Social Week Report - 2 septembre

Pour être sûr de soigner votre retour au bureau, le Social Week Report vous propose cette semaine un tour d’horizon des réseaux sociaux professionnels. On parle aussi de l’arrivée très attendue du ciblage publicitaire sur Snapchat, des ambitions d’Apple dans le « social » et de l’automatisation des tendances chez Facebook.

LES RÉSEAUX SOCIAUX PROFESSIONNELS, STARS DE LA RENTRÉE ?

slack

Loin d’être de simples supports de communication, LinkedIn et ses concurrents sont devenus de véritables outils de productivité, et jouent un rôle de plus en plus important dans les entreprises. Ayant flairé le bon filon, les géants du numérique ont tous entrepris d’étoffer leur offre dans ce domaine. Rentrée oblige, le Social Week Report vous propose de mieux appréhender cette nouvelle boîte à outils digitale.

Connu de tous, l’américain LinkedIn est le leader incontesté des réseaux sociaux professionnels et compte bien le rester, comme en témoigne son rachat retentissant par Microsoft. Plusieurs nouveautés seraient à la clé, notamment grâce à l’intégration avec la suite Microsoft Office 365 et l’outil de gestion client Dynamics CRM. Microsoft n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai avec les réseaux sociaux d’entreprise : en 2012, la firme s’était offert Yammer, qui bénéficie déjà d’une excellente intégration avec les logiciels Microsoft, mais qui selon certains, pourrait être mis au placard suite au rachat de LinkedIn.

Facebook n’est pas en reste et va lancer Facebook@work, déclinaison de sa plateforme à succès à la sauce corporate. Utilisé par les employés de l’entreprise depuis des années, ce service particulièrement intuitif a déjà été testé en version bêta par 450 groupes, dont la SNCF, Iliad-Free et Lagardère Active. Selon Frenchweb, Facebook@work, dont la simplicité d’utilisation représente l’atout majeur, est « un formidable outil de communication sociale, mais pas un outil de collaboration sociale ».

La tendance est également aux réseaux sociaux professionnels hyperspécialisés, appelés en anglais « LinkedIn for X », tels que Doximity, LE réseau social pour les professionnels de la santé aux États-Unis (et son confrère français Santé Connect), Salezeo, destiné aux commerciaux, et Peopleinfinance, qui s’adresse au monde de la finance.

Il existe aussi des réseaux sociaux professionnels à succès dont la diffusion est assez limitée d’un point de vue géographique, comme Xing, plébiscité par le monde germanophone, ou Viadeo, qui se concentre surtout sur le marché hexagonal, après une tentative d’expansion internationale aux résultats plus que mitigés.

Enfin, un petit nouveau connaît un succès croissant : il s’agit de l’atypique Slack, un hybride entre un service de messagerie et un réseau social qui a dynamité l’univers de la  communication d’entreprise et brouillé encore plus la frontière entre vie privée et vie professionnelle, tout en éliminant les e-mails internes au passage…

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Les Snapchatteurs bientôt ciblés par les marques

Snapchat vient-il de poser un jalon supplémentaire en vue de sa future, et très attendue, introduction en Bourse ? L’annonce faite cette semaine par son directeur financier, Clément Xue, cité par Business Insider, a, en tout cas, de quoi plaire aux marques et aux investisseurs. En effet, l’application sociale s’apprête à permettre la publicité ciblée sur sa plateforme. Les socionautes les plus actifs y sont déjà largement habitués, notamment sur Facebook. Le ciblage publicitaire, c’est le fonds de commerce des géants de l’Internet, Facebook et Google en tête. Grâce à tous les éléments que vous renseignez sur votre profil Facebook, par exemple, la plateforme est en mesure de faire apparaître des annonces qui correspondent (plus ou moins) à vos centres d’intérêts présumés. Mais le réseau au petit fantôme ne s’adonnait pas encore à ces pratiques. Ce sera désormais chose faite, et ce, avant la fin du mois de septembre. Snapchat promet toutefois de ne pas « trop » personnaliser ces publicités, pour ne pas apparaître invasif ou même « flippant », selon les propres termes du PDG Evan Spiegel. Un vœu pieux sans doute, car les marques affectionnent au contraire les ciblages des plus précis, de nature à optimiser leur taux de clics. Par ailleurs, Snapchat s’engage, pour l’instant, à se limiter strictement à vos activités sur la plateforme, et à ne pas utiliser les données de navigation en dehors de son réseau social. Même circonscrit, le ciblage publicitaire était attendu de longue date par les annonceurs, ce qui augure d’une explosion des revenus publicitaires du réseau social mais aussi de sa valeur, pour l’heure théorique, sur les marchés financiers.

Apple lorgne du côté des réseaux sociaux d’images

Instagram et Snapchat pourraient bientôt voir émerger un concurrent aussi inattendu que très sérieux. Selon Bloomberg, Apple cherche à développer une application d’édition, de diffusion et de partage de vidéos qui pourrait même être préinstallée dans les systèmes d’exploitation de ses nouveaux modèles d’iPhone et d’iPad. Certes, cette application, encore en phase de test, ne serait pas tout à fait conçue comme un réseau social à part entière, puisqu’elle permettrait par exemple de partager ses créations via Twitter. Mais elle viendrait tout de même empiéter sur les plates-bandes de Snapchat en particulier, avec des fonctionnalités permettant de retoucher, de monter des vidéos, et d’ajouter des effets, comme des filtres ou encore des stickers. Au sein d’Apple, le projet est porté par les créateurs de Final Cut Pro et iMovie (les deux logiciels de montage vidéo sur Mac), sous la houlette de Joe Weil, le créateur d’un service de blogging vidéo (KnowMe), qui a rejoint la firme à la pomme en décembre 2015. Espérons que cette nouvelle offensive « sociale » ne connaisse pas le même sort que la dernière en date, Ping, lancé en 2010. Devant le manque d’intérêt suscité par ce réseau social de la musique pourtant intégré au tout-puissant iTunes, Apple s’était vu contraint de reconnaître son échec et de fermer tout bonnement le service à peine deux ans plus tard.

« Trending Topics » de Facebook : place aux algorithmes

Souvenez-vous : la polémique date de la fin du mois de mai. Facebook était alors accusé de biais pro-démocrate aux États-Unis, le camp conservateur fustigeant les « Trending Topics », ces sujets de conversation « tendance » suggérés par le réseau social outre-Atlantique. Le sujet étant particulièrement sensible en période de campagne présidentielle, Mark Zuckerberg avait dû se fendre d’une rencontre avec des personnalités de la droite américaine, tout en promettant de remettre de l’ordre dans la gestion des « Trending Topics ». Ce coup de balai, qui comprend le renvoi des salariés concernés, est intervenu en fin de semaine dernière, avec l’annonce d’une plus grande automatisation dans la sélection. En clair, le rôle des employés de Facebook sera considérablement réduit, de manière à éliminer toute subjectivité. Cela concernera en particulier la description du sujet mis en avant, précédemment rédigée par l’équipe éditoriale. Cette phrase sera supprimée et un algorithme sélectionnera automatiquement un extrait d’un article de presse relatif au sujet. Le rôle des humains devrait donc se borner à la vérification de la pertinence générale des « Topics ». Les algorithmes sont-ils pour autant garants d’une neutralité absolue ? Rien n’est moins sûr, car comme le souligne le site Quartz, qui s’appuie sur une étude conjointe  des universités de Princeton et de Bath (à paraitre), les biais humains ne sont pas si faciles à éliminer et se retrouvent même dans les algorithmes les plus performants.



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