Social Week Report - 4 novembre

Cette semaine, Facebook persiste et signe, LinkedIn s’accroche, et Twitter souffle un peu… Après avoir épluché les résultats des trois géants du numérique, le Social Week Report fait le tri pour vous et met le doigt sur tout ce qu’il faut retenir des chiffres publiés par les réseaux sociaux. À lire aussi, la succession numérique à la Maison-Blanche et la victoire allemande contre YouTube.

visuel spécial résultats

« ENCORE UN BON TRIMESTRE » POUR FACEBOOK

C’est en ces termes pour le moins euphémisants que Mark Zuckerberg a commenté les derniers résultats financiers publiés par son entreprise. Il y aurait pourtant de quoi verser dans l’hyperbole : avec un chiffre d’affaires qui crève le plafond à plus de 7 milliards de dollars au troisième trimestre (+ 55,8%), Facebook se paye le luxe de dépasser les attentes de tous les analystes. Même euphorie du côté des profits, qui passent aisément le cap des 2,3 milliards de dollars, en hausse de 891 millions.

La domination du géant sur le Web est (presque) sans partage. L’entreprise californienne absorbe ainsi avec Google quasiment toute la croissance du marché de la publicité numérique. Les deux groupes captent pas moins de 68% de tous les budgets publicitaires en ligne. Pas de fléchissement non plus du côté des utilisateurs : ils sont 16% de plus que l’année dernière, soit 1,79 milliard, dont 66% se rendent sur Facebook tous les jours.

Cette litanie d’excellents chiffres n’a pas empêché le titre de reculer sur les marchés financiers, à la suite de la publication. C’est que le directeur financier de la firme a prévenu : un tel niveau de croissance ne sera pas au rendez-vous l’année prochaine. D’une part, Facebook ne veut pas augmenter le volume de publicités inséré dans les fils d’actualité de ses utilisateurs pour faire gonfler ses revenus et d’autre part, les dépenses d’investissement vont être revues à la hausse.

Le réseau social compte donc sur les nouveaux utilisateurs et sur l’essor de la vidéo pour compenser cet essoufflement annoncé.

LINKEDIN CROÎT TOUJOURS, MAIS MOINS VITE

Cet essoufflement qui guette Facebook, LinkedIn y goûte déjà du bout des lèvres. Le chiffre d’affaires trimestriel du « serious network » est toujours en croissance (+ 23%), mais la dynamique accuse un léger coup de mou.

Même si les analystes attendaient un peu mieux, la firme de Mountain View a fait état d’un chiffre d’affaires de près de 960 millions de dollars et d’un résultat d’exploitation positif de 23 millions, contre une perte de 36 millions de dollars affichée il y a un an. La direction de LinkedIn prévient toutefois : sa croissance a été tellement forte ces dernières années qu’il faut désormais s’attendre à un petit ralentissement.

Du côté des bonnes nouvelles, il y a la grande forme des « Talent Solutions », qui représentent 65% du chiffre d’affaire global (+24%). Les solutions marketing sont également très prisées, en croissance de 26%, à 175 millions de dollars. Les abonnements premium, eux, sont un peu moins dynamiques, mais affichent tout de même une progression de 17%.

On a beau chercher, il n’y a pas vraiment d’ombre au tableau dans ces résultats financiers. La croissance des nouveaux utilisateurs plafonne peut-être à 9% aux États-Unis, mais elle est largement compensée par la progression des nouveaux comptes dans la région Asie-Pacifique, avec plus de 105 millions de profils ouverts, soit un bond de 34%. En tout, LinkedIn compte désormais 467 millions de membres, un chiffre en augmentation de 18% par rapport à l’année dernière.

Tous les voyants sont donc au vert pour le futur propriétaire, Microsoft, qui n’attend plus que la décision des autorités compétentes en matière de concurrence – notamment en Europe – pour prendre possession du réseau professionnel et ouvrir la voie à un déploiement encore plus large.

TWITTER : EN MARCHE VERS LA CROISSANCE

Noël est encore loin, mais Twitter s’est déjà offert une belle surprise ce 27 octobre, grâce à des résultats financiers meilleurs qu’attendu. Une fois n’est pas coutume, la performance du réseau aux 140 caractères a fait mentir les experts : le chiffre d’affaires a augmenté de 8% sur un an et ses revenus publicitaires, réalisés à 90% sur les plateformes mobiles, de 6% !

Selon La Tribune, deux phénomènes peuvent expliquer ce nouvel élan : l’augmentation des revenus publicitaires à l’international et l’amélioration de l’engagement des utilisateurs. De quoi réjouir les actionnaires ainsi que les potentiels repreneurs…même si le groupe ne dégage toujours pas de profit. Les pertes sont toutefois un peu moins importantes qu’il y a trois mois.

Optimiste, Jack Dorsey, le PDG de Twitter, estime que l’oiseau bleu peut renouer avec les beaux jours de ses débuts. « Nous pouvons encore améliorer la croissance en améliorant le cœur du service. Nous avons un plan clair et nous effectuons les changements nécessaires pour positionner Twitter sur le chemin d’une croissance de long-terme », a-t-il déclaré.

Dans la foulée, Twitter a également annoncé la suppression de 9% de ses effectifs, soit 300 personnes, ainsi que la disparition de l’application Vine, jugée pas assez rentable.

ON EN PARLE AUSSI

Qui sera le prochain @Potus ?

Alors que les Américains s’apprêtent à voter pour leur candidat préféré à l’élection présidentielle, l’administration Obama fait ses cartons… numériques. Le sujet de la transmission du compte Twitter officiel du président des États-Unis a fait l’objet d’un billet circonstancié publié sur le blog de la Maison-Blanche cette semaine. Qu’il s’agisse de Donald Trump ou de Hillary Clinton, le 45e président des États-Unis sera, à l’évidence, présent sur tous les réseaux sociaux, et hérite à ce titre des nombreux comptes ouverts sous la présidence Obama, au premier rang desquels le compte Twitter @Potus, et ses 11 millions d’abonnés. Les tweets de BO (la signature personnelle de Barack Obama sur la plateforme) seront considérés comme des archives nationales et conservés au sein de la National Archives and Records Administration (NARA). Les tweets seront également accessibles au grand public via @Potus44, un nouveau compte Twitter créé pour l’occasion. Le même dispositif sera mis en place pour d’autres comptes Twitter comme celui de la Première dame (@Flotus), du vice-président (@VP) ou encore du porte-parole de la Maison Blanche @PressSec. Un procédé similaire sera appliqué aux autres réseaux sociaux comme Facebook et Instagram. Si la communication politique sur les réseaux sociaux s’impose aujourd’hui comme une évidence, il faut se rappeler que Barack Obama fut le premier président américain « social », dont l’accession au pouvoir, en 2008, s’est largement appuyée sur une campagne 2.0 innovante. Tout au long de son mandat, le locataire de la Maison-Blanche a multiplié les initiatives sur les différentes plateformes, n’hésitant pas, en ces derniers jours de campagne, à louer les qualités de la championne démocrate sur Snapchat.

L’Allemagne fait plier YouTube

Un conflit vieux de 7 ans entre YouTube et la Sacem allemande vient de prendre fin outre-Rhin. Au centre de la bisbille, sans surprise, les droits d’auteur versés par la plateforme d’hébergement de vidéos et considérés comme insuffisants par la Gema, représentant des milliers d’artistes de l’industrie musicale. Depuis 2009, alors que le litige entre les différents acteurs s’éternisait, les internautes allemands naviguant sur YouTube se voyaient interdits l’accès à certaines vidéos. Parmi les 1 000 vidéos les plus populaires de YouTube dans le monde en 2013, pas moins de 61,5% étaient bloquées en Allemagne, selon le site de datajournalisme Opendatacity. Ni la Gema, ni YouTube n’a communiqué sur les chiffres ayant permis d’établir ce compromis. « Les 70 000 compositeurs musicaux et éditeurs représentés par la Gema reçoivent de nouveau une rémunération pour l'utilisation de leurs œuvres musicales protégées », a simplement indiqué la Gema. L’accord concerne en premier lieu les artistes représentés par l’organisation allemande mais aussi les artistes internationaux pour lesquels la société des droits d'auteur est chargée de collecter les droits dans le cadre d'un accord de réciprocité avec ses partenaires. Plus virulente que ses homologues européennes, la Gema estime que cette victoire doit ouvrir la voie à davantage de rémunération pour les artistes, dont beaucoup s’estiment désormais floués par les géants du Web et autres services de streaming musical. Cet accord « est un signal clair donné à toutes les plateformes en ligne. Les auteurs doivent être rémunérés convenablement pour l’utilisation de leurs œuvres musicales », fait d’ailleurs valoir Thomas Theune, responsable de diffusion à la Gema.



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