Media Week Report - 10 aout

Cette semaine, le Media Week Report se penche sur les rumeurs évoquant un retour de Google en Chine, un marché probablement trop important pour être ignoré, quitte à renier les valeurs fondatrices de la société. De son côté, Snap annonce des résultats décevants, mais se dit prêt à rebondir. Aux Etats-Unis encore, MoviePass décide, après plusieurs semaines chaotiques, de réduire drastiquement son offre, en limitant à trois le nombre de films que ses abonnés peuvent aller voir en salle par mois. La France compte, quant à elle, avec Deezer, une nouvelle licorne – ces sociétés dont la valorisation atteint le milliard de dollars.

Media Week Report

Rumeurs quant à un éventuel retour de Google en Chine

D’après la presse américaine, Google travaillerait sur un projet secret intitulé Dragonfly, dans le but de conquérir le marché chinois, un marché qui représente 750 millions d’internautes, soit autant qu’en Europe et trois fois plus qu’aux États-Unis. Avec ce projet, dont l’existence a été révélée par le site d’investigation The Intercept, Google chercherait à lancer une version censurée de son application de recherche sur Android. Si Google tente d’entrer sur le marché chinois en développant une application pour son système d’exploitation mobile, c’est parce que 95% des internautes chinois accèdent à Internet sur un téléphone portable.

Cette version censurée identifierait et filtrerait automatiquement tout site Internet bloqué par la censure chinoise. Plus de 18 000 sites Internet sont bloqués en Chine, et 400 à 500 mots-clés sont tabous. Le gouvernement chinois censure toute information sur les opposants politiques, la liberté d’expression ou le sexe. Sont également sur liste noire les principaux réseaux sociaux – Facebook, Twitter et Instagram – ainsi que de nombreux sites d’informations tels que le New York Times ou la BBC.

D’après Bloomberg, à en juger par un article d’opinion publié – brièvement – sur le site du People’s Daily, le media official du parti communiste chinois, ce dernier semblerait disposé, dans ces conditions, à laisser revenir Google en Chine. Les employés de Google dénoncent, quant à eux, une négation des valeurs fondatrices de l’entreprise. Des sénateurs américains et des ONG sont déjà montés au créneau. Amnesty International a par exemple parlé de « jour noir pour la liberté du web » si Google  devait se soumettre « aux règles extrêmes de la censure chinoise pour accéder à un marché ».

Ce projet, qui serait dans les tiroirs depuis le printemps 2017, pourrait voir le jour d’ici six à neuf mois. Pour l’instant, cependant, Google n’a ni démenti ni confirmé ces informations. « Nous ne commenterons pas des spéculations sur nos projets futurs », a déclaré à l’AFP le porte-parole de Google en Asie Taj Meadows.

Snapchat déçoit, mais prépare son avenir

Après Facebook, un autre géant du digital, Snapchat, a annoncé des résultats décevants. Le réseau au petit fantôme a perdu 3 millions d’utilisateurs quotidiens entre le premier et le deuxième trimestre 2018, relate Capital.fr. Il s’agit d’une première pour la société, qui avait vu ce chiffre augmenter depuis son entrée en Bourse en mars 2017. Selon le directeur financier de l’entreprise californienne, cette tendance à la baisse pourrait se poursuivre au prochain trimestre, puisque les mois de juillet à septembre sont toujours les plus faibles pour Snapchat.

Selon L’Usine Digitale, cette baisse pourrait être due à la rude concurrence d’Instagram, qui a repris la plupart des fonctionnalités de Snapchat, même si le PDG de Snap, Evan Spiegel, affirme – dans une déclaration reprise par Business Insider – que ces résultats décevants sont liés aux « perturbations causées par la refonte » de la plateforme. Le nouveau design de Snapchat, qui vise à conquérir d’autres catégories de population que les Millennials, semble avoir atteint son but, la fidélisation des nouveaux utilisateurs de plus de 35 ans ayant bondi de 8%.

La Bourse ne semble pas trop s’inquiéter de ces résultats mitigés, et cela pour deux raisons, note Les Echos : un chiffre d’affaires en hausse de 44% par rapport à la même période de l’année dernière, et un revenu par utilisateur en plein essor (+ 34% en un an), notamment grâce à la publicité programmatique.

Tout cela sans compter les opportunités de croissance à l’international, qui représente 32% des revenus de Snap. Le Blog du Modérateur souligne, pour sa part, que le récent investissement de 250 millions de dollars du prince saoudien Alwalid ben Talal – 2,3% du capital de Snap – pourrait favoriser la croissance de la plateforme dans une région où l’entreprise a perdu un million d’utilisateurs actifs.

MoviePass, ou la difficile émergence, aux Etats-Unis, d’un nouveau modèle économique pour les salles de cinéma

Après plusieurs semaines chaotiques, la société américaine MoviePass a décidé de limiter à trois par mois le nombre de films que ses abonnés, qui payent environ 10 dollars par mois, peuvent aller voir dans les chaînes de salles partenaires – ce qui représente une réduction drastique de sa proposition commerciale, la précédente limite étant de 1 film par jour. L'idée est de se concentrer sur les 85% des plus de trois millions d'abonnés qui vont voir moins de trois films par mois.

MoviePass, qui a été victime du succès de son offre, cherche à rassurer ses soutiens financiers. La société, qui paye au prix normal le billet d'entrée de ses abonnés, dépensait environ 45 millions de dollars de cash par mois pour financer les plus cinéphiles de ses abonnés.

Selon Les Echos, la naissance, aux Etats-Unis, d'un nouveau modèle économique pour les salles de cinéma – s'inspirant de la consommation illimitée de films et de séries via des services de vidéos à la demande par abonnement de type Netflix – se fait dans la douleur.

Le Français Deezer dans le cercle des licornes, après une levée de fond de 160 millions d’euros

La plateforme française de musique en ligne Deezer a levé 160 millions d’euros, faisant entrer à son capital le fond souverain saoudien Kingdom Holding Company ainsi que Rotana, producteur et distributeur de musique en langue arabe. Cette levée de fonds – qui valorise l’entreprise à plus d’un milliard d’euros, la faisant entrer dans le cercle des licornes, ces sociétés dont la valorisation atteint le milliard de dollars – devrait permettre à Deezer de se développer au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, grâce notamment à des partenariats locaux. 

Deezer et Rotana ont en effet également signé un accord à long terme visant à distribuer en exclusivité sur la plateforme Deezer le catalogue de contenus audio et vidéo de Rotana dans les régions du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Cet accord de distribution couvre des marchés où le secteur du divertissement est en pleine croissance, notamment l’Égypte, l’Arabie Saoudite, la Turquie et les Émirats Arabes Unis.

« Cette levée de fonds devrait nous permettre à la fois de financer l’accélération de notre développement sur des marchés en forte croissance et de renforcer nos positions dans des territoires clés », a indiqué  Hans-Holger Albrecht, le PDG de Deezer, dans un communiqué de presse. « Au cours des trois dernières années, nous avons transformé l’entreprise et avons connu une croissance importante. Notre service affiche des niveaux d’engagement parmi les plus élevés de l’industrie, ce qui nous a permis de faire croître notre parc d’abonnés », s’est-il félicité.  

 



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