Social Week Report - 9 septembre

Snapchat s’apprête à lancer la version française de son service phare « Discover »… mais le réseau au petit fantôme n’a pas encore annoncé les noms de ses partenaires dans l’Hexagone ! Affaire à suivre dans le Social Week Report de la semaine. On parle aussi des rumeurs de rachat de Twitter, de censure sur YouTube et des lunettes connectées signées Snapchat.

Discover

« DISCOVER » FRANÇAIS : LES MÉDIAS SE BOUSCULENT AU PORTILLON

Le petit monde des médias français est en pleine effervescence. Dans quelques jours à peine, Snapchat doit révéler le nom des partenaires sélectionnés pour apparaître sur la version française de « Discover », le populaire service de contenus éditorialisés de la plateforme.

Selon Les Échos, la bataille en coulisses ferait rage pour s’attirer les faveurs du réseau social préféré des ados. Les candidatures sont nombreuses, mais les élus pourraient au final se compter sur les doigts de la main. Si le plus grand secret entoure le processus de sélection, certaines manœuvres ne trompent pas.

Les médias hexagonaux mettent en place des équipés dédiées ou construisent des studios pour y produire des vidéos adaptées à « Discover ». L’Équipe, qui figurerait dans la shortlist, a bien confirmé des discussions avec Snapchat. Le Monde, Cosmopolitan, ou encore Paris Match, auraient également leurs chances.

Même enthousiasme du côté de France Télévisions, qui espère rejoindre « Discover » avec franceinfo, sa chaîne d’info en continu fraichement lancée sur la TNT. « Nous avons d'ores et déjà investi en mettant à plein temps quatre personnes dédiées à Snapchat, en espérant être sur Discover », explique Frédéric Bonnard, qui supervise les activités numériques du groupe public.

C’est que la publication de contenus sur Snapchat ne s’improvise pas. Si les pure players (notamment Melty) arrivent a priori mieux armés pour s’adresser aux millennials, les médias plus « traditionnels » doivent s’adapter à un style qui ne fait pas toujours partie de leur ADN. Il faut donc investir et s’adjoindre les services de rédacteurs rompus à l’exercice… sans pour autant avoir la garantie d’un retour sur investissement.

Car au-delà du coup de jeune et de la publicité que la présence sur Snapchat garantira sans doute à des institutions comme Le Monde, la monétisation des contenus produits demeure pour l’heure limitée. Un saut dans l’inconnu qui aurait d’ores et déjà effrayé Le Figaro, Prisma, Condé Nast ou encore Le Parisien, qui ont choisi de patienter avant de se lancer.

YOUTUBE : LES VLOGGUEURS CRIENT À LA CENSURE

YouTube est accusé par certains de ses membres les plus actifs de verser dans le politiquement correct pour plaire aux annonceurs… au détriment des premiers contributeurs de la plateforme, les YouTubeurs.

La polémique est née en fin de semaine dernière aux États-Unis lorsque Philip DeFranco (4,5 millions d’abonnés) s’est ému publiquement de voir plusieurs de ses vidéos démonétisées sur la plate-forme. YouTube venait en effet de l’informer que plus aucune publicité ne serait adossée à certaines de ses publications, jugées pas assez « annonceurs-friendly ».

Or, la publicité, c’est bien le nerf de la guerre et surtout ce qui fait vivre à la fois YouTube et des milliers de vloggueurs à travers le monde. Il n’en fallait pas plus pour que la vague d’indignation se propage à travers la toile, à mesure que d’autres YouTubeurs partageaient la même expérience. Le mot est rapidement lâché : pour ne pour ne pas froisser les marques, YouTube pratique une censure déguisée sur les contenus les plus sensibles.

Devant la controverse, l’entreprise se défend : rien n’a changé dans sa politique d’utilisation, mais la manière dont les créateurs sont informés est plus directe. En fait, certaines des vidéos concernées auraient été démonétisées plusieurs mois auparavant, sans que leurs propriétaires ne s’en soient aperçus.

De fait, comme l’explique Re/code, YouTube a, au contraire, fait en sorte de notifier plus clairement les vidéastes et de simplifier la procédure d’appel, dans le cas où ces derniers souhaiteraient contester la décision. Pour rappel, les conditions d’utilisation précisent bien que certains types de contenus pourront être considérés « inappropriés pour la publicité » : les contenus à caractère sexuel, violent ou encore vulgaire, mais aussi les contenus traitant d’événements sensibles.

On est donc loin d’une véritable censure, puisque les YouTubeurs ont toute latitude pour publier les contenus de leur choix, même s’ils prennent le risque, dans le cas de propos plus sujets à controverse, que ces derniers ne leur rapportent pas le moindre centime…

On en parle aussi

Twitter : l’heure du rachat a-t-elle sonné ?

C’est la question que tout le monde se pose, après que le site spécialisé Re/code a révélé que le conseil d’administration de l’entreprise devait se réunir jeudi 8 septembre. Confrontés à des résultats décevants, les dirigeants se disent prêts à étudier toutes les options sur la table, comme l’a confirmé le co-fondateur Evan Williams dans un entretien à Bloomberg. Selon les estimations les plus récentes, Twitter vaudrait près de 17 milliards d’euros. Et à en croire les rumeurs, plusieurs poids lourds convoiteraient le réseau social, dont Google, Apple et même Rupert Murdoch, par le biais de 21st Century Fox et News Corp. Certains estiment pourtant que toute cette agitation sert seulement à manipuler les cours de bourse et à booster les actions du réseau aux 140 caractères. Entretemps, Twitter devrait tout essayer pour réduire ses coûts, en envisageant des possibles licenciements massifs ou l’abandon de projets qui n’ont pas d’impact direct sur son revenu, comme MoPub, Vine ou Fabric. Alors, simple restructuration de l’entreprise ou exercice de bluff pour séduire les investisseurs de renom ?

Snapchat : la réalité (augmentée), c’est maintenant ?

Snapchat continue d’innover pour maintenir une longueur d’avance sur ses concurrents directs. Selon le Financial Times, le réseau au petit fantôme développerait des lunettes à réalité augmentée, similaires aux Google Glass ou au casque Hololens de Microsoft. Plusieurs éléments confortent cette hypothèse. En mars dernier, Snapchat aurait mis sur pied une équipe de recherche spécialisée. Et puis, il y a les rachats très ciblés : en 2014, l’entreprise a fait l’acquisition de la start-up Vergence Labs, qui construit des lunettes connectées pour l’enregistrement en haute définition, alors qu’en juin c’était au tour de Seene, spécialisée dans la capture 3D et la réalité augmentée. Enfin, Snapchat a rejoint le consortium Bluetooth Special Interest Group (SIG), qui gère les normes de cette technologie sans fil. Grâce à cette évolution, Snapchat pourrait s’émanciper du simple statut de réseau social pour devenir « la première plateforme de réalité augmentée », comme l’explique l’analyste Robert Peck au site Quartz. D’autres géants du numérique, tels que Facebook, Microsoft et Apple, ont déjà commencé à investir dans ce secteur très prometteur, mais l’arrivée de Snapchat pourrait bien donner un coup d’accélérateur à ce processus, écrit Le Figaro.




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