Social Week Report - 18 mars

Cette semaine, Instagram a prononcé le gros mot ultime : ALGORITHME ! Les socionautes sont déjà vent debout, le Social Week Report vous raconte tout. On parle aussi des futures campagnes de déradicalisation sur les réseaux sociaux, de l’usage du cœur sur Twitter et d’un compte photos à l’humour plus que contestable.

INSTAGRAM : CACHEZ CET ALGORITHME QUE JE NE SAURAIS VOIR

Les socionautes seraient-ils profondément conservateurs ? Une annonce faite par Instagram cette semaine déclenche une levée de boucliers largement relayée par les médias. Le réseau social se prépare à réorganiser votre fil d’actualité, en recourant, tout comme la maison-mère Facebook, à un algorithme.

L’algorithme, mot que la plupart d’entre nous n’avaient jamais entendu prononcer de leur vie il y a cinq ans, est devenu la bête noire des internautes, qui ne manquent pas d’en critiquer l’utilisation intensive par les géants du web. En l’espèce, l’intégration du dit-algorithme serait un vrai changement de paradigme pour Instagram.

Jusqu’ici, le flux du réseau d’images était organisé de manière strictement chronologique. Au terme d’une mise à jour qu’Instagram promet progressive, les images que vous verrez en priorité auront été sélectionnées pour leur pertinence. Une évolution qui s’apparente pour beaucoup à une révolution.

Du côté d’Instagram, on explique que la multiplication des contenus postés sur la plate-forme exige qu’un tri soit fait. Instagram affirme ainsi que vous ne voyez pas 75% des contenus publiés, la majorité se trouvant reléguée aux tréfonds de votre fil. Pour l’entreprise, tout l’enjeu est de sélectionner pour vous les contenus les plus intéressants, de manière à vous garder actif sur son interface.

Mais les utilisateurs, eux, redoutent l’impact de cette sélection imposée par le réseau. Si les « likes » deviennent le critère principal de pertinence, alors les flux seront envahis par les photos léchées des célébrités les plus populaires, en lieu et place des utilisateurs dont l’audience est plus restreinte. En réaction à cette annonce, le hashtag #RIPInstagram a été lancé, ainsi qu’une pétition sur le site change.org.

FACEBOOK ET TWITTER POURRAIENT FINANCER DES CAMPAGNES DE DÉRADICALISATION

Les réseaux sociaux sont régulièrement pointés du doigt pour leur impuissance à endiguer la propagande terroriste sur leurs plateformes. Twitter, par exemple, est critiqué pour son incapacité à éradiquer les comptes djihadistes, réouverts par milliers dans la foulée de chaque campagne de suppression initiée par l’entreprise. C’est une autre voie qui pourrait bientôt être empruntée par les géants du web en France, celle du contre-discours.

À en croire les informations d’Europe 1, le gouvernement français aurait convaincu Facebook et Twitter, mais aussi Google, Apple et Microsoft, de financer une fondation permettant la mise en ligne de campagnes anti-radicalisation. Aucune des entreprises concernées n’a pour le moment confirmé précisément ces informations. Parmi les projets étudiés figurerait la diffusion de témoignages de jeunes revenus d’Irak ou de Syrie. Une équipe d’experts pourrait également voir le jour et réagir en temps réel sur Twitter et Facebook, en communiquant directement avec les utilisateurs.

Même si l’État est à l’initiative, l’offensive coordonnée se ferait au final sans les services du gouvernement. Un choix lucide, qui prend en compte le discrédit attaché à la parole publique. Facebook, Twitter et les autres se tourneront donc plutôt vers la société civile et les associations existantes.

Cette nouvelle initiative devrait donc capitaliser sur une mise en commun pragmatique des compétences de chacun : d’une part, les associations apporteront leur savoir en matière de contre-propagande ; d’autre part, les entreprises du web formeront les acteurs à l’organisation de campagnes ciblées et à la maîtrise des codes de communications sur la toile.

ON EN PARLE AUSSI

Le cœur de Twitter fait parler les utilisateurs

En novembre dernier, certains utilisateurs de Twitter criaient au scandale : les favoris allaient disparaître, pour être remplacés par un cœur, considéré comme trop proche du « J'aime » sur Facebook ou du pouce levé sur YouTube. Dans la presse comme sur le web, peu nombreux étaient les défenseurs de ce changement de politique, vécu comme un énième coup de canif donné à la singularité de Twitter. Mais voilà, quatre mois plus tard, le constat est sans appel : les utilisateurs se sont massivement approprié le « cœur rouge passion » de Twitter. Selon une étude publiée par Locowise, la plateforme a enregistré une hausse de 27,82% des « cœurs », par rapport aux favoris. Un échantillon de 1 500 comptes Twitter a été passé au peigne fin, trois mois avant le changement, et trois mois après. Pas de doute, l’engagement des utilisateurs est plus fort. Un succès objectif qui n’empêchera pas certains de continuer de défendre l’étoile du « fav » contre le cœur.

Polémique autour d’un compte Instagram

Instagram, le royaume de Kim Kardashian et des boules de poils, se serait sans doute bien passé de cette polémique qui prend de l’ampleur dans la presse européenne. Un compte, ouvert depuis peu sur le réseau, répertorie les « réfugiés sexy », en publiant une sélection de captures d’écran issues de reportages télé sur la crise qui secoue l’Europe. Certes, Instagram s’est fait une spécialité de ces comptes gentiment superficiels qui propulsent au rang de stars des anonymes repérés pour leur physique avenant. On connaissait déjà les inoffensifs « mecs sexy en train de lire » (Hot Dudes Reading) ou encore les « mecs sexy portant des chatons » (Hot Dudes with Kitten). Mais avec le compte « Hot Migrants », le sentiment de légèreté fait franchement défaut, scandalisant déjà les commentateurs qui ne goûtent guère son ton pour le moins décalé. « Leur pays s’écroule peut-être mais leur sex-appeal résiste », indique ainsi la description générale de « Hot Migrants ». Interrogé, le créateur, qui préfère – et on le comprend – rester anonyme, tient un discours plutôt étrange pour se justifier. Il explique ainsi que ces photos permettent de « se rapprocher de la réalité » et de « faire face à la situation ». Une rhétorique bien maladroite qui devrait, en toute logique, mener à la fermeture du compte, dont la subite médiatisation va sans doute rapidement sceller le destin.



Search article