Social Week Report - 27 Mai

Cette semaine, le camp conservateur américain se rebiffe contre Facebook, jugé un peu trop subjectif dans sa sélection des sujets les plus populaires. Mais Mark Zuckerberg veille au grain… Le Social Week Report vous parle aussi d’une armée de trolls chinois, de la fuite des mots de passe sur LinkedIn et de la renaissance attendue de Viadeo.

Trending topics : Facebook tente d’éteindre la polémique

Facebook News Trending Bar

Ambiance tendue aux États-Unis, à l’approche des élections présidentielles. Facebook est la cible du camp conservateur depuis une dizaine de jours, suite à des informations parues sur le site Gizmodo qui pointe du doigt le parti pris supposément pro-démocrate du réseau social.

La pomme de discorde, c’est la rubrique « Trending Topics » qui apparaît en haut à droite du fil d’actualités des utilisateurs. Inutile de la chercher sur votre page, cette fonctionnalité n’a pas été déployée dans l’Hexagone. Mais outre-Atlantique, elle a vocation à faire ressortir les sujets les plus populaires du moment, un peu à la manière des hashtags les plus en vogue sur Twitter. Le problème, c’est justement la manière dont sont sélectionnés ces sujets et qui vaut à Facebook d’être accusé d’écarter sciemment certains des sujets les plus conservateurs.

Dès les premières charges - portées par d’anciens employés du réseau social, Facebook a joué la transparence, en expliquant comment étaient choisis ces sujets : un algorithme opère une première sélection, à partir de laquelle une équipe de « curators » sélectionne manuellement un certain nombre de sujets. Il y a donc bien un facteur humain dans le processus.

Mais selon une enquête interne à Facebook, aucun biais politique n’aurait été détecté. « Notre analyse indique en fait que les taux d’approbation de sujets progressistes ou conservateurs sont pratiquement identiques dans Trending Topics », écrit le conseiller juridique de Facebook, Colin Stretch, dans un communiqué publié en tout début de semaine.

Le même communiqué reconnaît toutefois que des « actions isolées déplacées » ne sont pas à exclure et promet de remettre de l’ordre dans les consignes transmises aux employés. Un recadrage de l’équipe éditoriale va donc être opéré, tandis que les directives seront mises à jour et que de nouvelles séances de formation seront proposées. Facebook serre donc la vis, sans pour autant reconnaître le moindre biais.

C’est que le réseau social prend la polémique très au sérieux. Pas question pour Facebook de se fâcher avec les conservateurs, le Grand Old Party et ses nombreux électeurs. Même si la Silicon Valley a la réputation d’être plutôt progressiste que conservatrice, Facebook doit rester ouvert à « toutes les idées », a rappelé Mark Zuckerberg la semaine dernière, à l’occasion d’une rencontre avec des leaders de la droite américaine. 

Si la perception de cette neutralité devait changer, le réseau social pourrait être accusé de chercher à influencer le vote de ses utilisateurs, et plus largement, de manipuler l’opinion publique.

On en parle aussi

Des trolls d’État inondent le web Chinois

La stratégie de contrôle du web social par les autorités chinoises aurait changé de braquet, à en croire une très sérieuse étude américaine menée conjointement par des chercheurs des universités de Harvard, Stanford et San Diego. Selon ces derniers, le pouvoir politique, ayant finalement réalisé que le contrôle des réseaux sociaux était proprement impossible, aurait embauché une armée de trolls dont la mission principale consiste à prêcher la bonne parole en ligne. L’année dernière, 488 millions de posts auraient ainsi été identifiés par les chercheurs comment étant des  fake, subventionnés par le gouvernement chinois. Le but ? Manipuler l’opinion publique en s’infiltrant sur les blogs et les forums, approche autrement plus subtile que la simple censure. Le plus souvent, raconte un ancien de cette brigade du web, il s’agit de changer de sujet ou de noyer le poisson quand les propos des internautes se font critiques. Une opération de propagande télécommandée par des directives quotidiennes très claires transmises aux employés en question. Le tout pour un tarif imbattable, de quelques dizaines de centimes par post publié. Une pratique qui peut sembler choquante, mais qui, comme le souligne opportunément Business Insider, est déjà largement répandue, notamment en Russie. Et pas seulement… Aux États-Unis, certains des partisans les plus fervents de la candidate Hillary Clinton se sont vantés le mois dernier de déployer tous les efforts – et de gros moyens – pour se faire la voix de leur championne sur les plateformes sociales… Du trollage certes plus académique, mais du trollage quand même.

Password story sur LinkedIn

Il y a une info cachée dans la révélation, par LinkedIn, de la véritable ampleur d’une cyberattaque survenue en 2012. Certes, le réseau social professionnel a reconnu que cette faille avait touché près de 167 millions de comptes, loin des 6,5 millions évoqués à l’époque. Mais le vrai scoop est ailleurs : les internautes seraient du genre plutôt naïf en matière de mots de passe. Des petits génies de l’informatique sont en effet parvenus à décrypter les mots de passe les plus employés par les utilisateurs sur LinkedIn et la liste a de quoi faire sourciller. Le mot de passe le plus populaire ? « 123456 ». Il a été utilisé 753 000 fois. En seconde place on retrouve l’indevinable « linkedin » (172 523 fois), suivi par le très mystérieux « password » (144 458 fois) et l’original « 123456789 » (94 214 fois). Le reste de la liste n’est pas beaucoup plus glorieux, avec ses « 111111 », « sunshine » et autres « abc123 ». À croire que les internautes n’ont toujours pas pris la pleine mesure de la valeur de leurs données personnelles, qui sont pourtant la cible de fréquentes attaques et qui sont ensuite proposées au plus offrant sur le dark web. 

Viadeo ne rêve plus d’ailleurs

Viadeo ne sera bientôt plus le « LinkedIn français ». Si la nouvelle stratégie de l’entreprise s’avère payante, les deux réseaux sociaux professionnels n’auront plus grand-chose à voir d’ici à 3 ans. Pour Viadeo, et contrairement au géant américain, finis les rêves de grandeur à l’international qui ont plombé les comptes et mis à mal le cours de l’action ces dernières années. Désormais, les efforts de Viadeo seront concentrés sur l’Hexagone, au cœur de ViaNext, son plan stratégique pour 2016-2018. On retient surtout l’axe de la recherche d’emploi qui deviendra la colonne vertébrale de la plateforme. Contrairement à LinkedIn, Viadeo n’encouragera pas ses membres à poster toujours plus de contenus mais souhaite se concentrer sur la mise en relation des candidats et des entreprises. Pas d’annonce franchement révolutionnaire pour le moment mais la possibilité de créer un CV vidéo, des abonnements premium gratuits pour les étudiants, les chômeurs et les associations, ainsi que l’ouverture d’une pépinière à start-up (ViaLab). Il sera aussi possible de donner son avis et de noter les entreprises, à la manière de ce que propose le site Glassdoor. Le nouveau PDG néerlandais Renier Lemmens promet en outre de « casser les prix » pour les entreprises, qui pourront publier autant d’offres qu’elles le souhaitent pour 850 euros par mois. Avec 11 millions de membres en France – pas toujours très actifs – Viadeo dispose d’une bonne base, qu’il va falloir stimuler sérieusement tout de même. Car pour faire affluer les revenus venant des entreprises, il faudra prouver que la communauté Viadeo est en capacité d’interagir et de s’engager.



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