la discussion entre utilisateurs. Un environnement propice pour stimuler une autre forme d’action bien plus populaire auprès des aficionados que le trollage en vogue ailleurs : la majorité des épingleurs (55%) utilise la plateforme pour faire et/ou préparer des achats en ligne, pour le plus grand plaisir des marques. À titre de comparaison, seuls 12% des socionautes de Facebook déclarent utiliser le réseau à ces mêmes fins. Cette statistique est sans conteste le point fort de Pinterest, qui se démarque très largement des autres réseaux sociaux… pour le moment. Car le créneau du e-commerce aiguise les appétits de tous, Facebook en tête.

Les vieux débarquent sur Snapchat

Succès oblige, Snapchat ne sera bientôt plus le domaine exclusif des ados et pré-ados. Selon une étude prospective de eMarketer, la croissance des nouveaux utilisateurs plus âgés a vocation à se renforcer sur le réseau social, à mesure que Snapchat s’impose dans le paysage. Certes, les 18-24 ans représenteront en 2016 34% des socionautes présents sur Snapchat, soit la majorité de la base des utilisateurs (20 millions). Mais leurs aînés (les 25-34 ans) les rejoignent peu à peu et devraient compter pour 27% cette année (15,8 millions). D’ici à 2020, ces deux tranches démographiques devraient converger pour finir par peser à peu près le même poids, autour de 25 millions d’uilisateurs chacun. Et les 35-44 ans sont également de plus en plus concernés par le phénomène Snapchat, avec une croissance de l’ordre de 30% estimée cette année aux États-Unis. Cette dynamique n’est pas une tendance inédite : Facebook avait également connu une forte croissance auprès des jeunes utilisateurs dans un premier temps, avant d’étendre sa domination auprès d’un public élargi. Est-ce pour autant une bonne nouvelle pour Snapchat ? L’arrivée des aînés pourrait faire fuir les plus jeunes, comme cela avait été le cas pour Facebook, ringardisé auprès de la génération Y, qui voyait débarquer en masse parents et grands-parents sur le réseau social.



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