Social Week Report - 28 octobre

Actu chargée du côté des réseaux cette semaine : Twitter entre de plain-pied dans la campagne présidentielle française, Facebook est contraint de revoir sa politique en matière de contenus choquants et le « live » débarque sur Instagram. En bonus, le Social Week Report vous révèle combien Snapchat compte amasser avec sa future introduction en Bourse.

2017 : TWITTER PRÉSIDENT ?

élections présidentielles

Le Pen ? Macron ? Au bout du compte, c’est bien Twitter qui pourrait tirer son épingle du jeu lors de la prochaine élection présidentielle française.

Le réseau social entend en effet jouer un rôle clé en vue du prochain scrutin. D’où le nouveau hashtag, #TwitterPolitique, lancé par @TwitterPolFR le 12 octobre, et la création d’un site internet, aucoeurdesdebats.fr, consacré aux données Twitter en temps réel autour des débats des primaires et de l’élection présidentielle.

Selon Justine Ryst, directrice du développement chez Twitter France, ce site permettra d’apporter « une expérience enrichie à tous les débats télévisés », avec des modules qui mesureront les sujets les plus commentés ou encore l’intensité des tweets par minute. De surcroît, grâce à un partenariat avec Sciences-Po, les étudiants en journalisme pourront couvrir en direct les événements majeurs de la campagne avec le soutien des équipes de Twitter France. 

D’après La Croix, le réseau aux 140 caractères peut compter sur deux atouts de taille : la publication en temps réel de l’information et la conversation. Dans un entretien avec Europe 1, le directeur général de Twitter France, Damien Viel, ne dit pas autre chose : « les gens sont dans l’authenticité dans le direct ». Et d’ajouter : « Twitter n’est pas un miroir déformant, mais une manière très simple de capturer les vraies opinions ».

Vraies opinions ou pas, la plateforme a déjà fait ses preuves aux États-Unis : plusieurs sénateurs républicains y ont très récemment retiré leur soutien à Donald Trump et plus de 3,2 millions d’internautes y ont suivi en direct le dernier débat présidentiel. Le débat précédent avait, quant à lui, généré plus de 17 millions de tweets ! Le Media Lab du prestigieux MIT a même participé à l’opération, ses chercheurs analysant toutes les conversations pour proposer un tableau de bord des tendances à destination des journalistes.

Si, du côté des candidats, Twitter est désormais une valeur sûre du point de vue de la communication, les impétrants expérimentent aussi d’autres solutions plus novatrices pour diffuser leur message. C’est le cas par exemple du candidat à la primaire de la droite et du centre Bruno Le Maire, qui a choisi le privilégier le tract WhatsApp pour mobiliser ses soutiens, au détriment de la newsletter, jugée ringarde.

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Contenus choquants : Facebook contraint de lâcher du lest

C’est un dernier cas de censure malencontreuse qui passe mal, en plein « octobre rose ». Jeudi dernier, l’association suédoise Cancerfonden remarque qu’une vidéo prônant la prévention du cancer du sein a été supprimée par Facebook. En cause, une poitrine stylisée par deux ronds roses montrant aux femmes comment effectuer les gestes nécessaires pour détecter des kystes éventuellement suspects. « Nous trouvons incompréhensible et étrange qu’on puisse percevoir une campagne d’information médicale comme choquante », rétorque alors l’association, soulignant avoir tenté, sans succès, de prendre contact avec le réseau social pour obtenir des explications. Cette déclaration publique a finalement porté ses fruits : Facebook a fait marche arrière, en remettant la vidéo en ligne, et a même dû présenter ses excuses, évoquant une « erreur ». Ce n’est pas le premier faux-pas du réseau social en matière de censure maladroite. Certes, les règles d’utilisation de Facebook interdisent explicitement la nudité. Mais les œuvres d’art ou les images aux « fins éducatives, humoristiques ou satiriques » peuvent être considérées comme des exceptions. Facebook, qui fait office de récidiviste en la matière avec la polémique sur L’Origine du monde, en 2011, ou encore la suppression de la photo historique d’une petite fille fuyant un bombardement au napalm pendant la guerre du Vietnam, en septembre dernier, se voit donc dans l’obligation de lâcher du lest. « Nous allons commencer à autoriser davantage de contenus dont les gens estiment qu’ils sont importants, qu’ils concernent l’actualité ou qu’ils ont un intérêt public, même s’ils ne respectent pas nos critères », ont ainsi écrit les vice-présidents de Facebook Joel Kaplan et Justin Osofsky dans un billet de blog publié en fin de semaine dernière.

La diffusion en direct testée sur Instagram

« Go Insta ! », voilà le nom de la toute dernière fonctionnalité qui pourrait débarquer sur Instagram. Proposée dans le nouveau service « Stories » du réseau social, il s’agirait d’un streaming live ouvert aux utilisateurs et aux marques. Rien de bien révolutionnaire, me direz-vous, quand on sait que la maison-mère Facebook a déployé à grande échelle son propre service de diffusion en direct, « Facebook Live », avec un certain succès. Cela montre surtout comment Facebook se prépare à son prochain objectif de taille : prendre la télévision de vitesse pour s’arroger une plus grosse part du gâteau publicitaire, encore réservé aux chaînes traditionnelles. Selon le Los Angeles Times, aux États-Unis, les annonceurs dépensent encore sept fois plus en écrans publicitaires destinés à la télévision que sur le Web. De même, les adultes américains passent en moyenne quatre fois plus de temps à regarder leurs programmes préférés sur le petit écran qu’ils n’en passent à regarder des vidéos sur Internet. Mais ces chiffres promettent d’évoluer fortement dans les années qui viennent, alors que les millenials vont prendre de la bouteille. Cette génération, ainsi que celle qui la suit, la génération Z, ayant été habituée à utiliser massivement les réseaux sociaux, on comprend pourquoi Facebook ne compte pas laisser passer ce tournant stratégique qui pourrait le rendre encore plus indispensable. Des ambitions partagées par Snapchat, qui passerait actuellement la seconde pour proposer des contenus originaux avec ses partenaires de « Discover » et par YouTube, qui cherche à convaincre des pointures de rejoindre son offre payante prévue pour mars 2017. Les networks n’ont qu’à bien se tenir !

Snapchat a la folie des grandeurs

Mars 2017 est encore loin mais chez Snapchat, on fait déjà les comptes. L’introduction en Bourse de la maison-mère, Snap Inc, aura pour objectif de lever jusqu’à 4 milliards de dollars, selon des sources citées par l’agence de presse américaine Bloomberg. L’opération pourrait ainsi valoriser la société entre 25 et 35 milliards de dollars, voire plus, à en croire les indiscrétions les plus optimistes. Ces montants vous paraissent peut-être faramineux, mais ils semblent cohérents avec la (très bonne) valorisation des entreprises du secteur. Twitter, par exemple, avait réussi à lever 13 milliards de dollars lors de son IPO en 2013. Depuis, bien-sûr, la valorisation de l’entreprise est en berne, faute de résultats jugés probants par les investisseurs. Autre pépite de la Silicon Valley, LinkedIn, qui vient d’être rachetée par Microsoft pour plus de 26 milliards de dollars. Enfin, Facebook, lors de son introduction en Bourse en 2012, avait levé sans mal plus de 16 milliards de dollars, pour une valorisation record de 104 milliards, qui flirte aujourd’hui avec les 380 milliards. Certes, Snapchat est encore loin de tutoyer ces sommets, mais les perspectives de croissance ont de quoi émoustiller le gratin des investisseurs : estimé entre 250 et 350 millions de dollars en 2016, les experts s’attendent à ce que Snapchat enregistre un chiffre d’affaire de plus d’un milliard en 2017.



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