Social Week Report - 22 juillet

weibo wechat

Cette semaine, le Social Week Report vous plonge dans l’univers méconnu du Web 2.0 chinois. On vous dit tout des réseaux qui cartonnent dans l’Empire du Milieu. On décrypte aussi le retour de la tendance cuisine grâce à la vidéo et on vous dévoile qui sont les personnalités les plus influentes sur la Toile.

LE DRAGON ADOPTE LES RÉSEAUX SOCIAUX…

WeChat, Sina Weibo, Qzone…c’est du chinois pour vous ? Pourtant, ces réseaux sociaux très prisés dans l’Empire du Milieu pourraient tout à fait rivaliser avec Facebook, WhatsApp et les autres poids lourds du numérique mondial. Selon les statistiques les plus récentes, WeChat revendique ainsi 700 millions d’utilisateurs mensuels actifs, QZone 640 millions et Weibo 222 millions ! Mais qu’est-ce que ces réseaux proposent à leur public ?

Loin d’être de banales copies de leurs homologues occidentaux, ces protagonistes du Web réservent plusieurs surprises. WeChat est un service mobile combinant messagerie, réseau social, plateforme de paiements, d’achats et de réservations instantanées, devenu incontournable dans la vie quotidienne des jeunes chinois. Parmi ses particularités, le plug-in « shake », qui permet de chercher d’autres utilisateurs dans les environs, et le code QR, pour ajouter un compte et obtenir des informations en dehors de son propre cercle d’amis : un outil très intéressant pour les marques !

De son côté, Sina Weibo, le « Twitter chinois », est en plein essor et gagne en influence. Comme l’explique l’ADN, cet outil offre des possibilités d’upload de contenu très riches. Il dispose en outre des fonctions « forward » et « comment » permettant de transformer un simple post en fil de discussion thématique.

Enfin, Qzone est une plateforme de blogging avec une dimension « sociale », qui fait penser à une fusion entre Facebook et Myspace. Il y est possible de partager toute sorte de contenu de façon entièrement personnalisable. Mais ces trois réseaux ne constituent en réalité que la pointe de l’iceberg, car le panorama est très diversifié : il y aussi Nice, le nouveau « Instagram » à la sauce chinoise, Meipai, un logiciel vidéo instantané qui ressemble beaucoup à Vine, et Renren, le « Facebook » local.

…MAIS LA CENSURE EST TOUJOURS AU RENDEZ-VOUS

L’univers des réseaux sociaux chinois n’est pourtant pas un chemin pavé de roses. En effet, comme l’explique Le Monde, l’organe de régulation d’Internet en Chine (Cyberspace Administration of China, CAC) a lancé une vaste campagne pour interdire aux médias d’utiliser les informations récoltées sur les réseaux sociaux sans l’autorisation préalable du gouvernement.

Depuis le 4 juillet, la surveillance des contenus publiés sur Internet a été renforcée et les sites d’information qui n’auraient pas demandé d’autorisation avant la publication s’exposent à des sanctions. Ils risquent même jusqu’à trois ans de prison si les « fausses informations » relayées par les plateformes sociales ont été vues plus de 5 000 fois. 

Selon le gouvernement chinois, ces mesures font partie d’une « campagne de lutte contre la désinformation et les rumeurs ». De son côté, Marianne souligne que cette annonce du CAC est intervenue une semaine après la nomination d’un nouveau chef de la censure, Xu Lin, par ailleurs fervent soutien du président Xi Jinping.

ON EN PARLE AUSSI

Attentat de Nice : satisfecit inédit adressé à  Twitter

Les choses bougent sur les réseaux sociaux. Une fois encore au centre de l’attention médiatique depuis l’attentat meurtrier du 14 juillet à Nice, les plateformes sociales ont réagi plus rapidement que d’habitude pour contrer la propagande djihadiste. C’est en tout cas le constat qu’a fait l’ONG Counter Extremism Project, une organisation privée qui surveille le Web et s’est donné pour mission de signaler les contenus à visée de propagande. Très vite après l’annonce de l’attaque à Nice la semaine dernière, de nombreux comptes ont fait l’apologie du meurtre de masse sur Twitter. Un triste schéma déjà observé à l’occasion de précédentes tragédies, notamment à Paris et Bruxelles. Mais cette fois, Twitter a pris les choses en main pour suspendre les comptes incriminés aussi vite que possible, note Counter Extremism Project. L’entreprise n’a pas communiqué officiellement sur le nombre de comptes suspendus ou sur les mesures spécifiques prises, mais ce satisfecit inhabituel d’une association indépendante montre que les réseaux sociaux adaptent leur stratégie de modération sous la pression, en ne se réfugiant plus uniquement derrière le crédo de la liberté d’expression.

Le cool retrouvé de la cuisine 2.0

Cuisiner chez soi n’est plus le seul apanage un peu ringard de la mère de famille. Grâce aux réseaux sociaux, la cuisine faite-maison revient dans les bonnes grâces de la jeune génération, retrouvant ainsi sa coolitude perdue. Vous n’avez pas pu y échapper. Sur Facebook, notamment, ces vidéos colorées et sympa de 30 secondes pullulent, avec toutes le même objectif : vous faire passer du temps en cuisine. À la manœuvre, un certain nombre de sites d’infotainment dédiés. C’est notamment le cas de BuzzFeed, qui produit pléthore de vidéos de cuisine facile adaptées aux réseaux sociaux via sa plateforme dédiée, Taste. Parmi les spécialistes de la cuisine sociale, on trouve aussi The Food Network. Cette chaîne de télé américaine tout ce qu’il y a de plus classique a bien compris que la nourriture était redevenue tendance, #foodporn à l’appui. Du coup, exit les émissions datées et plan-plan, elle a renforcé ses équipes digitales et produit désormais 100 vidéos en format court par mois, disséminées via ses comptes Facebook, Snapchat et Instagram. Ces dernières sont visionnées en moyenne 540 millions de fois chaque mois. Et ça marche aussi en direct ! Tastemade, spécialisée dans les contenus culinaires, a tenté l’expérience avec succès. Dans une vidéo diffusée via Facebook Live à la mi-juin, le record mondial du plus long filament de fromage fondu tiré d’une pizza a été battu depuis Santa Monica, en Californie… La prouesse ne révolutionne sans doute pas la cuisine moderne, mais a tout de même attiré près d’un demi-million de curieux.

Les femmes, reines des réseaux sociaux

Sur le web 2.0, la parité n’a pas davantage sa place qu’ailleurs, mais une fois n’est pas coutume, c’est à l’avantage des femmes. Selon la firme D’Marie, les six personnalités les plus influentes sur les réseaux sociaux sont toutes de sexe féminin. Elles s’appellent Rihanna, Beyoncé, Taylor Swift, et Selena Gomez, et chacune de leurs publications est commentée et visionnée par des millions d’internautes. Selena Gomez, jeune chanteuse issue de l’écurie Disney, trône en haut du podium avec un total de 200 millions de fans abonnés à ses différents comptes, dont plus de 90 millions sur Instagram. Considérant cette popularité et l’engagement des fans, chacun de ses posts a une valeur publicitaire théorique de 550 000 dollars, estime encore D’Marie. Mais pour les marques, le jeu en vaut largement la chandelle. Selena Gomez détient déjà le record du monde de la photo la plus « aimée » sur Instagram. 4,6 millions de socionautes ont ainsi « likée » une photo promotionnelle publiée en début de mois où l’on la découvre en train siroter un Coca-Cola.




Search article