Social Week Report - 8 juillet

FACEBOOK : LA FAMILLES ET LES AMIS D’ABORD

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Les éditeurs de presse ayant passé un accord avec Facebook font grise mine. La firme de Menlo Park a annoncé une modification de son algorithme qui sonne pour certains comme une véritable bombe à retardement. Facebook, qui se dit plus ue jamais attaché à sa mission première de « connecter les gens », entend redonner aux statuts et photos de vos amis une place prépondérante, au détriment des articles.

Selon le réseau social, les utilisateurs se seraient en effet émus des derniers changements intervenus sur leur fil d’actualité, où les articles de presse et les vidéos de sites partenaires sont venus peu à peu prendre la part belle sur les contenus plus personnels. À en croire Libération, la quantité de contenus concernant les proches aurait ainsi baissé de 21% entre 2014 et 2015. La tendance s’est encore renforcée ces derniers mois avec l’offensive « Facebook Live » et la multiplication des vidéos en direct.

En réponse à ces doléances d’utilisateurs, Facebook va donc déployer un nouvel algorithme pour le fil d’actualité afin de redonner la priorité aux publications qui constituent son ADN. Les articles de presse et autres contenus médias devraient être relegués au second rang et n’apparaître régulièrement que si l’utilisateur est abonné à la page de l’éditeur de contenus ET a demandé à conserver les actus dans son fil.

Évidemment, pour les éditeurs, c’est la soupe à la grimace. Les médias multiplient ces derniers jours les tutoriels pour tenter de limiter la casse. Le New York Times, l’un des partenaires les plus prestigieux de Facebook, fustige les « bricolages constants » opérés sur la mystérieuse formule qui gère le fil d’actualité et dénonce l’attitude ambivalente de Facebook. Le réseau social, lui, anticipe clairement une baisse du trafic venant du site vers certaines pages.

Si les médias traditionnels devraient être touchés, les répercussions pourraient être bien plus dramatiques pour les sites d’infotainment et autres médias digitaux, dont l’audience – et le business model – s’appuie très largement sur le trafic venu des réseaux sociaux. Globalement, plus de 40% du trafic recensé sur les sites d’actualités viendrait de Facebook. Mais pour les BuzzFeed et autres Vice, la relation de dépendance à Facebook est bien plus forte.

Comme le souligne le journaliste spécialiste des médias Michael Wolff, cette annonce s’apparente à une (douloureuse) piqûre de rappel : malgré un mariage de raison, les médias et Facebook ne partagent pas tout à fait les mêmes intérêts.

ON EN PARLE AUSSI

LinkedIn : Facebook et Google étaient en embuscade

Le rachat de LinkedIn par Microsoft a pris tout le monde par surprise et a fait couler beaucoup d’encre depuis son annonce, le 13 juin dernier. En cause, le montant de l’acquisition, chiffrée à 26,2 milliards de dollars. Cette semaine, grâce à une publication de l’autorité des marchés financiers américain (SEC), on en apprend davantage sur ce qui s’est passé en coulisses… Microsoft n’aurait pas été le seul à courtiser le plus grand réseau social professionnel. Selon le site spécialisé Re/Code, pas moins de cinq entreprises étaient sur les rangs, ce qui a donné lieu à de nombreux allers-retours entre LinkedIn et ses prétendants. Parmi eux, Salesforce, l’éditeur de logiciels de CRM américain, mais aussi Facebook et Google. En revanche, le cinquième larron n’a pas pu être identifié. Et l’affaire a vite pris des allures de vente aux enchères. Suite aux propositions de Salesforce, Microsoft s’est vu contraint de relever le niveau de son offre de 22% pour rester dans la course. Mais ce n’est finalement pas le montant global proposé qui a fait la différence. En effet, l’offre de Salesforce est restée supérieure, tandis que Facebook et Google auraient vite baissé les bras, au vu des montants impliqués. La carte maîtresse de Microsoft a été la « nature » de sa proposition financière : l’éditeur de Redmond était prêt à régler l'intégralité de la transaction en cash, alors que Salesforce proposait un montage financier plus complexe. Un jeu de rôles bien orchestré qui pourrait rapporter tout de même jusqu’à 88 millions de dollars à Jeff Weiner, le PDG de LinkedIn, selon les calculs de VentureBeat.

Pinterest : tout tout pour le shopping

L’intelligence artificielle au service du shopping ? C’est la dernière nouveauté dévoilée par Pinterest, qui continue sa transformation en plateforme de e-commerce nouvelle génération. L’entreprise a annoncé le déploiement d’un service s’appuyant sur une épatante technologie de reconnaissance visuelle. Imaginez plutôt : si vous craquez sur un canapé chez un couple d’amis, il vous suffira de photographier le canapé en question pour rechercher des objets au style similaire que vous pourrez acheter directement depuis Pinterest. Même chose si vous aimez la décoration d’une pièce : vous pouvez la prendre en photo et vous laisser conseiller une décoration similaire par l’application. "Shopping with Pinterest", c’est le nom de cette nouvelle fonctionnalité, a été pensé pour « devenir un pont entre le moment où l’utilisateur découvre de nouvelles inspirations et décide d’intégrer les objets découverts dans sa vie », explique ainsi le PDG de l’entreprise Ben Silbermann. Autre service similaire en cours de développement, un outil de détection automatique d’objets dans les photos épinglées par les utilisateurs. Il deviendra ainsi possible de répérer un objet à l’intérieur un cliché et de se voir proposer un lien vers le site le commercialisant. 


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