Media Week Report - 13 septembre

   

Cette semaine, le Media Week Report propose un tour d’horizon des différentes initiatives des médias pour lutter contre la désinformation. Entretemps, Apple et Disney défient Netflix, chacun à leur manière, tandis qu’en France Orange, en entrant dans la bataille lancée par Free, fait capituler Altice, l’obligeant à trouver des accords de diffusion pour ses chaînes.

 

Médias et réseaux sociaux : un vrai engagement contre les fausses informations ?

La lutte contre la désinformation semble être la priorité absolue autant des médias que des géants du numériques, plusieurs initiatives communes dans ce sens ayant vu le jour en cette rentrée 2019. La BBC a ainsi annoncé un partenariat, pour lutter contre les Fake News, avec plusieurs médias européens de renom, tels que l’AFP et le Financial Times. Dans un communiqué repris par Offremedia, l’AFP indique qu’elle « s’investira notamment dans la création d’un système d’alerte entre les organisations partenaires sur les fausses informations les plus dangereuses ». Cette initiative prévoit également une campagne d’éducation aux médias et un partage d’expérience « notamment en cas d’élections majeures ».

Les réseaux sociaux ne sont pas en reste. Confrontés au risqué croissant de circulation de vidéos truquées, des géants du numérique, tels que Facebook, Microsoft et la puissante Partnership of AI, qui ressemble, entre autres, Apple et Google, ainsi que des universités, comme le MIT et l’Université d’Oxford, ont lancé, le 5 septembre, le Deepfake Detection Challenge (DFDC). Le but de ce programme ? Encourager la création d’outils en mesure de détecter rapidement une vidéo modifiée. Les participants pourront bénéficier « d’une base de données commune, d’un classement et de prix », explique Facebook dans un communiqué. Le défi sera officiellement lancé en décembre 2019 et se déroulera jusqu’à mars 2020. Avec l’approche de la présidentielle américaine de 2020, la véridicité des informations constitue un enjeu crucial pour Facebook, commente Le Monde, et le géant de Menlo Park se dit prêt à investir $10 millions dans le DFDC.

La certification et la notation d’informations en ligne constitue désormais un enjeu économique de taille. Deux start-up, NewsGuard et Credder, se positionnent déjà sur ce créneau. News Guard se définit comme un outil d’éducation aux médias. « Nous estimons que le fact-checking est non exhaustif et très coûteux. Notre approche est complémentaire : nous donnons une information aux lecteurs en amont de la consultation d’un site », explique à mind Media Chine Labbé, senior editor chez NewsGuard, qui met en avant l’expertise de son équipe éditoriale, alors que Credder mise sur la participation des lecteurs.

 

Apple et Disney défient Netflix avec, respectivement, une stratégie de prix agressive et la fin du binge-watching

La plateforme de streaming vidéo Apple TV sortira le 1er novembre, quinze jours avant Disney +, à un prix cassé.

À 4,99 dollars par mois, Apple TV est presque moitié moins cher que l'abonnement de base à Netflix aux États-Unis et deux dollars en-dessous du prix de l'abonnement à Disney +. Une stratégie de prix agressive – une première, d’après Philippe Escande, éditorialiste économique au Monde, dans l’histoire de la firme à la pomme – qui, selon Les Echos, vise à convaincre des internautes hésitants face à la faiblesse du catalogue d’Apple TV. Selon Stratégies, si Apple TV n'aura qu'une offre limitée de contenus originaux à son lancement, Tim Cook, le PDG du groupe, a promis d'ajouter de nouvelles productions originales tous les mois. Selon Les Echos, Disney+ promet quant à lui de diffuser ses nouvelles séries au rythme d'un épisode par semaine – une stratégie, mettant fin au binge-watching (ou visionnage boulimique) imposé par Netfllix. Cette tactique permettra – d’après Gilles Pezet, responsable du pôle économie des réseaux et usages numériques chez NPA Conseil – à Disney de garder ses abonnés plus longtemps, et est probablement, selon Les Echos, la plus prometteuse du groupe pour s'imposer sur le marché très concurrentiel de la vidéo à la demande.

 

Accord de diffusion : Orange fait capituler Altice

Après Free, Orange, le numéro 1 français du secteur, est passé à l’action jeudi 5 septembre, au matin, de manière radicale, en coupant le signal aux chaînes BFM TV, RMC Découverte et RMC Story auprès de ses 11,8 millions d’abonnés.

Orange représentant 42% du marché français (contre 23% pour Free), Altice risquait trop gros en termes d’audience et de revenus publicitaires. Comme l’indique Clubic, l’entrée d’Orange dans la bataille a donc modifié le rapport de forces, et le patron du groupe Altice a dû annoncer le retour sur l'ensemble des box Orange, et Free, des chaînes BFMTV, RMC Story et RMC Découverte – et ce, sans rémunération de la part des opérateurs. Après s’être entendu avec Orange vendredi dernier, Altice a trouvé un accord mardi soir avec Iliad, la maison mère de Free, rapportent Les Echos.

Ces deux accords concernent uniquement la diffusion du signal linéaire, c'est-à-dire en temps réel, des trois chaînes, et n'incluent pas les services à valeur ajoutée associés, tel que le replay, pour lesquels Altice souhaite reprendre les négociations. Comme le rappelle Libération, le conflit entre opérateurs de réseaux et de contenus date de 2016, les groupes télévisuels faisant « le forcing » pour se faire rémunérer pour la diffusion de leurs antennes via les box des fournisseurs d’accès internet.



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