Social Week Report - 30 Janvier

Une fois n’est pas coutume, la star incontestée de la semaine, c’est Snapchat, qui lance une prometteuse nouvelle fonctionnalité pour son public d’ados. Facebook, avec des résultats annuels tonitruants et un premier court-métrage de réalité virtuelle, fait de la résistance. Pinterest n’est pas à la fête, alors qu’une étude remet en cause sa capacité à attirer les marques.

SNAPCHAT PREND DE LA SUBSTANCE

Contre toute attente (ou presque), l’année 2015 sera peut-être l’année Snapchat ! À dire vrai, on ne voyait pas très bien comment l’application de photos éphémères, utilisée principalement par un public assez jeune, allait négocier le tournant crucial de la rentabilité. Ces derniers mois, la stratégie de diversification de Snapchat a été scrutée par les médias du monde entier, et un nouveau service semblait sur le point de voir le jour dès la fin de l’année 2014 (voir « Snapchat en passe d’écrire son histoire »). En ce début d’année, Snapchat a franchement passé la seconde en lançant « Discover », une nouvelle fonctionnalité qui devrait transformer l’application en un véritable fil d’info à destination des 15-25 ans.

Pour ce lancement, l’entreprise s’est ainsi associée à 11 médias, dont CNN, National Geographic ou Cosmopolitan, mais aussi la major Warner Music Group, le Daily Mail britannique et le groupe Vice. Ces derniers proposeront du contenu informatif directement sur Snapchat, au travers de chaînes dédiées. Peu après le lancement, CNN proposait par exemple un article sur la tempête de neige aux États-Unis, ou encore un reportage vidéo dans le camp d’Auschwitz. Snapchat éditera également son propre contenu sur un douzième canal, et l’entreprise se serait déjà adjoint les services de journalistes pour l’alimenter, sous forme de vidéos, de textes ou de photos.

Le nouveau service devrait également inclure du contenu sponsorisé, que Snapchat promet « magnifique » dans son communiqué. Magnifique, peut-être, mais rémunérateur, certainement ! Selon Le Figaro, Snapchat aurait demandé une commission de 40 % sur les revenus publicitaires engendrés par les articles proposés, ce qui risque de ne pas plaire à tout le monde. Pas aussi éphémères que les snaps classiques, les chaînes de « Discover » seront tout de même tenues de supprimer et de remplacer les articles et les vidéos toutes les 24 heures.

Tant attendu et commenté par tous, le lancement de « Discover » constitue certes le coup d’envoi de la stratégie de monétisation de Snapchat, mais on assiste également à un véritable changement de paradigme : quand Facebook et Twitter se présentent comme des plateformes neutres hébergeant simplement du contenu, Snapchat revendique des ambitions fortes en tant que créateur de contenu médiatique. Mais avec quelle ligne éditoriale ?

Instagram est persona non grata sur Twitter

Ils sont nombreux les tweetos, célèbres ou anonymes, à avoir pour habitude de partager leurs clichés Instagram avec leurs followers. Et bien le site de microblogging pourrait bientôt mettre fin à cette pratique trans-réseaux, en bannissant purement et simplement les liens vers l’application concurrente présente sur les timelines de ses utilisateurs. C’est en tout cas ce qui semble se profiler, au vu des recommandations émises cette semaine par Twitter à une poignée de ses utilisateurs les plus influents. C’est le site Mashable qui révèle la manœuvre, captures d’écran à l’appui. Suite à la publication d’un lien vers Instagram, ces utilisateurs auraient vu apparaître la mention « postez vos photos directement sur Twitter pour être sûrs que vos fans soient toujours en mesure de les voir ». Il n’en fallait pas plus pour déclencher un nouvel épisode de la guerre entre Instagram, propriété de Facebook depuis 2012, et Twitter. En effet, le dynamisme insolent d’Instagram – 300 millions d’abonnés revendiqués – a de quoi agacer Twitter et ses 284 millions d’utilisateurs actifs. L’entreprise cherche donc à encourager un maximum la publication de contenus depuis sa plate-forme, via son service natif d’édition de photos. Une manière de se prémunir contre la fuite de ses utilisateurs vers Instagram. Rancune tenace pour Twitter, qui se rappelle sans doute qu’il y a plus de deux ans, Instagram avait décidé de remplacer les photos publiées sur Twitter… par de petits liens volontairement peu pratiques.

Pinterest devra encore travailler pour attirer les marques

Voilà une étude qui n’aura sans doute pas ravi le réseau d’images Pinterest, alors que ce dernier vient tout juste d’acquérir Kosei, une start-up spécialisée dans la recommandation de produits aux internautes. D’après un rapport de Forrester Research, un cabinet américain spécialisé dans les études de marché, l’intérêt de Pinterest pour les marques reste encore très limité. Sur le papier, le réseau à « pins » dispose pourtant de tous les atouts pour réussir sa monétisation : une audience en constante augmentation, et une progression dans l’utilisation quotidienne – principalement aux États-Unis. Même les hommes, historiquement peu attirés par le site étiqueté plutôt girly, s’y mettent ! Mais l’analyse de Forrester est sans appel : la rétention des données personnelles pratiquée par Pinterest empêche les marques de construire des « tableaux » à succès sur le réseau (l’équivalent des profils sur Facebook), et les marques présentes ont du mal à acquérir des abonnés et à susciter l’engagement. On vous rassure, tout n’est pas si noir pour le réseau. « Si Pinterest choisissait, un jour, d’exploiter totalement ses données sur les consommateurs, le site engendrerait plus de ventes que les données de Facebook ou Twitter et, à l’horizon 2016, ses offres publicitaires l’emporteraient sur celles des autres réseaux sociaux », souligne l’analyste de Forrester Nate Elliott. Résultat, le potentiel de Pinterest en matière de marketing appartient bien plus au futur qu’au présent, et est conditionné au volume de data sur ses utilisateurs que le réseau voudra bien mettre à disposition des marques.

Pas de fins de mois difficiles sur PeepMe

Le réseau social qui fait les comptes pour vous débarque en Europe. Il s’agit de PeepMe (de l’anglais « peep » pour « jeter un coup d’œil »), une plateforme réservée à ceux qui roulent sur l’or et qui n’ont pas peur de le montrer. Le principe est simple : vous vous constituez un profil à base de photos de vos possessions ou de vos derniers achats, sans oublier d’en renseigner le prix. PeepMe fournit gracieusement l’addition, et évidemment, plus elle est élevée, mieux ce sera, puisqu’elle figure en bonne place sur votre profil. Si vous voulez discuter gros sous avec vos amis, un chat est même disponible. Des célébrités américaines seraient déjà utilisateurs de ce réseau, à la décence bien discutable. L’application, créée par un jeune belge de 23 ans, a été lancée aux États-Unis l’année dernière et se targue de rassembler tout de même quelque 350 000 utilisateurs actifs. Parions que la traditionnelle pudeur française sur les questions d’argent devrait freiner le développement de ce réseau résolument sans complexe dans le pays.

Facebook lance les films à immersion

La réalité virtuelle et Facebook, c’est une affaire qui marche. Souvenez-vous, en 2014, on se demandait dans quelle branche Facebook allait bien pouvoir nous étonner. À priori, ce sera… dans l’industrie du film, mais pas dans n’importe quel genre. Après avoir racheté l’année dernière Oculus, une société fabricante de casques de réalité virtuelle, Facebook a annoncé cette semaine la création d’un studio de cinéma pour la réalisation de films en immersion totale. Le premier opus de Story Studio a même été présenté à l’occasion du festival américain du cinéma indépendant Sundance, le 27 janvier. Lost, premier court métrage d’une série de quatre prévus cette année, invite le spectateur à vivre le périple d’une main de robot à la recherche du reste de son corps dans la forêt. L’action se déroule à 360° degrés, tandis que les spectateurs sont armés du casque Crescent Bay, la nouvelle version de l’Oculus Rift. Une expérience diversement appréciée par les journalistes américains présents lors de la projection, les uns regrettant le manque d’interactivité réelle, les autres prédisant un futur à succès pour ces films en réalité virtuelle. L’entreprise de Mark Zuckerberg peut sans doute se permettre quelques folies, puisque les derniers résultats de Facebook, boostés par l’utilisation sur mobile, font état d’un bénéfice annuel doublé en 2014, et d’un chiffre d’affaires en hausse de 58% sur l’année.

Si vous avez apprécié ce post réalisé par l’équipe Synthèse de Kantar Media, nous vous invitons à découvrir notre service Revues et Synthèses médias, ainsi que notre vidéo des prédictions sur les 10 tendances à suivre cette année dans la sphère social media !




Search article