Media Week Report - 17 novembre

 

Un méga deal s’invite au menu de Media Week Report : l'acquisition, par Amazon, des droits mondiaux pour une adaptation télévisée de la saga du Seigneur des Anneaux. L’Ina exprime pour sa part sa volonté de participer au futur « Netflix public » de France Télévisions, tandis que Channel 4 rejoint la régie paneuropéenne EBX. Kantar Media dresse quant à lui le portrait des adblockers. De la génération Y ou X, les adblockers ne se laissent pas limiter par les règles du passé et cherchent à innover et à améliorer les choses, sans pour autant avoir une perception particulièrement négative de la publicité : de quoi réinventer la publicité ! 


Amazon, un budget astronomique pour les droits du Seigneur des Anneaux


seigneur

Amazon a fait l'acquisition des droits mondiaux pour une adaptation télévisée de la saga du Seigneur des Anneaux  pour la diffuser sur sa plateforme de vidéo à la demande, Amazon Prime. L’objectif ? Convaincre les internautes de souscrire un abonnement à son service Prime, tenter de rivaliser avec le leader du secteur, Netflix, et faire un gros coup sur le marché de la vidéo à la demande, alors qu’Amazon cherche toujours à produire une série emblématique, au retentissement planétaire, telle que Games of Thrones de HBO ou Stranger Things de Netflix.

Produite par Amazon Studios, en collaboration avec l'éditeur HarperCollins, la Warner Bros et les héritiers de J.R.R. Tolkien, cette future série de plusieurs saisons explorera de nouvelles lignes narratives qui précèdent La Fraternité de l'Anneau, premier tome de la célèbre trilogie qualifiée par Sharon Tal Yguado, directrice des séries de fiction chez Amazon Studios, de « phénomène culturel ayant captivé des générations de fans à travers la littérature et le grand écran ». « Nous sommes honorés de travailler avec les héritiers de Tolkien, HarperCollins et New Line, pour cette collaboration passionnante pour la télévision. Nous sommes ravis d'emmener les fans du Seigneur des Anneaux dans un nouveau voyage épique en Terre du Milieu, » a-t-elle ajouté.

Selon les médias américains, les héritiers de J.R.R. Tolkien, qui avaient également contacté HBO et Netflix, ont fixé le prix des droits à entre 200 et 250 millions de dollars. Un budget astronomique qui représente, pour France Info, un tournant dans la stratégie d'Amazon. Depuis le lancement de son studio en 2010, la société de Seattle s'était focalisée sur des fictions télévisées à moyens budgets comme Transparent, l'histoire d'un père de famille qui révèle être transgenre, ou des adaptations des romans policiers de Michael Connelly sous le titre de Bosch.

Amazon a par ailleurs démenti, selon The Verge, les rumeurs lancées par Ad Age, selon lesquelles le groupe aurait l’intention de lancer une version gratuite de son service de streaming Prime Video.

  

L’Ina se propose pour participer à la plateforme VOD de France Télévisions


L’Institut national de l’audiovisuel (Ina) souhaiterait s’associer à France Télévisions pour alimenter la plateforme publique de vidéos à la demande qui verra probablement le jour en 2018, révèle Stratégies.fr. L’Ina proposerait à France Télévisions de co-créer un « Netflix du service public » à l’aide d’une  gouvernance partagée. Selon une source proche du dossier, la répartition des revenus est déjà à l’étude.

Comme premier volet de cette synergie, l’Ina mettrait à disposition les 25 000 programmes de ses archives ainsi que les abonnés de son propre service de VOD, Ina Premium. Un deuxième aspect serait la production commune de contenus novateurs à diffuser sur l’ensemble de l’audiovisuel public. L’Ina voudrait également fonder avec France Télévisions, Radio France et France Médias Monde une université du service public consacrée aux métiers de l’audiovisuel et du numérique.

Le PDG de l’Ina, Laurent Vallet, a illustré dans un courrier, envoyé lundi 13 novembre aux Ministères de l’Economie et de la Culture, le potentiel d’une possible collaboration avec les autres acteurs de l’audiovisuel public. France Télévisions, Radio France, Arte et France Médias Monde donneront leur avis cette semaine.

  

Channel 4 participera à EBX


Comme promis, European Broadcaster Exchange (EBX), la régie paneuropéenne lancée en juin par TF1, ProsiebenSat1 et Mediaset Espagne et Italie n’a pas tardé à accueillir un nouveau membre, le britannique Channel 4, une chaîne publique diffusée sur la TNT du Royaume-Uni et financée par des recettes uniquement commerciales. Les quatre groupes médias seront actionnaires à parts égales, spécifie un communiqué officiel de TF1.

Channel 4, qui propose des émissions cultes come Great British Bake Off, a enregistré une croissance annuelle de 20% de ses services vidéos et revendique 60 millions de spectateurs par mois. Dans une déclaration reprise par The Drum, Jonathan Lewis, responsable de l’innovation digitale et des partenariats pour Channel 4, affirme que « la demande pour des campagnes publicitaires transnationales et digitales dans des environnements sûrs et transparents est en augmentation et [que] le marché de la pub vidéo connaît une croissance exponentielle en Europe ».

EBX, dont les services VOD pourraient toucher plus de 160 millions de personnes par mois, sera officiellement opérationnel début 2018 et a pour but de s’opposer aux GAFA. D’autres acteurs pourraient  s’ajouter à l’avenir, explique aux Echos Sylvia Tassan Toffola, directrice générale de TF1 Pub.: « Nous avons vocation à être une plateforme ouverte », dit-elle. Même si cette alliance se concentre pour l’instant sur le numérique, les dirigeants n’excluent pas de se lancer dans la télévision « adressée » à l’avenir. 

  

Le portrait des adblockers


Kantar Media fait le portrait des utilisateurs d’adblockers, dont les comportements sont en train de changer la face de la pub.

Les générations Y et X ouvrent la voie. Ainsi, 63% des Français de moins de 35 ans interrogés pour l’étude Dimension de Kantar Media sur la perception de la publicité à travers le monde ont déjà eu recours à un adblocker, et 30% en utilisent en permanence. 

Force est de constater que les adblockers ne se laissent pas limiter par les règles du passé, et cherchent plutôt à innover et à améliorer les choses. Souvent gros consommateurs de nouveaux produits, marques et services, ce sont aussi de grands utilisateurs de consoles de jeux et de TV connectée, férus de nouvelles technologies.

L’étude Dimension révèle par ailleurs que les utilisateurs d’adblocks n’ont pas particulièrement une perception négative de la publicité. Pour près de la moitié (47%), la publicité ne les dérange pas outre mesure, certains même déclarent l’apprécier. Et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est sur Internet que la population friande d’adblockers déclare apprécier le plus la publicité. Comparés à l’ensemble de la population, ils sont 24% de plus à déclarer que la publicité en ligne les influence dans le choix des marques qu’ils achètent.

Conclusion ? La pub que l’on connaît sur le web sera bientôt obsolète. Dans un paysage médiatique fragmenté où l’attention portée aux messages publicitaires se raréfie, tout l’enjeu est de se réinventer. Les internautes recherchant une meilleure expérience publicitaire, les publicités doivent devenir à la fois plus pertinentes et plus créatives. 



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