Social Week Report - 30 septembre

Cette semaine, les marronniers de la Silicon Valley sont de sortie : le rachat de Twitter et la version professionnelle de Facebook seraient imminents. Pendant ce temps-là, Snapchat change de nom et lance des lunettes connectées, tandis que LinkedIn pousse l’offensive dans la formation en ligne. Bref, tout ce qu’il faut savoir de la semaine des réseaux sociaux est dans le Social Week Report !

TWITTER : LE BAL DES PRÉTENDANTS EST OUVERT

Twitter

Cette fois-ci, cela pourrait bien dépasser le stade de la rumeur : Twitter est en discussions avancées avec plusieurs poids lourds du numérique en vue d’un possible rachat, suite à la dernière réunion de son conseil d’administration. Les premières indiscrétions sont venues le 23 septembre de la chaîne d’informations financières américaine CNBC, qui affirme que Google et Salesforce seraient sur les rangs. Microsoft, Verizon et même Disney feraient aussi partie des repreneurs potentiels.

Pas de confirmation officielle, mais tous les médias ont repris l’information en chœur. C’est qu’une telle annonce ne constitue pas franchement une surprise. Twitter, qui peine toujours à trouver un modèle économique viable, a affiché de très mauvais résultats pour le deuxième trimestre 2016, ce qui avait déjà relancé les rumeurs autour d’un rachat.

Pour les observateurs, dont Numerama, Google est « le candidat attendu », Les Échos allant jusqu’à évoquer un mariage « totalement naturel ». Il est indéniable que certaines complémentarités sautent aux yeux : Google pourrait enfin percer dans le monde des réseaux sociaux, rapprocher la plateforme de microblogging de YouTube et surtout utiliser son expertise pour booster les recettes publicitaires de Twitter, explique Le Monde.

De surcroît, Google a les poches suffisamment profondes. Car Twitter n’entend pas se brader : Re/Code affirme que le réseau social espère jusqu’à 26,7 milliards d’euros ! Une somme plus que rondelette, quand on sait que Twitter ne vaut plus que 13 milliards de dollars aujourd’hui – si l'on ignore le bond de 20% provoqué par les rumeurs – et que l’entreprise n'a toujours pas dégagé son premier dollar de bénéfice.

Salesforce, pour sa part, est l’éditeur de logiciels de CRM qui s’est récemment fait coiffer au poteau par Microsoft dans les derniers tours d’enchères autour de LinkedIn. Salesforce apparaît donc comme un prétendant sérieux, même si la stratégie derrière une telle acquisition semble moins évidente, comme l’explique le FT.

L’entreprise, spécialisée dans la relation client, pourrait tout miser sur le caractère direct et immédiat de Twitter pour permettre aux entreprises de communiquer de façon plus efficace et rapide avec leurs clients. Avec le risque, pour Twitter, de se voir transformé en un simple outil de communication pour les marques, perdant par la même occasion beaucoup de son identité et de son attrait pour les utilisateurs de la première heure.

SNAPCHAT EST MORT, VIVE SNAP !

Des lunettes de soleil connectées et un changement de nom : la fin de semaine a également été chargée pour Snapchat… ou plutôt Snap. Car c’est ainsi qu’il faudra désormais désigner l’entreprise, même si l’application qui a fait son succès conserve bien le nom historique.

Côté lunettes, Snap a dévoilé ses « Spectacles » (lunettes en anglais, il fallait y penser) équipées de deux mini-caméras. Pour moins de 130 dollars, elles font aussi lunettes de soleil, mais vous permettront surtout de filmer des vidéos de 10 secondes, transférables directement sur Snapchat pour y devenir des « snap ».

Nettement plus gadget que les « Google Glass », qui valaient 1 500 euros, les « Spectacles » sont a priori promises à un destin moins tragique. D’autant que l’entreprise ne mise pas vraiment sur un raz-de-marée : les lunettes connectées ne seront disponibles qu’aux États-Unis et le stock sera, de l’aveu même du PDG Evan Spiegel, assez limité.

Il faut plutôt aller chercher du côté du symbole pour comprendre ce qui se joue, avec ces deux annonces a priori sans lien direct. Si Snap ne veut plus être réduit à Snapchat, c’est qu’une vraie stratégie de diversification est enclenchée, à l’image de ce qu’on fait les autres géants du « social ». En matière d’équipements, on pense à Instagram et son appareil photo Socialmatic, ou encore à Facebook et son casque de réalité virtuelle. Le lancement des « Spectacles » pourrait n’être à cet égard que la première pierre de l’édifice pour Snap, qui a toujours son introduction en Bourse en ligne de mire et qui pourrait bientôt dévoiler d’autres incursions hors de son pré carré originel, peut-être du côté de la réalité virtuelle et de la 3D.

ON EN PARLE AUSSI

La formation en ligne, nouvelle frontière pour LinkedIn ?

LinkedIn, le réseau social professionnel récemment racheté par Microsoft, vient de lancer LinkedIn Learning, une plateforme proposant des cours en ligne. Les utilisateurs pourront ainsi parfaire leurs compétences professionnelles, sans oublier de mettre ensuite à jour leur profil pour illustrer leur évolution. Cette nouvelle fonctionnalité est déployée un an après le rachat, pour 1,5 milliard, de la start-up Lynda, une plateforme regroupant des dizaines de milliers de tutoriels vidéo. LinkedIn Learning reprendra donc la plupart des contenus de Lynda – 9 000 cours environ. Cette nouvelle offre s’adresse évidemment aux utilisateurs mais aussi aux entreprises désireuses de former leurs employés et aux  instituts de formation qui développent leur offre de e-learning. LinkedIn ouvrira prochainement cette plateforme à ses membres premium, qui auront la possibilité d’accéder à 25 cours en ligne chaque semaine. En s’appuyant sur une approche orientée data, grâce à la technologie du logiciel Careerify, LinkedIn arrivera à mieux connaitre les besoins individuels en formation et se différencier donc de ses concurrents directs, comme Coursera and Udacity. La formation s’impose désormais comme « l’une des toutes premières priorités » du groupe, a confirmé le PDG Jeff Weiner, cité par TechCrunch.

@Work/@Home, Facebook bientôt partout avec vous

Le serpent de mer Facebook@Work refait surface ! Le lancement de l’outil collaboratif de Facebook version open space serait imminent, à en croire les sites The Information et TechCrunch. La déclinaison professionnelle du réseau social s’est fait attendre, puisque les premières rumeurs datent de la fin 2014. Une version bêta était testée par des entreprises depuis le début de l’année 2015. À l’instar des offres existantes (Convo, Salesforce Chatter, Yammer), la promesse de Facebook@Work est d’accroître la productivité collaborative, notamment en réduisant l’afflux de mails, véritable fléau du bureau. @Work présentera en outre l’avantage d’un environnement familier, puisque les utilisateurs y retrouveront par exemple un fil d’actualité. Plus largement, la prise en main de l’outil devrait donc s’en trouver facilitée. Autre atout pour doubler la concurrence : il sera possible de s’inscrire grâce à son profil Facebook personnel, sans pour autant que vos données privées soient partagées avec les collègues et le service des ressources humaines. Cet engagement de Facebook à établir une stricte séparation de la data constituait l’un des enjeux majeurs. Enfin, des API permettront aux entreprises utilisatrices d’établir des jonctions avec d’autres outils. Reste à savoir à combien s’établira la facture pour ceux qui choisiraient de se convertir à cette mouture professionnelle du réseau star. Seule certitude, les quelque 400 bêta-testeurs devraient bénéficier de quelques mois supplémentaires à discrétion, pour services rendus.



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