Social Week Report - 29 juillet

Social Week Report - 29 juillet

Cette semaine, Twitter et Facebook ont publié leurs résultats trimestriels, avec des destins particulièrement contrastés. Tout ce qu’il faut comprendre et retenir est dans le Social Week Report. On vous parle aussi d’une nouvelle tendance sur LinkedIn et des promesse du drone Aquila lancé par Facebook.

Twitter

TWITTER N’Y ARRIVE TOUJOURS PAS

Jack Dorsey n’est toujours pas l’homme providentiel pour Twitter. Pour le huitième trimestre consécutif, l’entreprise a fait état d’un chiffre d’affaires en petite forme et d’une croissance des nouveaux utilisateurs carrément anémique. Une impression de déjà-vu ? En réalité, c’est encore pire que d’habitude pour ce second trimestre 2016, avec un chiffre d’affaires s’établissant à 602 millions de dollars, en deçà des attentes des marchés.

L’action du groupe a immédiatement plongé, alors que les investisseurs déploraient également les objectifs financiers établis pour le 3e trimestre, avec un chiffre d’affaires attendu dans une fourchette de 590 à 610 millions de dollars. Pour les marchés, c’est insuffisant. Twitter explique que la demande du côté des annonceurs s’annonce fragile, ce qui pousse la plateforme à revoir ses ambitions à la baisse. Le groupe évoque entre autres « une concurrence croissante pour les budgets de marketing sur les réseaux sociaux ».

Les nouveaux utilisateurs ne se bousculent pas non plus au portillon, avec une croissance de seulement 3% par rapport au second trimestre de l’année précédente. Cerise sur le gâteau, Twitter n’est toujours pas profitable, avec une perte de 107,2 millions de dollars enregistrée sur le trimestre.

Bref, c’est la crise. Malgré une stratégie jugée unanimement prometteuse pour accélérer dans la diffusion de vidéos en direct (événements sportifs et politiques, notamment), Twitter reste une nébuleuse qui peine à attirer le grand public. Fait symptomatique, le réseau social vient de lancer une campagne corporate intitulée « See what’s happening », qui se propose tout bonnement d’expliquer l’intérêt d’être inscrit sur Twitter. C’est dire…

Et le retour en fanfare du très médiatique Jack Dorsey, il y a un an, n’a pas (encore ?) porté ses fruits. Certains médias estiment que la double casquette du dirigeant – également aux manettes de Square, l’entreprise spécialisée dans le paiement mobile et électronique – est clairement un obstacle. Aucun des changements mis en place sur les 12 derniers mois (bouleversement de l’algorithme chronologique, limite de caractères autorisés étendue etc.) ne semble avoir eu l’effet escompté. Fragilisé financièrement et en quête d’une identité rassembleuse, Twitter pourrait rapidement être la cible des entreprises du secteur les plus gourmandes.

ON EN PARLE AUSSI

Facebook s’envole en bourse…

En revanche, tous les indicateurs sont au vert pour l’autre vétéran des réseaux sociaux, Facebook. Mercredi 27 juillet, la firme de Menlo Park a annoncé des résultats record pour le deuxième trimestre. L’audience est toujours en croissance (1,71 milliards d’utilisateurs à fin juin, contre 1,65 milliards trois mois plus tôt) et les recettes publicitaires explosent (+ 63%). Résultat : le bénéfice net a triplé, à 2 milliards de dollars. Même les analystes n’avaient pas osé se montrer aussi optimistes. Pour ne rien gâcher, le temps passé sur Facebook, Instagram ou Messenger a enregistré un bond de plus de 10% sur un an. Comme l’explique Challenges.fr, la publicité mobile est le principal moteur de croissance du géant californien, car elle représente désormais 84% des recettes publicitaires encaissées. Le directeur financier du groupe, David Wehner, a pourtant évoqué un futur ralentissement de la croissance. En tout cas, Facebook continue de mettre le paquet sur le développement, avec des dépenses qui devraient encore augmenter cette année de 30% à 35%. « Nous avons encore beaucoup de travail à faire » et « cela signifie faire de gros investissements et prendre des risques », a commenté Mark Zuckerberg. Il a notamment évoqué les efforts de l’entreprise dans la vidéo, destinée à jouer un rôle clé à l’avenir.

…et Zuckerberg se voit en l’air avec le drone Aquila

Dans 10 ans, des drones déployés sur toute la planète seront en mesure d’apporter l’Internet à peu près partout. Voilà à quoi ressemble le rêve de Mark Zuckerberg, qui a accordé un long entretien à The Verge cette semaine. Le chef d’entreprise s’exprimait alors que l’entreprise fêtait le succès du vol d’essai de son propre drone solaire, Aquila. Cette technologie n’est que la pointe de l’iceberg d’un vaste programme destiné à faire de l’universalisation de l’accès à l’Internet une réalité. En agissant comme des « relais téléphoniques », ces drones pourraient être postés au-dessus des villes et des villages partout dans le monde pour fournir un tel accès aux habitants. Mark Zuckerberg en est convaincu, des milliers d’Aquila seront la solution pour apporter une connexion Internet partout à travers le monde. Mais ne demandez pas à Zuck d’avouer qu’un tel déploiement ferait avant tout les affaires de Facebook. En bon évangéliste du Web, le dirigeant du réseau social présente cette avancée comme une occasion pour les plus démunis de s’instruire ou encore d’accéder à l’emploi. Pourtant, Facebook aurait sans aucune doute beaucoup à y gagner. Cela pourrait notamment lui permettre d’accéder enfin au marché indien et à son milliard d’habitants sans connexion. Pour ce qui concerne le réseau social à proprement parler, Mark Zuckerberg voit le futur en réalité virtuelle et augmentée, dès que le prochain standard de téléphonie mobile, la 5G, se sera généralisé.

Attention aux compétences farfelues sur LinkedIn !

Si vous évoluez régulièrement dans l’écosystème LinkedIn, vous connaissez forcément les recommandations de compétences. Vos relations peuvent par ce biais adouber certains de vos talents professionnels, afin d’optimiser la visibilité de votre profil. Mais une pratique alternative proche de la blague potache se développerait sur le « serious network ». Le très respectable Wall Street Journal se fait l’écho de l’émergence du « endorsement bombing » ou comment recommander ses collègues pour des compétences pour le moins décalées, et si possible, gênantes. Ainsi, certains utilisateurs ayant validé un peu vite les recommandations de leurs relations, auraient vu apparaître des talents farfelus tels que « fromage », « câlins » ou encore « lubrifiants » sur leur carte de visite virtuelle, au côté des plus traditionnels « marketing » ou « management ». Une bonne blague revendiquée haut et fort par certains utilisateurs interrogés par le quotidien américain. « Il faut que ce soit le plus bizarre et le plus abstrait possible », explique ainsi un certain M. Wilson, identifié comme cadre d’une start-up américaine. Un autre plaisantin explique que cet acte parodique a plus de sens qu’il n’y paraît. Il s’agirait de faire prendre conscience de l’incongruité du système LinkedIn, qui permet à tous d’être recommandés pour des talents aussi essentiels que « le combat à l’épée », « les gâteaux d’anniversaire » ou même « le beurre ».




Search article