Media Week Report - 10 novembre


Cette semaine, le Media Week Report vous parle des pourparlers, interrompus faute d’accord, entre Disney et la 21st Century Fox – des discussions qui, si elles débouchaient, pourraient donner une autre dimension à Disney. En France, TF1 et SFR parviennent à un accord. En ouvrant un premier bureau new-yorkais, Brut part quant à lui à la conquête des Etats-Unis, pays de l’emblématique New York Times qui compte désormais près de 2,5 millions d’abonnés. Entretemps, Snap annonce des résultats négatifs pour le troisième trimestre et prépare des évolutions significatives.


Disney en pourparlers avec la 21st Century Fox


fox

Ce ne sont encore que des discussions, mais elles pourraient donner une autre dimension à Disney, dépassé dans la bataille des contenus en ligne. Selon plusieurs médias américains, le géant des médias et du divertissement a discuté avec la 21st Century Fox – propriété du milliardaire Rupert Murdoch – du rachat de plusieurs de ses actifs, notamment sa participation dans le réseau câblé européen Sky. Fox a en effet une participation de 39% dans Sky, opérateur présent aux Royaume Uni, en Irlande, en Allemagne, en Autriche et en Italie.

La chaîne CNBC assure que Disney pourrait s'offrir une partie de la 21st Century Fox, dont le studio de cinéma 20th Century Fox et la branche télévisée (qui comprend notamment FX, National Geographic, ou les marques internationales comme Star et Sky). Si le deal était signé, des franchises de supers héros comme X-Men se retrouveraient chez Disney.

D’après Les Echos, cette acquisition permettrait à Disney non seulement d'élargir son implantation en Europe, mais aussi et surtout de mettre la main sur des contenus supplémentaires, le nerf de la guerre actuelle. Disney s'engagerait ainsi dans une compétition frontale avec de grandes plateformes vidéo en ligne par abonnements, comme Netflix, avec lequel le groupe a rompu un accord de diffusion signé en 2016, refaisant ainsi son retard sur ce-dernier ou encore sur Amazon. Si elle aboutissait, cette opération serait donc éminemment stratégique pour Disney qui développe actuellement sa propre plateforme de SVOD.

Pour les analystes, ces pourparlers  confirment par ailleurs, selon Le Monde, le fait que M. Murdoch cherche à restructurer son empire, après être parvenu à la conclusion que Fox aura du mal à survivre, sans consolidation, dans le nouvel environnement économique de l’industrie du divertissement bousculée par Netflix.

Selon la chaîne d'information CNBC et le Wall Street Journal, les pourparlers ont eu lieu ces dernières semaines puis ont été interrompus, faute d'accord.

 

TF1 et SFR parviennent à un accord


Le groupe de télévision TF1 et l'opérateur télécom Altice-SFR ont annoncé lundi la signature d'un accord de distribution global mettant fin à leur litige et permettant la reprise du service de rediffusion MYTF1 après plus de trois mois d'interruption.

Le groupe de télévision a décroché le "premier accord de distribution global intégrant l'offre TF1 premium et des services complémentaires", selon un communiqué commun. Les abonnés de SFR bénéficieront ainsi d'un service de replay enrichi avec des programmes disponibles en avant-première ou une durée de rediffusion allongée au-delà de sept jours.

Pour Gilles Pélisson, président du groupe TF1, cet accord représente  une avancée majeure et ouvre une nouvelle ère dans les relations entre éditeurs et distributeurs. D’après ZDNet, cet accord avec SFR – une victoire pour TF1 – ouvre la porte à des contrats similaires avec les autres opérateurs qui y sont pour le moment toujours hostiles.

Brut, cap sur les Etats-Unis

Selon Presse Citron, Brut, plateforme d’informations créée en France dont les vidéos de quelques minutes – sur la politique, la culture et les infos de société – sont uniquement disponibles sur les réseaux sociaux et sont dédiées au mobile (et sont consultables, grâce à leurs sous-titres, avec ou sans son), souhaite se développer dans d’autres pays.

Brut a ainsi ouvert un premier bureau aux Etats-Unis, un bureau new-yorkais qui doit produire cinq à six vidéos par jour.

« Nous avons fait des premiers tests sur Facebook en juin, où nous avions atteint 400 millions de vues », note Guillaume Lacroix, l’un des co-fondateurs de Brut. « Même les vidéos françaises traduites en anglais fonctionnent », ajoute Roger Coste, un autre co-fondateur. 

« Notre objectif global est d’atteindre 1 milliard de vues par mois fin 2018. Beaucoup dépendra des États-Unis et de l’ouverture de nouveaux pays comme le Royaume-Uni », déclare le troisième co-fondateur de Brut, Renaud Le Van Kim. « Nous pensons gagner de l’argent fin 2018 – début 2019 », ajoute-t-il.

Pour financer son projet, Brut organise une levée de fonds qui sera clôturée au mois de janvier. Le but est d’obtenir un financement avoisinant les 10 millions d’euros.  

 

Six ans après la mise en place d’un paywall, le New York Times compte près de 2,5 millions d’abonnés à ses produits en ligne


A la fin du troisième trimestre 2017, soit six ans après avoir mis en place son premier paywall, le New York Times compte près de 2,5 millions d'abonnés payants à ses produits en ligne. Le quotidien américain a vu le nombre de ses abonnements exclusivement en ligne progresser de 154 000 à 2,487 millions sur le troisième trimestre ; sur un an, la hausse est de 59%. Mark Thompson, directeur général du journal, mentionne la grande qualité de la rédaction comme moteur à abonnements.

Soutenus pas ces abonnements, les recettes publicitaires en ligne ont progressé de 11% entre juillet et septembre, selon des résultats publiés par le journal. Les recettes publicitaires pour l’édition papier ont, en revanche, baissé de 20,1% et, depuis le début de l'année, le recul de la publicité print est de plus de 16%. Quant à la diffusion payée du quotidien, elle a reculé de 5% sur le trimestre.

Recode rappelle  qu’il y a une dizaine d’années, avant les activités digitales, le New York Times gagnait 2 milliards de dollars par an. Malgré l'apport salvateur du numérique, ce chiffre d'affaires n'a pas encore été rattrapé.

 

Snap : des résultats décevants et des changements en vue


Pour la troisième fois de suite, Snap a publié des résultats décevants. Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires du groupe américain, qui s’élève à 207,9 millions de dollars, est quand-même en hausse par rapport à la même période de l’année dernière, mais il est loin derrière les prévisions des analystes. Les pertes ont triplé, notamment suite à la baisse des tarifs publicitaires et au flop des lunettes connectées Spectacles. Le déficit atteint désormais 443 millions de dollars.

Le Figaro se penche sur les nombreuses inquiétudes des investisseurs. Tout d’abord, le public de Snapchat a cessé de croître depuis plusieurs mois, et le réseau au petit fantôme peine à s’imposer auprès d’un public moins jeune. Ensuite, sa consommation importante de données mobiles en empêche le succès dans les pays avec une faible connectivité. Enfin, ses rivaux, comme Instagram, ont copié ses innovations à maintes reprises, réussissant à grignoter d’importantes parts de marché.

Seul côté positif, l’annonce par Reuters que Tencent, le groupe chinois propriétaire du réseau social Weibo et de l’application WeChat, possédait 12% de Snap, à savoir 145,8 millions d’actions, a permis à l’entreprise américaine de remonter un peu la pente en bourse.  

Le PDG de Snap Evan Spiegel prépare désormais une riposte. Dans une conférence donnée mardi soir, il a annoncé des changements importants, notamment pour faciliter la prise en main de l’application. « Nous ne savons pas encore comment notre communauté réagira à ces changements […]. Mais nous sommes prêts à prendre ce risque pour le bien de nos activités », a-t-il affirmé sans dévoiler plus de détails. Les Echos souligne que Snap pourrait miser sur sa nouvelle stratégie de publicité automatique, même si elle a connu un démarrage assez laborieux, pour convaincre les investisseurs.




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