Social Week Report - 8 janvier

2016 s’annonce cruciale pour Viadeo et Twitter. Quand le réseau social français joue carrément sa survie, Twitter amorce un grand chambardement, avec des tweets étendus à 10 000 caractères. Le Social Week Report vous explique tout. On parle aussi de l’impact d’Instagram dans l’industrie de la mode. Bonne année à tous !

VIADEO EN SURSIS

Le LinkedIn français traverse une bien mauvaise passe qui pourrait lui être tout simplement fatale. A la veille de Noël, Viadeo a annoncé un « redéploiement stratégique » et un « recentrage des activités », deux bien belles formules qui cachent difficilement une sombre réalité : l’échec cuisant de l’entreprise à l’international. Le réseau professionnel admet à demi-mot que ses ambitions ne se sont pas concrétisées hors de France, et que cette stratégie a même creusé un gouffre financier qui menace la viabilité de l’entreprise.

Petit retour en arrière.

Fondée en 2004, Viadeo avait toutes les caractéristiques de la pépite web française pleine de promesses. L’entreprise lève 42,4 millions d’euros et s’offre une entrée en Bourse en 2014. Mais voilà, 1 an et demi plus tard, Viadeo ne vaut plus que 20 millions d’euros, contre 150 millions à l’époque. Si les investisseurs fuient, c’est que la croissance des débuts n’est plus au rendez-vous. La Chine, qui constituait la clé de voûte de la stratégie, n’apporte finalement que des désillusions, qui se matérialiseront avec la fermeture de la filiale locale ce 31 décembre 2015. Viadeo avait aussi tenté sa chance en Inde… sans succès.

En France, où Viadeo réalise 95% de son chiffre d’affaires, les CSP+ se détournent de la plateforme et lui préfèrent nettement l’américain LinkedIn, dont l’interface est jugée plus moderne et l’évolution des services davantage en phase avec les nouvelles attentes des utilisateurs.

Alors quel avenir pour Viadeo ? À en croire certains médias, les jeux sont faits et 2016 risque bien de sonner le glas de l’aventure tricolore. Du côté de Viadeo, on avance avec prudence, promettant « une croissance rentable et durable à moyen terme ». Une des clés pourrait être de cibler les utilisateurs potentiels qui ne sont pas encore dans le giron de LinkedIn, les travailleurs freelance. Mais il faudra faire vite car ces indépendants sont très sollicités par des réseaux sociaux spécialisés, qui ont déjà flairé le bon filon.

  

LE TWEET VERSION 2016 VA PRENDRE SES AISES

Twitter s’apprêterait à tourner une page historique, en autorisant ses utilisateurs à dépasser la sacro-sainte limite des 140 caractères par tweet. Au prix de son identité ? C’est en tout cas le sens des critiques formulées par de nombreux internautes et analystes, qui craignent que Twitter ne se départisse ainsi de sa singularité pour se rapprocher toujours plus de son grand rival, Facebook.

Jack Dorsey, qui a confirmé que le réseau social planchait bien sur cette fonctionnalité, se veut pourtant rassurant : les conversations sur Twitter resteront marquées par la brièveté qui a fait son succès. Concrètement, il sera possible de publier de très longs messages (jusqu'à 10 000 caractères) mais ceux-ci apparaîtront toujours en 140 caractères. Si un utilisateur clique sur le message, l'intégralité du texte s'affichera. Cette nouvelle option pourrait être lancée d'ici la fin du premier trimestre 2016.

En réalité, cette option n’est pas exclusivement destinée au socionaute lambda. À en croire une source citée par l’AFP, ce nouveau produit, baptisé « au-delà de 140 », a vocation à élargir la clientèle professionnelle de Twitter, dont la communication 2.0 ne se satisfait guère de 140 caractères. Mais la refondation de Twitter, qui peine toujours à engranger des bénéfices, ne s’arrêterait pas là.

Certains spécialistes du web y voient déjà le prélude à la publication d’articles, à la manière de Facebook et ses « Instant Articles ». Twitter, déjà considéré par beaucoup comme le réseau de l’information et du temps réel, pourrait ainsi aller plus loin et devenir le « réceptacle » des articles de presse, juge Libération. Comme sur Facebook, les éditeurs se partageraient ainsi les recettes publicitaires générées par ces nouveaux contenus.

Quoiqu’il en soit, Twitter n’a pas vraiment le choix. En panne de croissance comme de nouveaux utilisateurs et mis sous pression par les marchés financiers, le réseau social mène sa transformation à marche forcée, quitte à rompre avec son particularisme.

ON EN PARLE AUSSI

Instagram : le podium se fait digital

La mode, la mode, la mode… se fait désormais plus sur les fils d’actualité que sur les podiums des défilés. C’est en tout cas ce que croit savoir le Guardian, qui explique cette semaine comment le hashtag est en train de changer profondément les usages dans l’industrie du prêt-à-porter. On le savait déjà, les tendances se font et se défont sur le réseau social, à coup de photos likées des millions de fois à travers le monde. Certains mannequins – Cara Delevingne, Gigi Hadid et autres Kendall Jenner – ont derrière elles une vaste communauté de followers qui leur confère une e-influence que les marques s’arrachent à prix d’or lors de campagnes de publicité Insta-calibrées. Mais le bouleversement pourrait être ailleurs. Les magasins de mode font aussi leurs emplettes sur Instagram, à la recherche de ces petits créateurs qui promettent de faire un tabac sur les marchés de niche. C’est que les vêtements mis en scène sur Instagram ont déjà tout un univers à eux, ce qui offre aux magasins une vue très claire de la mise en situation des pièces, ainsi que du lifestyle qui va avec. Et ce n’est pas l’arrivée annoncée parmi les consommateurs des « Instagram natives », cette génération biberonnée aux réseaux sociaux, qui risque de démentir cette tendance dans les années à venir.

 


Emilie-Lhoste-V1-2




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