Media Week Report - 13 juin 2019

 

Cette semaine, le Media Week Report se penche sur un nouveau rebondissement dans la bataille entre la presse américaine et Google, question distribution des revenus. Côté podcasts aussi, les producteurs tentent de protéger leurs biens avec la publication d’un manifeste. Quant à Instagram, il accroît la pression publicitaire grâce à un nouvel outil.

 

Le bras de fer se poursuit entre la presse américaine et Google

Selon une étude menée pour l’association de la presse américaine News Media Alliance (dont est membre, par exemple, le New York Times), Google aurait généré 4,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2018 grâce à des contenus mis en ligne par des médias d'information sans rien leur reverser.

Les résultats de cette étude, réalisée par le cabinet de conseil Keystone Strategy, sont largement critiqués, par le géant de Mountain View lui-même, mais pas seulement, précisent Les Echos.

« Ces calculs de coin de table sont inexacts, comme l'ont souligné plusieurs experts », a commenté lundi 10 juin une porte-parole de Google, rapportent Stratégies. « L'essentiel des recherches liées à l'actualité ne produit pas de publicité », a-t-elle précisé, ajoutant, pour sa défense, que « chaque mois, Google News et Google Search génèrent dix milliards de clics vers des sites d'information, ce qui entraîne des abonnements et des revenus publicitaires ».

« C'est un triste but contre son camp », a tweeté Aron Pilhofer, professeur de journalisme à l'université de Temple. « Il y a probablement matière à une discussion sérieuse sur la disparité entre les revenus que génère Google grâce aux éditeurs et les revenus que les éditeurs dégagent de Google […]. Mais fabriquer des chiffres à des fins de lobbying pour favoriser l'adoption d'un texte de loi sape toute notre crédibilité », a-t-il ajouté.

La commission des Affaires judiciaires de la Chambre des représentants a consacré mardi 11 juin une audition à la question des rapports entre la presse et les grandes plateformes internet, notamment Google. David Chavern, à la tête de la News Media Alliance, a été entendu. Il a ainsi demandé, selon Stratégies, une adaptation de la législation anti-monopole pour permettre aux médias de s'unir face aux géants technologiques, plaidant en faveur d'une proposition de loi (« Journalism Competition and Preservation Act ») présentée par deux parlementaires qui permettrait des exceptions, réservées aux médias d'information, à la loi antitrust. « Si (la presse) pouvait s'unir, elle aurait assez de pouvoir pour faire venir les plateformes à la table des négociations », a abondé David Pitofsky, directeur juridique du groupe de médias News Corp (Rupert Murdoch).

D’après le classement BrandZ publié par WPP et Kantar (et repris par des sources comme Le Figaro et Presse Citron), la marque Google vaut tout de même près de 309 milliards de dollars, tout comme la marque Apple. Cela dit, Amazon vient de mettre un terme à leur domination en devenant la marque la plus puissante au monde grâce à un bond de la valeur de sa marque de 52% en 2018, à 315 milliards de dollars.

 

Podcasts : les producteurs protègent leurs biens

Par la publication d'un manifeste lundi 10 juin, des dizaines de producteurs de podcasts rappellent aux plateformes de diffusion leurs droits inaliénables sur leurs productions, indiquent Stratégies ainsi que L’Expansion L’Express.

Alors que plusieurs plateformes comme Luminary ou Majelan se sont lancées ces dernières semaines, avec un cocktail de leurs contenus gratuits et d'autres payants, les signataires du manifeste publié sur le site "Podcast ouvert" veulent garder le contrôle sur leurs productions. 

Les signataires se disent "opposés à toute intégration automatique, sans accord préalable" de leurs contenus sur des plateformes qui en profiteraient pour leur promotion, en tireraient des revenus en intercalant des publicités, ou empêcheraient les auditeurs d'ajouter leurs podcasts préférés.

Ils plaident également pour garder un « écosystème ouvert », appelant les autres acteurs du secteur (producteurs indépendants, maisons de production professionnelles, associations, radios nationales, régionales) à « ne pas fermer l'écosystème, en enfermant ses contenus gratuits dans des applications qui seraient les seules à pouvoir les lire » et de « continuer de considérer le podcast comme un média décentralisé, interopérable, basé sur des technologies faciles d'accès et disponibles à tous ». 

 

Instagram accroît la pression publicitaire avec les Branded Content Ads

Instagram annonce que les marques peuvent désormais promouvoir les contenus organiques créés par les influenceurs sous forme de publicités directement insérées dans le fil d’actualité. Les marques auront également la possibilité, d’ici quelques mois, d’opter pour une diffusion en format Story.

Ces contenus sponsorisés, appelés Branded Content Ads et gérés via la plateforme Facebook Ads, seront diffusés dans le fil d’actualité des utilisateurs avec la mention Paid Partnership With, suivie du nom de la marque.

Pour mettre en place ce dispositif, les influenceurs devront autoriser la marque à promouvoir le post qu’ils ont créé via les paramètres avancés.

Pour le Siècle Digital, Instagram cherche ainsi à accentuer le développement des micro-influenceurs possédant des communautés très engagées – plus besoin d’avoir des millions et des millions de followers, ce qui compte c’est l’engagement !

Selon Le Blog du Modérateur, en revanche, cette évolution – bien vue par les annonceurs et les influenceurs disposant de communautés importantes – risque d’invisibiliser les contenus de comptes plus modestes. Les marques ont donc tout intérêt à utiliser ces Branded Content Ads avec parcimonie, ajoute Le Blog du Modérateur.




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