Social Week Report - 31 juillet

Dans le Social Week Report cette semaine : les faiblesses de Twitter s’étalent au grand jour, Facebook confirme sa forme olympique et YouTube vous offre une plongée vidéo dans l’histoire du monde. En bonus, on parle du sort réservé aux plagiaires de bonnes blagues sur les réseaux.

QUAND TWITTER PLEURE …

Twitter a joué la transparence en dévoilant mardi ses résultats trimestriels. Malgré une forte croissance du chiffre d’affaires (+61% à 502 millions de dollars), la quasi-stagnation du nombre d’usagers (+2,6% à 304 millions) a fait dire à Jack Dorsey, le patron en intérim, que la situation était « inacceptable ».

En clair, si Twitter a bien réussi à monétiser son audience actuelle (en intégrant toujours plus de publicité), le site pèche encore et toujours lorsqu’il s’agit de s’attirer de nouveaux utilisateurs. Mais pourquoi Twitter n’arrive-t-il pas à convaincre le plus grand nombre alors que sa notoriété est planétaire ? La raison en est toute simple : Twitter « reste trop compliqué à utiliser », a expliqué sans détour le directeur financier Anthony Noto, qui avoue donc que la stratégie de l’entreprise n’a pas pris auprès du grand public.

Même l’addiction des Twittos semble se résorber : seuls 44% des utilisateurs se connectent tous les jours sur les 20 principaux marchés de Twitter, contre 48 % sur les trois premiers trimestres de 2014. Comme il fallait s’y attendre, le couperet est tombé immédiatement à Wall Street, les investisseurs faisant dégringoler le cours de l’action Twitter de 15% au lendemain de ces annonces.

… FACEBOOK RIT

Chez Facebook, en revanche, on parle plutôt de problèmes de riche. L’entreprise a dévoilé des résultats meilleurs qu’attendus un jour après Twitter, faisant état d’une progression de 17% de son nombre d’utilisateurs quotidiens au second trimestre. Encore mieux, aux États-Unis, sur cinq minutes passées sur un smartphone, une est en moyenne consacrée à utiliser Facebook, expliquait fièrement la directrice générale Sheryl Sandberg. D’après les calculs de la BBC, la moitié de la population mondiale utilisant Internet se rend ainsi sur Facebook au moins une fois par mois.

Pourtant, le bénéfice net de l’entreprise de Menlo Park a chuté de 9%, à 715 millions de dollars. La faute à la stratégie (complètement assumée) de Mark Zuckerberg, qui consiste à investir massivement pour assurer la croissance du groupe à long-terme. Les coûts et les dépenses du réseau social ont ainsi augmenté de 82% en un an, effaçant la majeure partie du chiffre d’affaires, pourtant en grande forme au second trimestre (+39%), grâce à la publicité sur mobile. Pour Le Monde, malgré ses allures de panier percé, Facebook « s’impose comme le grand média planétaire de ce début de siècle », devenant même « le nouvel ogre de l’internet ».

ON EN PARLE AUSSI

Twitter chasse les plagiats

Twitter ne plaisante pas avec le concept de propriété intellectuelle qui, contrairement aux apparences, est tout à fait valable sur les réseaux sociaux comme ailleurs. Le site a donc fait un peu le ménage cette semaine, en supprimant certains tweets d’utilisateurs (américains) qui reprenaient sans les citer les 140 caractères maximums postés par d’autres Twittos. À en croire le média The Verge, la décision de Twitter ferait suite à la demande Olga Lexell, une auteure indépendante basée à Los Angeles qui s’estimait lésée par ces voleurs de tweets. « Ces tweets faisaient partie de ma propriété intellectuelle, et […] les utilisateurs en question [n’ont] pas la permission de les reposter sans me créditer », a-t-elle ainsi expliqué. Il faut dire qu’une bonne blague sur Twitter comme sur les autres réseaux sociaux est l’assurance de voir se multiplier les like ou les RT, avec la possibilité, à terme, de monnayer cette popularité. Le plagiat de traits d’esprit n’est donc pas à prendre à la légère et Twitter l’a bien compris. Désormais, il suffit de remplir un formulaire mis à disposition sur le réseau social pour déposer une plainte en tant que « détenteur des droits d’un tweet » et ainsi demander au réseau social de supprimer les tweets d’autres personnes qui l’ont copié. D’après Le Figaro, loin d’être futile, la décision de Twitter peut être vue comme une nouvelle étape de la transition d’un Web « sauvage », où les règles sont plus ou moins ignorées, vers un Web plus policé. Pour Les Inrocks en revanche, la mesure remet en cause le principe d’autorégulation du réseau social.

La belle part de l’histoire est sur YouTube

Parce qu’il ne se contente pas d’héberger des vidéos abrutissantes ou regorgeant d’adorables chatons, YouTube a intégré cette semaine deux nouvelles chaînes offrant 120 ans d’archives vidéo. On doit cette belle et instructive initiative à l’Associated Press (l’équivalent américain de l’Agence France Presse) et à British Movietone, qui ouvrent ainsi au public leurs mirobolantes archives historiques. Au programme, à peu près tout ce que le monde a traversé au cours du siècle dernier (et plus), entre catastrophes naturelles et avancées technologiques, en passant par les grands procès. Vous pourrez aussi revivre les événements sportifs majeurs ou les grandes tragédies en images. Les archives de l’AP ne sont pas encore disponibles en intégralité, mais au final, près de 550 000 vidéos devraient être mises en ligne. Une mine d’or pour les profs d’histoire à travers le monde, qui devraient trouver là de quoi intéresser leurs élèves. Et en bonus, l’agence de presse américaine a vraiment pensé à tout, avec une catégorie « Weird and Wacky » (étrange et farfelu) où vous pourrez retrouver en action des animaux aux comportements bizarres. La boucle est bouclée !

Emilie-Lhoste-V1-2

 

 




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