Media Week Report - 15 février

Cette semaine, le Media Week Report vous dévoile comment Twitter est parvenu à devenir rentable, alors que L’Express se prépare à faire peau neuve avec son nouveau patron Alain Weill.


Twitter, la rentabilité enfin au rendez-vous

L’oiseau bleu prend son envol, enfin : la semaine dernière, Twitter a annoncé son premier exercice annuel rentable, avec un bénéfice à hauteur de 1,2 milliards de dollars en 2018. Un exploit remarquable, compte tenu des années de doute sur son modèle économique–d’ailleurs, entre 2013 et 2017 la plateforme a cumulé des pertes s’élevant à 2,3 milliards de dollars. « 2018 est la preuve que notre stratégie à long terme fonctionne», s’est réjoui le PDG de Twitter Jack Dorsey dans un communiqué de presse.

D’après Les Echos, les efforts du groupe pour lutter contre les fake news et les contenus haineux ou violents semblent avoir payé, les annonceurs préférant investir dans des espaces publicitaires les plus sécurisés possibles. La publicité a donc généré 2,6 milliards d’euros (+24%) en 2018.

Le « data licensing », à savoir la monétisation des données issues de sa plate-forme, représente un autre filon juteux pour Twitter, et a généré 424 millions de dollars en 2018. D’autres leviers de croissance incluent la vidéo, l’acquisition des droits de diffusion, notamment ceux de la NFL, la ligue de football américain (LIEN) et les partenariats avec plusieurs médias dans le but de proposer des événements en direct aux utilisateurs.

Il y a une seule ombre au tableau, soulignent The Verge et Le Figaro : la décroissance du nombre des utilisateurs actifs, de 336 millions en début 2018 à 32 millions à la fin de l’année. Selon Twitter, plusieurs facteurs pourraient expliquer cette tendance : la priorité donnée à supprimer les faux comptes et les contenus haineux, la baisse de notifications mails aux utilisateurs et l’entrée en vigueur du RGPD en mai dernier. A partir d’avril, donc, Twitter communiquera seulement le nombre d’utilisateurs quotidiens monétisables, à savoir ceux qui sont exposés à la publicité, sans plus mentionner les « utilisateurs actifs mensuels ». Un changement de métrique qui en dit long sur le nouveau positionnement du réseau social, selon Le Figaro.

Mais les défis sont loin d’être terminés : Twitter a annoncé une augmentation d’au moins 20% de ses dépenses pour sécuriser la plateforme et les interactions entre les utilisateurs, provoquant ainsi une chute du titre à la Bourse de New York.

 

L’Express, un nouveau départ sous le signe d’Alain Weill

L’hebdomadaire L’Express se prépare à faire peau neuve, suite au rachat, à titre personnel, annoncé par Alain Weill, PDG de SFR.

Pour M. Weill, la relance de ce titre constitue « un acte d’utilité qui sert l’intérêt général ». Il souhaite tout miser sur une identité éditoriale plus marquée, car « on s'abonne aujourd'hui à un journal comme on milite dans un parti politique ».

Le modèle de la nouvelle formule, qui sera disponible au cours de l’été, est The Economist, avec « beaucoup de texte, un grand sérieux et une maquette simple », explique Le Figaro. L’Express aura vocation à perdre son statut de généraliste pour se concentrer sur des sujets tels que l’économie, les nouvelles technologies, les finances et la culture. Le nouveau propriétaire entend aussi donner au journal une dimension internationale, en s’adressant aux francophones aux quatre coins de la planète, surtout en Afrique.

Une version podcast sera également disponible et des courtes vidéos gratuites seront proposées sur YouTube sur une chaîne dédiée. La présence sur internet de l’Express aura trois déclinaisons, différentes mais complémentaires : des contenus exclusifs du magazine payant, un live plus ou moins gratuit et une partie lifestyle gratuite, le tout dans le but de convertir les lecteurs en abonnés payants.

L’objectif économique de cette refonte est aussi d’atteindre l’équilibre financier en 2020, rappelle Challenges, d’où une réduction prévue de la masse salariale, de 180 salariés à 140 ou 150 après la restructuration. Le Nouvel Obs révèle que M. Weill compte investir avec Altice « une vingtaine de millions d’euros » pour éponger les pertes, hors investissements dans la relance du titre.



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