Media Week Report - 12 janvier


Media week report

En ce début d’année, le Media Week Report met en avant deux informations qui soulignent à quel point la lutte contre les fake news est devenue une urgence : le souhait d’Emmanuel Macron, en France, de passer une loi contre les fake news, et les défis personnels de Mark Zuckerberg. La Chine entend quant à elle devenir le champion du monde de l’Intelligence Artificielle, un enjeu de pouvoir et de domination. Pour ce faire, elle investit 2,12 milliards de dollars dans un parc technologique dédié à la recherche sur le développement de l'IA. Entretemps, HD1 et NT1 changent de nom pour mieux asseoir leur identité auprès de leur public cible.

 

Emmanuel Macron veut une loi contre les fake news

  

Devant les journalistes venus écouter ses vœux à la presse, Emmanuel Macron, a annoncé le 3 janvier qu'un texte de loi serait déposé prochainement pour lutter contre les fausses infos sur internet en période électorale.

D'après le chef de l'Etat, l'enjeu est de protéger la vie démocratique, menacée par des groupes d'influence maîtrisant à merveille les codes des réseaux sociaux comme Facebook, rapporte Les Echos« Les plateformes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publique l'identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent, mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus », a précisé le chef de l'Etat.

En cas de propagation d'une fausse nouvelle, un juge pourra être saisi en référé pour décider de la suppression du contenu incriminé. Par ailleurs, le Conseil supérieur de l'audiovisuel verra ses pouvoirs accrus « pour lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des Etats étrangers ».

Les professionnels du secteur estiment que la volonté d'Emmanuel Macron de recourir à l'arme de la loi pour lutter plus efficacement contre les fake news propagées sur Internet pourrait ouvrir une boîte de Pandore néfaste pour la liberté d'expression, rapporte La Tribune. Le contrôle provisoire de l'information, notamment, fait grincer quelques dents qui doutent à la fois de la pertinence du dispositif et de sa faisabilité. Par ailleurs, la possibilité pour un juge, saisi par une action en référé, de supprimer le contenu mis en cause ou de bloquer l'accès au site, voire le déréférencer, pose problème. « D'après le code électoral, il est déjà illégal pendant les campagnes de publier de fausses informations, sans compter qu'il existe déjà des procédures pour signaler et identifier des fake news sur les réseaux sociaux », rappelle Jean-Christophe Boulanger, le président du Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (Spiil). « Avec une loi autorisant le retrait de contenus, c'est la liberté d'expression qui est dans la balance », estime l'universitaire spécialiste des médias Patrick Eveno, président de l'Observatoire de déontologie de l'information (ODI). La Spiil et l'ODI estiment ainsi que c'est davantage à la profession de se saisir du problème des fake news.

Dans une tribune publiée par Le Monde, le professeur en droit européen Alberto Alemanno estime d’ailleurs que rien ne sert d’employer la loi contre les fausses informations. « Les groupes de travail anti-fake news tels que l’EU Mythbusters de l’Union européenne, et les dispositifs d’alerte aux fausses informations tels que First Draft, en partenariat avec différents médias, dont Le Monde, ont montré qu’il est possible de combattre les fausses nouvelles en faisant du fact-checking, ou de la vérification des faits », écrit-il. Le problème avec les fausses informations, ajoute-t-il, n’est pas tellement leur présence continue sur la Toile, mais leur première apparence sur celle-ci. Pour Alberto Alemanno, sous la pression de l’opinion, des sociétés comme Facebook peuvent adopter des dispositifs qui contrebalancent l’effet de la désinformation.

"Le problème est que les fausses informations, théories du complot et autres rumeurs qu'on entendait auparavant au café du commerce ou dans les repas de famille, peuvent désormais toucher une très large audience grâce à la puissance des réseaux sociaux", admet Patrick Eveno. L’étude « Trust in News », réalisée par Kantar, montre d’ailleurs que le phénomène fake news a principalement nuit aux réseaux sociaux et aux Pure Players, alors que les magazines imprimés sont jugés les plus fiables par les personnes interviewées.

  

La lutte contre les fake news, un défi personnel pour Mark Zuckerberg

  

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a publié, en cette nouvelle année, un message sur sa plateforme détaillant les défis personnels qu’il aura à relever en 2018. Il indique ainsi vouloir s’attaquer, sans les nommer, au problème des fake news que la plateforme a trop souvent été accusée de favoriser.

« Le monde semble anxieux et divisé, et Facebook a beaucoup de travail à faire – qu’il s’agisse de protéger notre communauté contre les abus et la haine, de se défendre contre les interférences des États nations ou de s’assurer que le temps passé sur Facebook soit bien dépensé », déclare-t-il.

Selon La Tribune, les initiatives visant à contrer les fake news devraient être au cœur de la stratégie de Facebook en 2018. Si 2017 a été l'année des records pour Facebook – meilleure fréquentation, meilleur chiffre d'affaires trimestriel de son histoire – le réseau social a vu son image affectée par les fake news, rappelle le quotidien – « un phénomène qui devrait le suivre à la trace en 2018 », poursuit La Tribune.

Par ailleurs, après avoir signé un partenariat avec Universal en fin d’année, Facebook signe un nouvel accord avec un autre acteur de l’industrie musicale, Sony Music. Cet accord permettra aux utilisateurs de Facebook de publier des vidéos contenant des droits d’auteur gérés par Sony Music.

  

La Chine investit dans un centre de recherche sur le développement de l’IA

  

La Chine veut devenir le champion du monde de l’Intelligence Artificielle, un enjeu de pouvoir et de domination – la Russie, les Etats-Unis, les Émirats arabes unis ont ainsi récemment multiplié les déclarations et annonces d’investissement dans l’IA. Pour devenir la puissance leader dans l’industrie de l’IA d’ici 2025, la Chine a mis en place un programme triennal visant à faire de l’IA son moteur économique majeur.

Une première étape a été franchie avec l’annonce, par le gouvernement chinois, de la construction, dans la capitale, d’un parc technologique dédié à la recherche sur le développement de l'IA. Selon l'agence de presse d'État Xinhua et Reuters, le gouvernement chinois investit 2,12 milliards de dollars pour construire un parc industriel situé dans l'ouest de Beijing. Ce centre national de recherche sur l'IA devrait générer 7,7 milliards de dollars par an grâce à 400 entreprises hébergées dans le parc de recherche.

La principale difficulté pour Pékin sera de trouver des entreprises prêtes à s’installer dans ce futur site – les États-Unis étant un véritable concurrent pour le pays. La municipalité s’intéresse particulièrement aux compagnies spécialisées dans la gestion de masses de données informatiques (big data), l’identification biométrique, l’apprentissage automatique (machine learning) ainsi que l’informatique dématérialisée.  

L’IA devrait d’ailleurs avoir la part belle lors du Salon de l’électronique grand public (CES) à Las Vegas. Selon l'association du secteur Consumer Technology Association (CTA), les assistants vocaux et l'intelligence artificielle, qui vont continuer à intégrer de plus en plus d'appareils (robots, voiture, électroménager...), constitueront les principaux moteurs de l'électronique grand public en 2018, rapporte La Tribune. « Ce marché n'est pas seulement en train de grimper, il explose littéralement », a commenté Steve Koenig, de la CTA, lors d'une conférence de presse dimanche, organisée avant l'ouverture du CES mardi.

  

HDI et NT1 font peau neuve

  

La nouvelle année commence sous le signe du rebranding pour le groupe TF1. Ce dernier a annoncé mardi que les chaînes HD1 et NT1 seront rebaptisées respectivement TF1 Séries Film et TFX à partir du 29 janvier.

Avec cette opération « nous achevons ainsi notre travail de segmentation des marques avec des identités fortes et complémentaires », a affirmé Ara Aprikian, directeur général adjoint des contenus du groupe TF1, dans une déclaration reprise par Les Echos. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie multi-chaînes prônée par le PDG Gilles Pélisson depuis son arrivée à la tête de la société.

TF1 Séries Film s’adressera notamment aux femmes et proposera « une offre de référence dans les séries et le cinéma », grâce à la diffusion de fictions étrangères de renom et de blockbusters de TF1, comme The Handmaid’s Tale et Marseille. Dans un entretien avec Le Point, M. Aprikian a souligné le « positionnement unique » de HD1/TF1 Séries Film dans l’univers audiovisuel, car elle est la seule chaîne en clair consacrée au cinéma et aux séries.

De son côté, TFX vise plutôt un public jeune et agrémentera sa programmation d'émissions de téléréalité, d’aventure et d’humour.

Le montant de l’investissement dans ce rebranding n’a pas été dévoilé, mais ce changement de nom et d’identité visuelle ne se traduira pas par une augmentation des frais. Le coût annuel des programmes du groupe TF1 se maintiendra en effet autour de 980 millions d’euros.

 




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