Media Week Report - 13 juillet

 

Cette semaine, le Media Week Report vous débriefe sur la réforme des droits d’auteur qui, faute d’avoir été approuvée par le Parlement européen, devra revenir sur la table pour un nouvel examen, à priori en septembre. Par ailleurs, la saison étant au grand ménage, la lutte contre les Fake News s’intensifie. Twitter a ainsi supprimé plus de 70 millions de comptes suspectés de propager de fausses informations, tandis que YouTube investit 25 millions de dollars dans la lutte contre la désinformation. De son côté, Snapchat concocte un partenariat juteux avec Amazon.

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La réforme des droits d’auteur retoquée par le Parlement européen

Le Parlement européen s’est prononcé, dans un climat qualifié d’ « électrique » par Les Echos, contre la réforme du droit d’auteur avec 318 votes contre, 278 pour et 31 abstentions. Selon la  britannique Catherine Stihler, il y a consensus sur l’objectif, mais controverse sur les outils.

Cette loi controversée a fait couler beaucoup d’encre en raison de deux articles qui, d’après les critiques, auraient menacé la liberté sur internet. L’article 11 de ce texte aurait permis aux éditeurs de presse de réclamer une rémunération aux agrégateurs de contenus comme Google News ; l’article 13, quant à lui, aurait imposé aux plateformes en ligne de filtrer les contenus postés par les utilisateurs, au nom du droit d’auteur. Ces deux articles ont donc été jugés excessifs et liberticides par une majorité de parlementaires européens.  

Pour Les Echos, ce rejet – qui s’expliquerait par un intense lobbying des Gafa – est un coup dur pour les créateurs, les artistes et les éditeurs de presse qui défendaient ce texte visant à rééquilibrer le partage des profits. Le Monde parle quant à lui d’une défaite cinglante et surprise pour les acteurs de l’industrie culturelle et de la presse. Les organisations d'éditeurs de presse de l'UE sont montées au créneau en soulignant que, sans juste rémunération, les médias, jouant un rôle essentiel dans le pluralisme de l'information et la démocratie, ne peuvent pas survivre.

Au-delà des enjeux financiers, le texte remettrait en cause le confortable mais obsolète statut d’hébergeur passif des Gafa, en les rendant légalement responsables des contenus mis en ligne. Depuis longtemps, les Gafa refusent le statut d'éditeur, à la grande colère de ceux qui, comme les médias, y sont soumis.

Le texte devra revenir sur la table, à priori en septembre, pour un nouvel examen en plénière.  

Twitter poursuit la lutte contre la désinformation ; YouTube s’y met

Lorsqu’on évoque la désinformation sur les réseaux sociaux, on pense immédiatement à Facebook et à Twitter, mais YouTube est également concerné.

En deux mois, Twitter a suspendu, selon le Washington Post, plus de 70 millions de comptes suspectés de propager de fausses informations. Le taux de suspensions est en moyenne de plus d'un million par jour et a connu un pic mi-mai, avec plus de 13 millions de comptes douteux suspendus en une seule semaine.

YouTube investit quant à lui 25 millions de dollars pour lutter contre la désinformation. Ces 25 millions de dollars vont servir à créer un groupe de travail avec des experts et des groupes de média dans le but de créer de nouvelles fonctionnalités. Une partie du financement sera utilisée pour subventionner des organismes afin de les aider à produire de meilleurs contenus sur YouTube ; une autre partie servira à renforcer l’équipe de la plateforme qui accompagne les publishers. Une meilleure place donnée aux chaînes YouTube fiables durant les événements d’actualité, et davantage de contexte autour des vidéos traitant de sujets faisant l’objet de théories du complot, ce sont les deux principales mesures concrètes déjà annoncées par YouTube.

Snapchat s’allie avec Amazon pour booster ses revenus

Snapchat continue sa course à l’innovation, dans le but de développer des fonctionnalités de plus en plus rentables. Un partenariat avec Amazon est à l’étude pour permettre aux utilisateurs du réseau au petit fantôme d’acheter directement les produits visibles à l’écran, rapporte Les Echos. Pour ce faire, une fonctionnalité de recherche visuelle de produit, appelée Camera Search, sera reliée à des listes de produits Amazon.

Le principe est simple, explique Le Siècle Digital. Les usagers pourront scanner les produits autour d’eux avec une simple pression sur leur écran, et un message apparaîtra pour les inviter à acheter le dit produit sur Amazon. Le lien Amazon pourra ensuite être partagé. Ce projet, nommé Eagle, n’a pas encore été annoncé officiellement. TechCruch a pu le révéler grâce à une analyse du code source.

Le Blog du Modérateur souligne que cette collaboration pourrait démultiplier les revenus de Snapchat, grâce à la signature d’un accord global ou à l’obtention d’un pourcentage sur les ventes effectuées. Cette initiative témoigne par ailleurs de l’engouement des géants du numérique pour les technologies de reconnaissance visuelle. Facebook s’y met aussi, le géant de Mountain View ayant annoncé le 10 juin le lancement de publicités en réalité augmentée, qui ne sont disponibles qu’aux Etats-Unis pour l’instant.

 



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