Media Week Report - 11 mai

Cette semaine, le Media Week Report vous présente les dernières alliances, en Europe ou au Canada, qui ambitionnent de rivaliser avec Netflix. Bloomberg lance, pour sa part, une offre payante destinée aux particuliers, un vrai virage pour ce groupe tourné, jusqu’ici, exclusivement vers les professionnels, tandis que Google Actualités fait peau neuve.

 media week report  

France Télévisions, la RAI et ZDF – de même que cinq groupes de télévision publics du Nord de l’Europe – s’allient dans la production 

A l’occasion du festival Séries Mania de Lille, les groupes français France Télévisions, italien RAI et allemand ZDF ont annoncé la création de l’Alliance, un regroupement audiovisuel européen de coproduction qui vise à échanger et partager le financement de séries de grande envergure, et donc à contrer Netflix.

« On en a rêvé pendant des années. C'est désormais la réalité », a annoncé fièrement Takis Candilis, numéro 2 de France Télévisions, en présentant à Lille les premiers projets de coproduction avec ses homologues italiens et allemands, rapporte Les Echos.

La première fiction, la plus ambitieuse, associe les trois partenaires et porte sur le personnage de Leonardo de Vinci, pour un budget que France TV estime entre 2,5 et 3,5 millions d'euros par heure. Les deux autres projets associent France TV et la RAI pour des budgets d’environ 2 millions par épisode. Il s'agit de Mirage, initiée par la société de production française Lincoln TV, qui sera tournée à Dubaï début 2019, et d’Eternal City, qui se déroule à Rome dans les années 60.

« L'alliance est ouverte », ont indiqué les promoteurs du projet. D'autres partenaires pourront ainsi être associés, tels la RTVE en Espagne, les RTBF et VRT en Belgique, la RTS en Suisse, ou la BBC en Grande-Bretagne. La prochaine étape pourrait être la mise en place d'une « plateforme de contenu européen », a ajouté Franck Freiling, vice-président chargé des relations internationales de ZDF.

Quelques jours auparavant, cinq compagnies nordiques – DR (Danemark), SVT (Suède), NRK (Norvège), Yle (Finlande) et la RUV (Islande) – avaient annoncé une alliance similaire, baptisée Nordic 12, pour coproduire une douzaine de séries par an, et avoir une chance de concurrencer les géants américains, rapporte Le Monde. Ces séries seront diffusées quasi simultanément dans les cinq pays, avant d’être disponibles, en accès gratuit et illimité pendant un an, sur les sites des cinq groupes. « Nous nous sommes inspirés de l’alliance Nordic12 avec laquelle nous voulons collaborer », a d’ailleurs expliqué la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte, comme l’indique La Croix.

Les chaînes publiques européennes espèrent ainsi pouvoir résister aux bulldozers américains tels que Netflix, HBO ou Amazon, en se donnant, ensemble, les moyens de produire des séries TV chères et ambitieuses.

De l’autre côté de l’Atlantique, Radio-Canada, V, Bell Media, TV5 Québec et l’Office national du film du Canada (ONF) s’unissent également pour contrer Netflix, rapporte Le Devoir – mais, pour l’instant, pas dans la création de contenu. L’objectif, pour les partenaires, est de proposer certaines de leurs émissions sur ICI Tou.tv Extra, et de bâtir, pour les utilisateurs, une offre exclusivement francophone beaucoup plus diversifiée, mixte et pancanadienne. Radio-Canada a joué le rôle de rassembleur. « On a mis en place une approche respectueuse du modèle d’affaires de chacun », a indiqué Michel Bissonnette, vice-président principal de Radio-Canada, en conférence de presse, « parce que la réalité de V est différente de celle de Bell, de TV5 ou de l’ONF ».

Bloomberg lance une offre payante destinée aux particuliers

Bloomberg a annoncé le lancement d'une offre payante destinée aux particuliers, un virage pour le groupe dont le modèle était entièrement construit sur le service aux professionnels.

Avec une offre par abonnement permettant d’accéder à sa production journalistique pour 35 dollars par mois (ou 40 dollars avec, en bonus, le magazine imprimé BusinessWeek), Bloomberg entend rivaliser avec de grands médias internationaux comme le New York Times, le Financial Times, le Wall Street Journal ou The Economist.

La société estime que la production de ses 2 700 journalistes et analystes – servant d'abord les 325 000 abonnés au terminal Bloomberg d'accès aux marchés financiers pour 20 000 dollars par mois – peut être valorisée autrement en séduisant directement une partie des quelque 93 millions de gens qui, selon ses calculs, constituent son audience numérique.

D’après Les Echos, les déclinaisons numériques de Bloomberg vont être relancées. Toutes les dépêches du terminal n'y figureront pas, mais on pourra y trouver les articles les plus travaillés avec un focus sur l’économie, la gestion de fortune, la technologie, le changement climatique ou les crypto-devises – l’’idée du nouveau design étant de faire ressembler le site à un quotidien.

Google Actualités, une refonte en vue

Une nouvelle version de Google Actualités sera déployée très prochainement. Comme anticipé par le site spécialisé AdAge, le géant de Mountain View a annoncé la mise à jour de son fil d’actualités lors de la conférence Google I/O, qui s’est déroulée 8 au 10 mai.

Les principales nouveautés seront une personnalisation plus poussée, avec la création de la page d’accueil personnalisée « For You », et la possibilité de souscrire à des abonnements premium aux médias à travers le compte Google, grâce au service « Subscribe with Google ». Le Siècle Digital précise que les sources à consulter pour approfondir un sujet seront plus diversifiées, avec l’intégration de vidéos YouTube et des titres de presse locaux. Selon Google, il y aura plus de 1 000 magazines avec un format optimisé pour mobile.

Les Numériques souligne pour sa part que l’intelligence artificielle sera davantage utilisée pour mieux cibler les informations proposées dans la page d’accueil en fonction de l’utilisateur.

Comme l’explique Richard Gringras, vice-président en charge de Google Actualités, dans un entretien avec Europe 1, la page d’accueil sera divisée en deux parties. La première proposera cinq sujets : les actualités majeures en premier, un sujet local ensuite et deux articles personnalisés, alors que les articles en dessous seront adaptés aux centres d’intérêt des lecteurs. « L'objectif est vraiment de donner aux utilisateurs les informations qui comptent pour eux à l'instant T », affirme-t-il.

Dans une analyse, Europe 1 note que Google essaie également de lutter contre les fake news en proposant la vision la plus complète possible d’un évènement, notamment à travers la page « Full View », qui regroupera toutes les informations sur un sujet complexe. Pour garantir la qualité de l’information, les vidéos seront issues de chaînes vérifiées au préalable.

 



Search article


Découvrez...


Revue médias et synthèse : votre actualité médias facile à consulter
En savoir plus