Media Week Report - 19 janvier

 

Cette semaine, le Media Week Report se penche sur l’annonce, par Facebook, de sa volonté de privilégier à nouveau amis et interactions dans son fil d’actu, un changement majeur – en pleine crise des fake news – qui nécessitera une adaptation de la part des marques. La Commission européenne s’attaque quant à elle, comme l’a récemment fait le Président français, au problème des fake news en politique. En lançant un groupe d’experts dédié au sujet, l’Europe semble cependant vouloir être plus prudente qu’Emmanuel Macron dans sa lutte contre la prolifération des fake news, notamment dans l’utilisation de la loi. Entretemps, le premier numéro d’un nouvel hebdomadaire, Ebdo, vient de paraître en France…


Facebook privilégie les amis et les interactions dans son fil d’actu

  

Facebook

Facebook a annoncé un remodelage de son fil d'actualité – promis en juin 2016. Le fil d’actu devrait désormais mettre en avant les publications des proches au détriment des contenus publiés par les marques et les médias, un recentrage vers son activité première de réseau social.

Facebook entend ainsi mettre l'accent sur le bien-être des internautes. Sa volonté est donc de favoriser des publications qui génèrent des échanges sur sa plateforme, au détriment de celles qui favorisaient une attitude plus passive de ses usagers. « Vous verrez moins de contenus publics comme les publications des entreprises, des marques et des médias. Et le contenu public que vous verrez le plus devra remplir la même exigence — il devra encourager des interactions significatives entre les gens », écrit Mark Zuckerberg, co-fondateur et président de Facebook.

Avec ce changement majeur, Facebook prend un risque assumé. « En faisant ces changements, je sais que le temps passé sur Facebook va baisser, tout comme certaines mesures de l’engagement  », admet Mark Zuckerberg – ces deux chiffres étant déterminants pour les actionnaires et les publicitaires.

Les pages vont voir leur reach, le temps passé à regarder des vidéos et le trafic référent, baisser ; l’impact sera variable en fonction de l’engagement suscité par les contenus publiés par les marques, et celles qui n’obtiennent qu’un faible engagement seront les plus impactées. Selon le Blog du Modérateur, les community managers devront donc miser sur un engagement suscité naturellement par les contenus, et éviter les punchlines trop racoleuses. Un jeu d’équilibriste compliqué, qui in fine devrait pousser les marques à miser sur la publicité, un point de vue partagé par Le Monde qui souligne par ailleurs que la mesure est aussi destinée à récolter davantage de données. Pour le Siècle Digital, cette annonce était redoutée par de nombreux social media managers, quelques tests ayant fait énormément de bruit dans la communauté. Dans son livre blanc sur les Tendances Social Media  2018, Kantar Media note d’ailleurs que le vent a tourné, dès 2017, contre la publicité digitale, en particulier contre la publicité sociale – le duopole Facebook-Google ne facilitant pas la tâche des marques et agences, et l’algorithme de Facebook tendant, de plus en plus, à prioriser les publications des amis par rapport à celles des aux autres sources.

Pour La Tribune, cette mise à jour est également une façon détournée pour Facebook de s'éloigner de son rôle de diffuseur d'actualités... et de contrecarrer les critiques qui lui sont faites au sujet des fake news, ces fausses nouvelles virales sur le réseau social depuis la présidentielle américaine en 2016.

  

Un groupe d'experts de haut niveau pour réfléchir au problème des fake news au niveau européen


Quatre mois après avoir érigé la lutte contre les fake news en priorité, la Commission européenne a lancé un groupe de 40 experts issus des médias (AFP, Sky News...), des réseaux sociaux (Twitter, Facebook...), des ONG et du monde universitaire qui devrait présentait des propositions d’ici le printemps, en vue des élections européennes de mai 2019.

« Nous devons élaborer des mécanismes d'identification des fake news et en limiter la circulation. Il faut jouer sur la transparence, la diversité et la crédibilité des sources d'information », a souligné Mariya Gabriel, la Commissaire européenne au numérique.

Bruxelles est très sceptique sur l'intérêt, la faisabilité et l'efficacité d'une action passant par la loi tant les fake news constituent une zone grise. « L'essentiel des fake news ne sont pas illégales », a souligné lundi Mariya Gabriel, réitérant son « engagement à respecter la liberté de l'information ». « Nous devons trouver le bon équilibre entre la liberté d'information et le droit de recevoir une information fiable basée sur des faits avérés », a indiqué Madeleine de Cock Buning, de l'université d'Utrecht, présidente du groupe d'experts.

La Commission européenne, note Les Echos, avance ainsi avec « plus de mesure et de prudence » qu’Emmanuel Macron dans la lutte contre la prolifération des fake news.

  

Ebdo, une nouveauté dans les kiosques


Un nouvel hebdomadaire, Ebdo, a vu le jour vendredi 12 janvier, sur fond de crise de la presse papier française. Selon ses fondateurs, les maîtres mots de cette publication de cent pages, au format manga, sont « accessibilité » et « simplicité ».

Si, comme souligné par Libération, le premier numéro d’Ebdo n’a pas été du goût du « petit monde de la presse parisienne », ses dirigeants assument le style du journal. « On s’est donné comme obligation d’être accessible, de parler de façon claire des sujets importants », affirme la codirectrice de la rédaction Constance Poniatowski. Et le codirecteur Patrick de Saint-Exupéry d’ajouter : « C’est plus facile d’être classe que d’être simple ».

Pour l’instant, il n’y a pas de version numérique, mais « cela ne veut pas dire qu’Ebdo n’a pas de stratégie numérique », note son directeur général Thierry Mandon dans une déclaration reprise par Le Monde. Le site du journal aura pour but de fédérer une communauté de lecteurs.

Le journal, qui cible notamment la couche moyenne, a choisi un modèle économique inédit : il ne contient pas de publicité, et a beaucoup bénéficié du financement participatif. Les lecteurs peuvent par ailleurs choisir leur tarif d’abonnement selon leurs revenus, parmi des forfaits allant de cinq à vingt-cinq euros par mois.

Ebdo, qui dispose d’un budget annuel de 13 millions d’euros, vise à atteindre l’équilibre financier d’ici fin 2019, avec 70 000 abonnements et 20 000 ventes au numéro. Une levée de fonds de 2 millions d’euros se déroule en ce moment, et le groupe Bayard Presse a annoncé vouloir entrer au capital du journal à hauteur de 5% environ, relate Le Monde.




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