Social Week Report - 18 décembre

Cette semaine, le Social Week Report vous emmène en Arabie saoudite où les premières femmes candidates à des élections ont joué de Twitter pour convaincre. On parle aussi d’une nouvelle règlementation européenne qui pourrait changer bien des choses pour nos ados.

PROTECTION DES DONNÉES : L’EUROPE JOUE LA RIGUEUR

Une question a taraudé les médias cette semaine : l’Europe va-t-elle empêcher les adolescents d’utiliser Facebook, Snapchat et Instagram ? En cause, un amendement surprise au projet de règlement européen sur la protection des données personnelles qui vise à rendre obligatoire l’accord parental pour l’inscription des 13-16 ans sur les réseaux sociaux.

La disposition ne fait pas l’unanimité parmi les observateurs, et encore moins, on peut le comprendre, parmi les géants du Web. Car si elle devait être votée, cette disposition ne concernerait pas uniquement les réseaux sociaux, mais bien tous les services en ligne collectant des informations personnelles… autant dire beaucoup de monde, dont au premier chef les moteurs de recherche ou encore les plateformes de blogs.

En Europe, il n’existe pas de règle unifiée à ce sujet, chaque pays étant libre de décider de sa propre législation. En théorie toutefois, la plupart de ces services sont interdits aux moins de 13 ans, sur le modèle de la règlementation américaine sur la protection des enfants en ligne (loi Coppa). Alors ce règlement peut-il vraiment bousculer l’économie du Web et des réseaux sociaux, dont la base d’utilisateurs comprend de nombreux adolescents ?

Au-delà de l’effet d’annonce, on ne s’achemine pas vraiment vers une révolution. Chaque État membre sera libre de choisir l’âge de consentement, entre 13 et 16 ans, ce qui peut augurer d’un statu quo dans un grand nombre de pays. Ensuite, le texte définitif doit être adopté à la mi-2016 avant que les États n’entreprennent de le transcrire dans leur législation nationale, vers 2018 au mieux.

De plus, la mise en place concrète d’une telle législation s’annonce compliquée. Comment contrôler la véracité des dates de naissance renseignées et s’assurer d’un accord parental explicite ? Certaines associations mettent également en garde contre les effets pervers d’une telle décision, qui pourrait priver les jeunes d’un accès à la mine d’informations qu’est Internet.

LES SAOUDIENNES S’ÉMANCIPENT (UN PEU) SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

En Arabie saoudite, le tout premier scrutin ouvert aux femmes s’est joué, en partie, sur les réseaux sociaux. Pour la première fois dans l’histoire du pays, les femmes saoudiennes pouvaient voter ET même être candidates lors de ces élections locales qui concernaient les conseillers municipaux.

Et les femmes se sont tournées vers Internet, et en particulier vers les réseaux sociaux, pour mener tant bien que mal leur campagne, malgré les contraintes drastiques imposées par le royaume ultra-conservateur. D’abord, interdiction pour elles de rencontrer les électeurs du sexe opposé, la mixité dans les lieux publics étant interdite. Pour s’adresser aux hommes, ces dames se sont donc dirigées vers Twitter, Instagram ou encore WhatsApp. Car comme le souligne le Wall Street Journal, les Saoudiens se trouvent être des fervents utilisateurs de Twitter, avec quelque 5 millions de Twittos recensés – sur une population totale d’environ 31 millions d’habitants.

Mais là encore, il a fallu ruser pour faire passer des messages à son électorat potentiel. Les candidats (hommes et femmes cette fois-ci) n’ayant pas le droit de faire apparaître leur visage, la campagne s’est faite sous forme de texte ou de vidéos mettant en scène les soutiens des candidats plutôt que les candidats eux-mêmes.

Au final, ce sont environ 20 femmes qui ont été élues lors de ces municipales. L’une des premières d’entre elles, Lama al-Sulaiman, a beau s’en féliciter sur son compte Twitter, les femmes n’ont raflé qu’1% des 2 100 sièges soumis au vote des électeurs. Un scrutin historique, oui, mais une ouverture qui se fait toujours à pas comptés.

ON EN PARLE AUSSI

Offensive des seniors sur les réseaux sociaux

Et si vos parents et grands-parents étaient plus accros aux réseaux sociaux que vous ? D’après la dernière étude du Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), les plus de 60 ans français investissent massivement Facebook, Twitter et consorts. Si les 18-24 ans restent la tranche d'âge la plus active sur la Toile (88% font état d’une activité sur les réseaux sociaux), les sexagénaires y sont de plus en plus présents. Chez les 60-69 ans, une personne sur quatre est désormais membre d'un réseau social et la dynamique est particulièrement forte. Leur présence a ainsi quintuplé en cinq ans puisqu’ils n’étaient que 4% à être présents sur les réseaux en 2009. Les seniors sont aussi plus enclins à poster contenus et photos sur leurs comptes, ainsi qu’à inclure dans leur cercle d’amis virtuels des personnes jamais rencontrées par ailleurs. Des données précieuses pour les annonceurs, qui devront sans aucun doute faire évoluer leurs offres pour mieux répondre aux attentes de ce nouveau public.



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