Social Week Report - 19 Juin

Passe délicate pour deux des réseaux sociaux parmi les plus médiatiques ! Alors que Twitter doit faire face au départ surprise de son PDG et aux spéculations sur son futur, Facebook est poursuivi en justice par la Belgique. Le contexte, les enjeux et la suite des événements, le Social Week Report vous explique tout.

LE FUTUR DE TWITTER INQUIÈTE

La pression monte chez Twitter, après l’annonce du départ surprise du PDG, Dick Costolo, qui quittera ses fonctions à la tête du réseau à la fin du mois de juin.

Les médias sont unanimes : Wall Street a finalement eu la peau de Dick Costolo, jugé incapable de transformer Twitter en une « cash machine ». Les derniers résultats, publiés fin avril, ont sans doute donné le coup de grâce, estime Le Monde. Il faut dire que Twitter avait alors dû avouer n’avoir réussi à tenir aucun de ses objectifs. Revenus publicitaires en berne, et surtout déception sur la progression de l’audience. Pris de vitesse par Snapchat, Whatsapp et consorts, la notoriété mondiale de la marque Twitter ne suffit plus : les investisseurs veulent des résultats, en espèces sonnantes et trébuchantes si possible.

C’est dire si la tâche du futur PDG de Twitter s’annonce ardue. On évoque à l’envi l’immense potentiel de Twitter, mais à y regarder de près, la société n’arrive pas à transformer l’essai, c’est-à-dire à monétiser son audience. Avec seulement 300 millions d’utilisateurs, Twitter est à des années lumières de Facebook. Pire, la croissance des abonnés se contractant significativement, Twitter est en passe de se faire distancer par des réseaux plus réactifs, et plus enclins à innover. Le business model est de toute évidence en péril…

Du coup, les médias se lâchent cette semaine, et les préconisations vont bon train. Chacun y va de son analyse et de sa prédiction sur le futur de Twitter. Pour le journaliste techno du New York Times, Twitter doit capitaliser sur un de ses atouts majeurs : le commentaire d’évènements en direct, qu’il s’agisse de manifestations politiques ou de séries télé. La spéculation sur un potentiel rachat est aussi relancée, alors que l’entreprise apparaît plus vulnérable que jamais. Il faudra tout de même débourser plus de 23 milliards de dollars, une emplette qui n’est pas à la portée de toutes les bourses.

Quant au futur PDG de Twitter, toutes les hypothèses sont sur la table. L’actuel président, co-fondateur et ancien PDG Jack Dorsey assurera l’intérim, mais il ne devrait pas reprendre les rênes de Twitter. On évoque le nom d’Adam Bain, en charge de la monétisation depuis 2010, ou encore celui d’Anthony Noto, actuel directeur financier. Mais les investisseurs pourraient avoir envie de d’initier un vrai changement stratégique, et réclamer un recrutement externe, pourquoi pas chez les concurrents. Au cœur de la Silicon Valley, la chasse (de tête) est lancée, même si la candidature fantaisiste du rappeur Snoop Dogg fait déjà beaucoup de bruit sur Twitter avec le hashtag #SnoopforCEO.

FACEBOOK S’EST MIS LA BELGIQUE À DOS

Rien ne va plus entre la Belgique et Facebook. Cette semaine, la Commission de la protection de la vie privée (CPVP) belge accuse le géant américain d’enfreindre plusieurs lois sur la protection des données personnelles et annonce que l’affaire pourrait passer par les tribunaux.

Cette assignation en justice de Facebook par l’équivalent de notre CNIL est l’épilogue d’un feuilleton qui a débuté il y a plusieurs mois déjà. Point d’orgue, la publication, en février dernier, d’un rapport de chercheurs belges estimant que le réseau social viole les lois de protection des données personnelles, et ce en collectant des informations sur les internautes membres ET non-membres de Facebook sans leur consentement.

Comment ? Par le biais de « cookies », ces petits fichiers discrets enregistrés sur votre ordinateur, qui gardent en mémoire vos préférences. Problème, selon les chercheurs, les « cookies » de Facebook vous suivent même une fois votre compte déconnecté. Ces pratiques seraient contraires au droit européen et constituerait donc un « traçage illégal des internautes », selon la CPVP.

Chez Facebook, on se défend en mettant en avant la transparence avec laquelle on communique sur l’utilisation des fameux cookies. On regrette aussi le procédé choisi par l’autorité de protection belge, fustigeant une action en justice « théâtrale », alors qu’un rendez-vous était prévu pour le 19 juin.

Plus largement, la question de la protection et de l’utilisation des données en ligne fait débat, alors que l’Union européenne veut revoir la situation de fond en comble d’ici la fin de l’année. Une problématique qui ferait trembler les dirigeants de certaines entreprises américaines, à en croire le Wall Street Journal. Ces derniers craignent en effet pour leur business si l’Europe décidait de donner plus de pouvoir aux régulateurs nationaux. A l’instar de Facebook, les entreprises militent pour l’instauration d’un système de guichet unique, autrement dit l’assurance de n’avoir à répondre qu’à une seule entité, celle du pays hébergeant le siège social.

En ce qui concerne Facebook, la prochaine décision de justice, très attendue, devra justement indiquer si les tribunaux belges sont compétents pour statuer sur ce dossier brûlant. Si la compétence de la Belgique devait être reconnue, il s’agirait d’une grande première. Une potentielle boîte de Pandore que Facebook aimerait sans doute voir refermée rapidement.

Emilie-Lhoste-V1-2



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