Social Week Report - 29 avril

Cette semaine, Facebook annonce un nouvel algorithme. Une impression de déjà-vu ? Le Social Week Report vous explique pourquoi cette refonte du fil d’actu pourrait vraiment changer la donne. Twitter fait également les gros titres, avec des résultats jugés une nouvelle fois décevants. On vous emmène aussi aux États-Unis, où Kanye West sera jugé à cause d’un tweet et où les majors du disque s’en prennent à YouTube.

FACEBOOK : NOUVELLE REFONTE DU FIL D’ACTUALITÉ

Moins de deux ans après les propos très remarqués de Mark Zuckerberg expliquant que Facebook avait vocation à devenir « le parfait journal personnalisé pour chaque personne dans le monde », une nouvelle refonte du fil d’actualité pourrait donner corps à cette promesse.

Pour améliorer le contenu que les utilisateurs voient apparaître sur leur page, Facebook va déployer un nouvel algorithme prenant en compte le temps de lecture. Ça ne paraît peut-être rien, mais ça pourrait changer radicalement la sélection qui vous est proposée par le réseau social.

Explications.

Jusqu’ici, Facebook s’appuyait principalement sur les clics, les likes ou encore les partages pour statuer sur la pertinence d’une publication. En gros, que vous cliquiez par mégarde sur une vidéo ou que vous preniez la peine de lire un article de presse en entier n’avait pas franchement d’importance pour l’algorithme, incapable de faire la différence.

Désormais, Facebook sera capable de comptabiliser le temps passé à lire ou visionner une publication pour décider de sa pertinence. Avec le déploiement massif d’ « Instant Articles », c’est aussi un bon moyen de mettre en avant les éditeurs de contenus qui jouent le jeu, et de remiser au second plan le phénomène de clickbait, ces contenus pauvres qui visent à attirer le maximum de passages d'internautes souvent au moyen d’un titre racoleur.

Mais Facebook anticipe déjà les critiques : ce nouvel algorithme va-t-il mener à un appauvrissement du fil d’actualité ? Le réseau social promet de jouer la carte de la « diversité » des contenus, en s’attachant à multiplier les sources, et pas seulement les articles de ses partenaires.

Dernière nouveauté possible, mais non confirmée, Facebook pourrait se muer en agrégateur de contenus, à la manière de Google News, et ainsi proposer un classement thématique des actualités. Des expérimentations en ce sens ont été repérées ces derniers temps par les utilisateurs, soulignant que cette prochaine refonte ne sera pas uniquement cosmétique.

TWITTER DÉÇOIT DE NOUVEAU

La présentation des résultats de Twitter, c’est un peu toujours la même rengaine : les marchés financiers sont déçus et sanctionnent lourdement le titre du groupe à la Bourse. Même scénario donc cette semaine, à l’occasion de la publication des résultats du premier trimestre.

Cette fois, c’est la prévision de Twitter pour le second trimestre qui a été particulièrement mal accueillie, avec seulement 590 à 610 milllions de dollars de chiffre d’affaires attendus, quand les analystes anticipaient en moyenne plus de 670 millions.

Pas de satisfecit non plus du côté du chiffre d’affaires engrangé sur les trois premiers mois de l’année. Malgré une hausse de 36%, le marché espérait mieux. Pire, la progression du nombre de nouveaux utilisateurs peine à convaincre une nouvelle fois, avec seulement 5 millions d’utilisateurs actifs gagnés sur la période. Mitigés, ou carrément décevants selon les médias, ces résultats signalent en tout cas que Twitter n’a toujours pas trouvé la recette pour séduire le grand public. Autre couplet bien connu, la comparaison avec Facebook, toujours plus cruelle. Avec des résultats meilleurs que prévu au premier trimestre, l’entreprise de Mark Zuckerberg règne en maître incontesté sur l’industrie.

Seuls motifs de réconfort pour le PDG Jack Dorsey, une amélioration de l’engagement des utilisateurs qui « aiment » et « retweetent » davantage les messages publiés et une adoption générale du nouveau fil d’actualité, pourtant très décrié lors que sa mise en place. Le co-fondateur de Twitter préfère regarder vers l’avenir, insistant sur l’importance du direct pour la plateforme, qui a remporté au début du mois un contrat avec la ligue nationale de football américain (NFL) pour diffuser des matches en direct.

ON EN PARLE AUSSI

Un tweet vous engage-t-il aux yeux de la loi ?

Aux États-Unis, le rappeur un tantinet mégalo Kanye West est poursuivi en justice par un fan pour promesses non tenues et incitation frauduleuse à la consommation. En cause, 107 caractères tweetés par le chanteur en février 2016, promettant que son album ne serait « jamais jamais jamais » [sic] disponible ailleurs que sur la plateforme de streaming Tidal, et incitant donc ses fans à s’y inscrire pour se le procurer. Problème, six semaines plus tard, l’album est bel et bien trouvable sur iTunes ou Spotify… Circonstances aggravantes pour le chanteur, il se trouve aussi être actionnaire de Tidal, rachetée début 2015 par le musicien Jay Z pour 56 millions de dollars et rencontrant un succès pour le moins confidentiel. Selon les plaignants, le tweet de Kanye West, dont le compte est suivi par plus de 22 millions d’utilisateurs, aurait eu l’effet escompté : en un mois, les inscriptions sur Tidal ont triplé grâce à son nouvel album. Mais West a-t-il frauduleusement appaté ses followers et abusé de son influence sur le web social ? Le procès devra le déterminer, tout en statuant dans le même temps sur la valeur légale de ce tweet.

YouTube se met l’industrie musicale à dos

C’est un nouvel épisode dans la bataille de longue haleine qui oppose les majors de la musique et YouTube. Selon le Financial Times, Universal, Sony et Warner auraient saisi le Bureau américain du copyright (US Copyright Office) pour faire valoir que « Content ID », la technologie utilisée par la filiale de Google pour reconnaître les contenus téléchargés illégalement sur sa plateforme est en fait inefficace. C’est grâce à ce logiciel que YouTube assure être en mesure d’identifier les contenus non libres de droits, et qui peuvent donc donner lieu au versement de revenus. Mais voilà, les majors estiment que YouTube surestime l’efficacité de « Content ID », ce qui lèse les artistes et les maisons de disque. Face au géant de la vidéo en ligne, les majors ne comptent pas se laisser faire et maintiennent la pression, en vue des renouvellements de contrats qui doivent avoir lieu cette année. Dernière saillie en date mal digérée du côté des majors : mi-avril, Stephen Nuttall, un haut dirigeant de YouTube Europe, a estimé que les 3 milliards de dollars versés aux labels depuis le lancement du site étaient bien généreux…

Une petite minute sur les réseaux sociaux, c’est…

…120 nouveaux comptes créés sur LinkedIn, 347 222 de tweets publiés sur Twitter, 527 760 photos partagées sur Snapchat, 38 194 posts partagés sur Instagram, 1,04 million de boucles de vidéos de Vine regardées, 2,78 millions de vidéos vues sur YouTube, 20,8 millions de messages envoyés via WhatsApp et 701 389 connexions effectuées sur Facebook. Ces chiffres à donner le vertige ont été publiés par Excelacom dans une infographie, reprise en France par Le Blog du Modérateur. En forte progression par rapport à 2015, ils mettent aussi en exergue la thématique du Big data, ou comment gérer et tirer parti de ce flux ininterrompu d’informations personelles consenties, plus ou moins consciemment, par les internautes du monde entier.




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